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C’est paradoxal, mais la langue française est riche d’expressions pour dire qu’on est pauvre. Certaines sont très simples à comprendre, comme « avoir les poches vides » ou « être à sec ». D’autres en revanche ont une origine moins connue. Découvrez ces formules qui nécessitent une petite explication.
« Faire banqueroute », c’est être face à une situation de faillite, accompagnée d’infractions à la loi. Ce mot vient de l’italien, banca rota, qui signifie « banc rompu ». Pourquoi ? Parce que les financiers italiens s’installaient derrière une table de comptoir appelée banca. Si l’un d’entre eux faisait faillite, on cassait symboliquement son banc au cours d’une cérémonie humiliante pour montrer qu’il ne pouvait plus exercer d’activité financière.
« Être sur la paille » : cette expression qui désigne le fait d’être dans une grande pauvreté. Depuis le 13ème siècle, la paille est considérée comme le déchet d’une culture, puisqu’il s’agit de la tige dépouillée de son grain. Ainsi, « coucher sur la paille », comme l’indique l’homme de lettres Antoine Furetière au 17ème siècle, est la preuve d’un grand dénuement.
Quand on entend quelqu’un dire qu’il a « du mal à joindre les deux bouts », on peut s’interroger : de quels bouts s’agit-il à l’origine ? De chandelles ? Eh bien non ! On parle en réalité des collerettes en dentelles nommées fraises, que les nobles portaient autrefois. Plus la collerette était grande, plus on était riche.
Certains achetaient de grandes fraises, mais ils n’avaient pas l’argent nécessaire pour acheter une grande serviette qu’ils pouvaient nouer à table par-dessus leur collerette. Ils avaient donc du mal à joindre les deux bouts de cette serviette pour la nouer. C’est pour cela que cette expression datant du 16ème siècle désigne le manque d’argent.
Terminons par l’expression « faire des économies de bouts de chandelles », qui remonte au 18ème siècle. Les domestiques des maisons bourgeoises récupéraient les bouts des chandelles non brûlées et plus précisément le suif, cette graisse animale fondue qu’on employait alors. Ce dernier était ensuite vendu à un cirier qui pouvait créer de nouvelles bougies.
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« Du coup », « en fait », comment éviter ces tics de langages insupportables
Les bourgeois méprisaient ceux qui recouraient à cette pratique de récupération qui était peu lucrative. Ainsi, l’expression « faire des économies de bouts de chandelles » désigne des économies dérisoires par rapport à d’autres économies plus importantes qui pourraient être mises en place.
Karine Dijoud
Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? Avec l’Académie française
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« Frire » à l’imparfait, « éclore » au passé simple, piégez vos amis avec ces verbes !
Pourquoi dit-on un « tube » pour parler d’une chanson à succès ?
Cet article Langue française : 4 expressions imagées pour évoquer le manque d’argent est apparu en premier sur Radio Classique.
By C’est paradoxal, mais la langue française est riche d’expressions pour dire qu’on est pauvre. Certaines sont très simples à comprendre, comme « avoir les poches vides » ou « être à sec ». D’autres en revanche ont une origine moins connue. Découvrez ces formules qui nécessitent une petite explication.
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Quand on entend quelqu’un dire qu’il a « du mal à joindre les deux bouts », on peut s’interroger : de quels bouts s’agit-il à l’origine ? De chandelles ? Eh bien non ! On parle en réalité des collerettes en dentelles nommées fraises, que les nobles portaient autrefois. Plus la collerette était grande, plus on était riche.
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Terminons par l’expression « faire des économies de bouts de chandelles », qui remonte au 18ème siècle. Les domestiques des maisons bourgeoises récupéraient les bouts des chandelles non brûlées et plus précisément le suif, cette graisse animale fondue qu’on employait alors. Ce dernier était ensuite vendu à un cirier qui pouvait créer de nouvelles bougies.
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