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A l’occasion de la publication de son enregistrement des Variations Goldberg de Bach, Geoffroy Couteau sera, ce vendredi 23 octobre à 20h, l’invité du Journal du classique.
Alors qu’il vient d’achever son intégrale au disque de l’œuvre pour piano de Johannes Brahms et en attendant la sortie du dernier volume avec au programme le deuxième concerto, Geoffroy Couteau a choisi d’entreprendre un autre grand voyage en gravant l’un des cycles les plus intenses et les plus intimidants du répertoire pour clavier.
Il nous livre ainsi sa lecture des Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach. Un enregistrement qui vient de paraître chez la Dolce Volta.
Geoffroy Couteau nous racontera ce soir sa conception de ce cycle dont il souligne avec profondeur et tant de subtilité la force expressive, reposant sur l’art de la polyphonie. Il donnera ces Variations Goldberg en concert le 9 novembre au Théâtre des Bouffes du Nord.
Laure Mézan
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Votre Soirée classique de ce dimanche est consacrée à l’amitié entre Joseph Haydn et Wolfgang Amadeus Mozart.
Vingt-quatre ans séparent les deux hommes qui se sont toujours voués une grande amitié, et une admiration réciproque. « Lui seul a le secret de me faire sourire, de me toucher au plus profond de mon âme » a dit un jour Mozart à propos de son aîné. Quant à Haydn, il a écrit ces quelques mots au père de Wolfgang : « Je dois vous le dire devant Dieu, et comme un honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne et de nom. »
Tout au long de cette soirée vous pourrez entendre leurs plus belles œuvres, ainsi que celles d’Antonio Salieri, Ludwig van Beethoven, Félix Mendelssohn, Frédéric Chopin, Johannes Brahms, Maurice Ravel et Sergueï Prokofiev.
Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+
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C’est au Palais des Congrès Louison Bobet de Quiberon qu’a été enregistré, le 26 septembre dernier dans le cadre de la douzième édition des Musicales de Quiberon, le concert que Radio Classique vous propose ce samedi soir avec l’Orchestre à cordes des Musicales de Quiberon dirigé par Pascal Gallois.
Six œuvres étaient au programme : la Sarabande op.93 de Camille Saint-Saëns, le Concerto pour violon en ré mineur MWV O 3 de Felix Mendelssohn et Poème op.25 d’Ernest Chausson avec Julien Szulman, Pièce en forme de Habanera de Maurice Ravel par Julien Szulman et Dimitri Vassilakis, les deuxième et troisième mouvements de la Sinfonietta d’Albert Roussel et Danse sacrée et danse profane de Claude Debussy par Nathalie Henriet.
Ce concert sera présenté par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Quiberon et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
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Comédien, metteur en scène, producteur, indissociable de la troupe du Splendid, Thierry Lhermitte était ce vendredi l’invité de la matinale de Radio Classique. Au micro de Marc Bourreau, il a parlé de son livre d’un tout autre registre, Passeur de sciences, Mon voyage au pays de la recherche médicale, aux éditions Albin Michel – dont les droits d’auteur sont versés à la Fondation pour la recherche médicale – un récit de ses rencontres et découvertes en tant que parrain de cette même fondation. En parallèle de cette actualité littéraire, un retour sur scène est prévu dès novembre pour un spectacle écrit par Charles Pépin et mis en scène par Steve Suissa, La Rencontre, au Studio des Champs-Élysées.
Issu d’une famille de grands médecins, le vif intérêt de Thierry Lhermitte pour la médecine a vraiment commencé grâce au Téléthon : parrain à deux reprises, il s’est trouvé une passion pour les sciences de la vie au travers des patients mais aussi des chercheurs.
« Les deux m’ont bouleversé. Je ne connaissais pas cette fondation qui distribue aujourd’hui entre 50 et 60 millions par an, 400 projets de recherche par an. C’est vraiment un financeur très important de la recherche dans tous les domaines de la recherche médicale » confie-t-il.
Un intérêt qui le conduit depuis 20 ans à sillonner plus de 110 laboratoires pour en parler, parmi lesquels des expériences et rencontres marquantes qu’il raconte dans son livre : « j’ai rencontré un des premiers patients [à qui on a greffé] une rétine artificielle, voilà sur quel chemin extraordinaire on est. J’ai vu une jeune femme née sans utérus qui a [reçu] l’utérus de sa propre mère greffé. Elle a eu un bébé magnifique. C’était une première en France, une deuxième dans le monde. J’ai vu que des trucs extraordinaires. »
Parfois même, le comédien s’est prêté au rôle de cobaye pour certaines expériences : « J’ai participé à une expérience pour montrer ce que c’était que la BPCO (Bronchopneumopathie chronique obstructive). On vous met un masque qui rend difficile d’inspirer petit à petit, et voilà ce que vivent les gens qui en sont atteints. C’est vraiment une maladie horrible, parce que, quand on étouffe, on pense qu’on va mourir dans les secondes qui viennent ».
Si la France a connu par le passé des figures emblématiques parmi les chercheurs (René Frydman avec le premier bébé éprouvette mais aussi Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi pour le SIDA), force est de constater que ce n’est plus le cas aujourd’hui. « On s’est mis à admirer les influenceurs plutôt que les chercheurs. C’est un travers de la société qui est bien triste » déplore Thierry Lhermitte. Il observe désormais une certaine défiance à l’encontre de la recherche alimentée par les fake news : « Les gens qui ne connaissent rien donnent des avis sur tout. C’est déplorable, mais c’est comme ça » ajoute-t-il..
