La danseuse et chorégraphe Marie-Claude Pietragalla entretient une connexion unique avec Barbara, qu’elle fait revivre sur scène avec une ressemblance physique et vocale troublante. Plus qu’une imitation ou un hommage, c’est une véritable immersion dans l’œuvre de la « dame en noir », où elle partage également sa vision de la danse contemporaine. Invitée de la matinale, elle en parlait au micro de David Abiker.
Marie-Claude Pietragalla décrit sa relation avec Barbara comme « une histoire d’amour qui dure depuis le début ». Enfant, adolescente puis jeune femme, elle admirait déjà la chanteuse. La rencontre physique entre les deux artistes, il y a 33 ans au Châtelet, a été d’une intensité rare. L’invitée se souvient d’un « moment suspendu », face à celle qu’elle considère comme « l’artiste absolue ». Elle a été frappée par la façon dont Barbara, assise sur son rocking-chair, écoutait son public, créant une véritable communion. « C’est une façon de théâtraliser ses chansons à travers son corps, à travers sa façon de marcher, à travers ses pas où elle était presque comme une ballerine. D’ailleurs, je lui ai dit, j’ai l’impression de voir une danseuse sur les demi-pointes », tout cela a inspiré Marie-Claude Pietragalla.
La proximité vocale est troublante entre Marie-Claude Pietragalla et Barbara. La danseuse confie sa satisfaction que sa performance soit perçue comme une « visitation » plutôt qu’une simple imitation ou un hommage. « Je pense qu’elle n’a pas besoin de moi » pour qu’on se souvienne de sa carrière, affirme-t-elle. Pour Marie-Claude Pietragalla, c’est une « imprégnation », une « essence » de Barbara qui l’anime. Elle a longuement étudié l’œuvre de la chanteuse, ses mémoires inachevées, ses interviews, pour saisir son phrasé unique, son évolution, et son humour insoupçonné, ainsi que l’essence et de l’émotion pure, au-delà de la technique de l’artiste.
Autour de Barbara, une « rencontre incroyable » avec Serge Lama
La relation de Marie-Claude Pietragalla avec Barbara a ouvert la voie à des rencontres inattendues. Sa collaboration avec Serge Lama sur l’album a été une « rencontre incroyable », d’autant plus que l’ancienne compagne du chanteur, décédée tragiquement, était la pianiste de Barbara. Marie-Claude Pietragalla se souvient d’un « quelqu’un d’extraordinaire, d’une gentillesse, d’une humanité à l’image de Barbara. »
Interrogée sur la réaction du public de Barbara, souvent très attaché et exigeant, Marie-Claude Pietragalla explique que de nombreux fans l’ont remerciée, retrouvant dans sa performance « l’impression de revivre ces moments extraordinaires avec cette grande dame brune de la chanson française ». La danse apporte une dimension supplémentaire, une « autre lecture » des émotions et des sensations de la musique de Barbara.
Marie-Claude Pietragalla partage avec Barbara son amour du noir
Marie-Claude Pietragalla a intégré le noir dans son spectacle, couleur emblématique pour la chanteuse, citant une interview de Barbara au Canada où elle déconstruisait l’idée que le noir était synonyme de mystère, affirmant au contraire que « le noir, ça fait partie d’elle ». Le rocking-chair de Barbara, transformé et modernisé, est également présent sur scène, aux côtés d’un piano. La scénographie, très simple, met en valeur la façon dont Barbara « se mouvait sur le plateau ».
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Abordant le thème de la danse contemporaine, Marie-Claude Pietragalla évoque le fait que les jeunes générations d’aujourd’hui s’ouvrent à différents styles. Pour elle, « chaque esthétique de danse, classique, contemporain, hip-hop, [est] un outil » pour raconter des histoires et créer des personnages. Le langage classique, selon elle, reste « intemporel » et fondamental. Elle défend une approche pluridisciplinaire, comme celle qu’elle met en œuvre avec Julien Derouault dans leur CFA, où 35 danseurs sont formés au classique, au contemporain, au hip-hop, au théâtre, au chant et au clown.
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