Bonjour mes amis J le clocher de la cathédrale ne fait pas d’ombre sur mon toit, mais presque. Alors, pour aller à la messe, y’m’suffisait de cinq minutes avant. Mais c’était avant, avant les travaux. Car Toulouse est en grands travaux pour la troisième ligne de métro, et l’emprise des futures stations embouteille la ville de Labège jusqu’à Colomiers. Entre la cathédrale et chez moi, y-a la station François Verdier, et un immense quadrilatère de hautes palissades a enfermé le Monument aux morts avec des grues de toutes taille. Ce vaste carrefour autrefois très passant, ressemble à l’enclot d’un zoo, avec son éléphant et ses girafes. Les voitures ne passent plus, et on doit le contourner à pied en se glissant dans un passage entre les maisons du boulevard et la palissade. Un cheminement juste assez large pour se croiser. Les vélos, pourtant nombreux, n’y sont pas les bienvenus. Pour y accéder, on slalome entre les flaques et les voitures qui sortent du parking souterrain. En émergeant de ce passage resserré on se dit "ouf, c’est fini", car s’ouvre la large rue de Metz, devenue piétonne. Trop tôt pour se réjouir, la rue de Metz aussi est en plein travaux. Ce n’est plus le métro, mais le pavage de la rue et le creusement de terre-pleins pour arbres et fleurs. Et c’est chaque matin un nouveau labyrinthe. Car au fur et à mesure qu’avance leur travail, les paveurs déplacent leurs barrières, et déroulent sur la terre ou le ciment, de vastes tapis rouges pour les piétons et l’accès aux magasins. Un véritable jeu de piste, sans cesse renouvelé. C’est plutôt amusant, même si ça rallonge mon trajet, aléatoirement. Enfin le square qui entoure l’église ! Pas de répit, il sert a stocker les pavés de porphyre : attention au tracteur qui déplace les palettes et à sa fourche menaçante. Presque arrivé ! mais le long de la muraille gothique aux gargouilles, une haute palissade de bois me décale en un dernier détour. C’est des travaux de mise aux normes anti-incendie de la cathédrale. La traversée des 5 étapes du labyrinthe prend plus de 10 minutes, et j’entre enfin dans l’église, sombre, fraîche et priante. Ce labyrinthe est à l’image de ma vie spirituelle. J’ai souvenir de rencontres faciles avec Dieu, des prières lumineuses, des Paroles reçues et gardées en mon cœur. C’est moins facile en ces jours : Je prends le temps de prier, mais le trouve long, tortueux, aride. Jour après jour je galère, je cherche le chemin du Seigneur sans le trouver. Je sais les hauts et les bas de la vie spi, alors je garde confiance et l’espoir d’entendre à nouveau sa voix, mais quel labyrinthe ! J à bientôt mes amis