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Bienvenue sur Vertu, la suite du podcast Péché.
Vous écoutez l’épisode 2 - La Tempérance.
C’est le STRASS, ou plutôt le Syndicat des travailleurs du sexe, qui m’a aidée à rencontrer Berthe.
Berthe, ce n’est pas son vrai prénom, mais son nom professionnel, celui avec lequel elle travaille.
Et finalement, c’est presque l’une des seules protections que Berthe possède.
Depuis la loi de 2016, qui abroge le délit de racolage et prévoit la pénalisation des clients des personnes prostituées, il est devenu presque impossible de créer la moindre distinction derrière ce mot : prostitution.
Mais alors, de quoi parle-t-on ?
Ici, on parle d’une personne qui se lève le matin, boit son café, écoute probablement la radio, et commence à travailler.
Elle possède une routine précise : prise de rendez-vous à distance pour un premier échange, validation du planning de la séance et du tarif, première rencontre avec présentation des règles à suivre, puis vient la séance.
Elle raccompagne son client, et passe à autre chose.
Ensuite, comme tout bon auto-entrepreneur, Berthe paie ses cotisations à l’Urssaf, participe aux dépenses publiques de notre société et déclare ses revenus aux impôts.
Malheureusement, aux yeux de la justice et de l’État, Berthe est simplement considérée comme une victime.
Et pourtant, son travail permet beaucoup de bonnes choses : des échanges, des réponses à des besoins d’exploration, de perte de contrôle, ou tout simplement… de sexe.
En cela, la vertu de tempérance invite fortement à ne pas se laisser aller, ni dans les plaisirs gustatifs, ni dans ceux de la chair.
Néanmoins, j’ai le sentiment que Berthe apporte bel et bien une forme de tempérance à ses clients : une réponse au stress, au besoin de lâcher prise, ou tout simplement à des envies parfois difficiles à partager ou à communiquer à son partenaire.
Berthe possède une spécialité orientée autour de la domination et du BDSM, mais elle appartient bien à un même groupe de personnes : les travailleurs du sexe.
Cette catégorie socio-professionnelle, que l’État boude, ne la protège pas lorsqu’un de ses clients est violent, la condamne à une précarité certaine, et ne fait pas les distinctions pourtant si importantes entre :
• les personnes victimes d’exploitation sexuelle,
• les personnes victimes d’agressions sexuelles,
• les travailleuses et travailleurs du sexe,
• les personnes ayant besoin d’un accompagnement sexuel,
• les personnes en quête de découverte de leur sexualité,
• et celles profitant d’un système non adapté, qui précarise sévèrement une multitude d’individus.
Je vous invite donc à découvrir l’histoire de Berthe, son fonctionnement, et surtout sa tempérance à toute épreuve.
Très bon épisode !
Épisode écrit et réalisé par Daphné Vuillet.
Le mixage et la composition musicale c'est Gianni Colucci.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
By Daphné VuilletBienvenue sur Vertu, la suite du podcast Péché.
Vous écoutez l’épisode 2 - La Tempérance.
C’est le STRASS, ou plutôt le Syndicat des travailleurs du sexe, qui m’a aidée à rencontrer Berthe.
Berthe, ce n’est pas son vrai prénom, mais son nom professionnel, celui avec lequel elle travaille.
Et finalement, c’est presque l’une des seules protections que Berthe possède.
Depuis la loi de 2016, qui abroge le délit de racolage et prévoit la pénalisation des clients des personnes prostituées, il est devenu presque impossible de créer la moindre distinction derrière ce mot : prostitution.
Mais alors, de quoi parle-t-on ?
Ici, on parle d’une personne qui se lève le matin, boit son café, écoute probablement la radio, et commence à travailler.
Elle possède une routine précise : prise de rendez-vous à distance pour un premier échange, validation du planning de la séance et du tarif, première rencontre avec présentation des règles à suivre, puis vient la séance.
Elle raccompagne son client, et passe à autre chose.
Ensuite, comme tout bon auto-entrepreneur, Berthe paie ses cotisations à l’Urssaf, participe aux dépenses publiques de notre société et déclare ses revenus aux impôts.
Malheureusement, aux yeux de la justice et de l’État, Berthe est simplement considérée comme une victime.
Et pourtant, son travail permet beaucoup de bonnes choses : des échanges, des réponses à des besoins d’exploration, de perte de contrôle, ou tout simplement… de sexe.
En cela, la vertu de tempérance invite fortement à ne pas se laisser aller, ni dans les plaisirs gustatifs, ni dans ceux de la chair.
Néanmoins, j’ai le sentiment que Berthe apporte bel et bien une forme de tempérance à ses clients : une réponse au stress, au besoin de lâcher prise, ou tout simplement à des envies parfois difficiles à partager ou à communiquer à son partenaire.
Berthe possède une spécialité orientée autour de la domination et du BDSM, mais elle appartient bien à un même groupe de personnes : les travailleurs du sexe.
Cette catégorie socio-professionnelle, que l’État boude, ne la protège pas lorsqu’un de ses clients est violent, la condamne à une précarité certaine, et ne fait pas les distinctions pourtant si importantes entre :
• les personnes victimes d’exploitation sexuelle,
• les personnes victimes d’agressions sexuelles,
• les travailleuses et travailleurs du sexe,
• les personnes ayant besoin d’un accompagnement sexuel,
• les personnes en quête de découverte de leur sexualité,
• et celles profitant d’un système non adapté, qui précarise sévèrement une multitude d’individus.
Je vous invite donc à découvrir l’histoire de Berthe, son fonctionnement, et surtout sa tempérance à toute épreuve.
Très bon épisode !
Épisode écrit et réalisé par Daphné Vuillet.
Le mixage et la composition musicale c'est Gianni Colucci.
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