Le cinéma d’animation se développe en Afrique, en même temps que les autres productions cinématographiques. Si l’Afrique du Sud par exemple, se distingue en la matière avec plusieurs longs métrages diffusés à l’international ces dernières années, les défis sont bien plus grands dans le pays voisin, au Mozambique. A Maputo, Nildo Essa travaille avec sa femme au premier long métrage d’animation produit au Mozambique.
La bande-annonce du premier long métrage d’animation mozambicain a été dévoilée début mars. Il met en scène trois enfants surnommés les « Brats » «Os Pestinhas»... «Les petites pestes» en Français.
Halima Essa : « Dans le film, les trois enfants sont sélectionnés pour une course dans la province de Tete au nord du Mozambique. Mais une fois là-bas, ils découvrent que la grand-mère de Lili a été empoisonnée. Ils se rendent alors au barrage de Cahora Bassa pour essayer de trouver un antidote. Nous nous sommes inspirés de ce barrage réel, et nous avons ajouté des éléments imaginaires »
Ce premier film d’animation mozambicain est développé par le studio FX. Hlima Essa et son mari Nildo sont à sa tête. L’idée de créer des personnages mozambicains est née en 2010. Au départ, les « Brats » sont utilisés dans des campagnes publicitaires ou éducatives. Nildo et sa femme ont également produit deux courts métrages d’animation.
Nildo Essa : « Nous les Africains, nous avons des histoires à raconter. Nous consommons des histoires occidentales mais il y a tellement de récits dans la communauté africaine, des histoires d’aventures, tirées du folklore que personne ne connaît. Il y a maintenant des studios d’animation en Afrique du Sud, au Kenya ou au Nigeria, qui produisent des contenus africains. Et nous pensons qu’il est temps que le continent africain produise ses propres histoires. »
Les personnages développés par le studio FX représentent la société mozambicaine.
Nildo Essa : « Aujourd’hui, on voit surtout des personnages blancs dans les films, et il y a un vrai manque de diversité raciale et culturelle. Dans notre film, le personnage de Lily est d’une famille de classe moyenne supérieure, un des garçons est de la classe moyenne et le dernier vient d’une famille pauvre. C’était un vrai choix. »
Nildo Essa a appris l’animation en autodidacte grâce à internet, il peut collaborer à distance avec d’autres animateurs.
« Il n’y a pas de cours d’animation au Mozambique. J’ai appris à me servir des logiciels tout seul, en me servant de leurs tutoriels. Plus je me débrouillais en anglais, plus je pouvais apprendre. »
Le film « les Brats » qui est en grande partie auto-financé doit être finalisé d’ici 2019.