On chante à l’église « Trouver dans nos vies taprésence… », ou comme dit Saint Ignace« Trouver Dieu en touteschoses ». Je cherche avec vous où est Dieu dans ma vie, dans nos viesde tous les jours. Et voici une petite histoire vraie, de l’été.Il commence à faire frisquet le matin, mais cet été c’était la caniculepartout, en particulier dans les gares du sud de la France, bourrées devacanciers. A Toulouse-Matabiau, chacun attendait avec impatiencel’arrivée du train, forcément climatisé : de nos jours ils le sont tous. « tou-dou-dum Le train de Montpellier entre en gare au quai 3, éloignez vousde la bordure du quai s’il vous plaît » Aaah, voilà mon train. Je laissedescendre la foule en tenue légère, et je monte les 3 marches de monwagon derrière une énorme valise rouge tomate, précédée d’une énormedame en robe bleu-marine. J’avance dans le couloir en cherchant maplace (pas de bol, juste à coté de l’énorme dame), mais c’est bizarre, ilfait encore plus chaud dans ce train que dehors ! Bon, ça va s’arranger.En m’asseyant j’interroge le jeune homme derrière moi : « ben, j’crpoisqu’elle marche pas », Pffff ! Et chacun de s’éventer au mieux, pourévaporer les grosses gouttes qui doucement coulent-aux fronts luisants.Cinq minutes après, le train repars, toujours aussi chaud. Mais l’adversitédélie les langues, et chacun de se plaindre, de commenter la chaleur del’été, la panne de climatisation, et que « autrefois, dans tous les trainsc’était comme ça ».Passe un contrôleur : on le supplie, il se gratte la tête, fait demi-tour ensortant de sa poche une grosse clef en inox. Puis revient 5 minutes plustard, désolé. « C’est vraiment une panne, je n’y peux rien. En faitj’aurais-du arrêter le train en gare de Toulouse ! » (Ah, non, je pense)…et il repart vers l’avant. Mais quelques minutes après, un doux souffled’air vient me caresser le crâne, presque frais. Les fenêtres ! Lecontrôleur, avec sa clef magique, a ouvert certaines fenêtres (je croyaisque ça n’existait plus), et le vent du dehors s’engouffre dedans. Onsoupire d’aise. Ça fait du bien ce courant d’air, même si c’est tiède. Et lesconversations reprennent entre des gens qui ne s’étaient jamaisrencontrés. Et c’est un train tout bruissant de dialogues et d’échangespersonnels qui entre en gare de Montpellier. Je dis au revoir àGeneviève, mon bonne grosse voisine de train. C’est devenue presqueune amie : elle descend ici pour garder ses petits-enfants.Alors, ce souffle d’air frais, c’était l’Esprit de Pentecôte ? Celui qui délieles langues et fait se comprendre les peuples étrangers ? Je le croisvolontiers, et le remercie du voyage ! « Que l’Esprit généreux me soutienne » car il me faut encore aider Geneviève à descendre samonstrueuse valise !