Les rencontres déterminantes, Thierry Lhermitte les partage aussi à la scène. A l’affiche d’un spectacle sobrement intitulé La rencontre, adapté du livre éponyme du philosophe Charles Pépin, il revient sur les liens qui ont marqué sa vie, avec un postulat : il y a ceux que l’on croise et ceux que l’on rencontre.
« Un croisement, c’est très bien, on passe de bons moments, on se sent moins seuls. Une rencontre, c’est plus que ça. Quand on rencontre quelqu’un, on change au moins un peu. » distingue-t-il. Un spectacle au cours duquel il raconte quelques anecdotes de sa vie, dont sa rencontre avec ses camarades du Splendid, au lycée à 15 ans, qui a bouleversé son existence.
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Gérard Jugnot lui a parlé d’Éluard, il lui a fait écouter du Bob Dylan, et l’a ouvert au cinéma de Buñuel… Thierry Lhermitte dans ce spectacle, rend hommage au Splendid, une bande de copains qui n’a cessé d’élargir ses horizons.
« Grâce à eux, aujourd’hui, tout m’intéresse, tout, tout, tout. Il n’y a guère de domaines qui échappent à ma curiosité. Dans le spectacle, il y a un extrait de Stefan Zweig qui raconte sa rencontre avec Émile Verhaeren, le poète belge, et dit de lui « quand on le rencontrait, on sentait s’animer sa propre volonté de vivre ». Voilà ce que j’ai senti, moi, s’animer, quand j’ai rencontré mes copains. Tout d’un coup, la vie devient intéressante, l’avenir s’ouvre devant moi, même pas professionnellement, mais juste l’intérêt pour la vie » conclut-il.
Pauline Adad
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Pour rivaliser avec les plus grands maîtres de la Renaissance et imposer sa vision ardente, Jacopo Robusti, le fameux Tintoret, n’a pas seulement manié le pinceau : il est devenu un véritable metteur en scène.
Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :
Au cœur de son antre vénitien, loin des sentiers battus de l’académisme, Tintoret a mis au point un dispositif expérimental pour le moins stupéfiant.
Dans l’obscurité quasi totale de son atelier, le peintre s’improvisait architecte d’un monde miniature. Il fabriquait de petites maquettes en bois, sortes de théâtres de poche où il suspendait des figurines de glaise ou de cire, soigneusement habillées de savants drapés en tissu. Muni d’une simple bougie dont il glissait la flamme à travers des fentes étroites, il épiait la naissance des reliefs. Il guettait avec obsession la course des ombres, le choc brutal entre les ténèbres les plus denses et la lumière la plus aveuglante.
Cette méthode révolutionnaire lui permettait de tordre les corps dans des postures impossibles et de structurer l’espace avec une tension théâtrale inédite.
Bien avant l’invention du septième art, l’artiste manipulait les faisceaux lumineux comme un chef opérateur moderne, insufflant à ses toiles monumentales ce souffle dramatique et tourmenté qui allait faire sa légende.
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Une audace plastique radicale, qualifiée par certains de « violente », qui tranchait avec le lissage de ses contemporains et transformait la peinture religieuse en une expérience visuelle vibrante et immersive
En écoutant ce podcast, vous apprendrez que ce génie indomptable, dont la virtuosité et la liberté de ton se révèlent aujourd’hui dans l’exposition événement organisée au musée Jacquemart-André à Paris, a consacré toute son existence à bousculer les codes de son époque.
Cet article est tiré de l’émission « Tintoret, le petit teinturier qui défia Venise et bouleversé l’art de la peinture ». Ce résumé a été rédigé à l’aide de l’intelligence artificielle puis relu, édité et validé par un journaliste.
Ecoutez l’intégralité de l’émission des « Grands dossiers de l’histoire par Franck Ferrand » en podcast sur notre site ou application.
Retrouvez Le meilleur des Grands Dossiers de l’Histoire
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Dans une tribune publiée par la presse israélienne, le chef d’orchestre Lahav Shani, dont certains concerts ont été annulés, menacés de boycott ou perturbés, lance un appel moral adressé à la société israélienne. Il s’adresse aussi à ceux qui, à l’étranger, prennent position contre Israël et ses artistes.
Depuis l’annulation, sous pression, de sa participation à la tête de l’orchestre Philharmonique de Munich, lors d’un festival en Belgique à Gand en septembre 2025, de la perturbation d’un autre concert à la Philharmonie de Paris et d’une menace de boycott d’une représentation de l’orchestre allemand, sous sa direction, en novembre à Bruxelles, Lahav Shani était resté très discret.
Ce jeudi, c’est dans le grand quotidien israélien de centre-gauche Haaretz que le directeur musical du Philharmonique d’Israël, a décidé de s’exprimer longuement. Dans cette tribune, titrée «L’avenir d’Israël doit se construire sur la compassion et le courage », Lahav Shani plaide pour un État d’Israël capable de défendre ses citoyens sans déshumaniser les Palestiniens, de reconnaître ses propres dérives sans renoncer à son droit à l’existence et de défendre ses artistes sans se soustraire à la critique.
À propos des critiques dont il a fait l’objet en tant que chef d’orchestre israélien, Lahav Shani s’insurge contre le fait que « les artistes israéliens subissent de fortes pressions à travers le monde (…) Il est légitime d’exprimer une opinion, mais il ne l’est pas de réduire les autres au silence, de les intimider ou de recourir à la violence », faisant référence à un concert à la Philharmonie de Paris, en novembre 2025, perturbé par des militants propalestiniens.
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Mais c’est surtout sur la responsabilité politique des dirigeants israéliens que Lahav Shani a tenu à mettre l’accent dans cette tribune. Selon lui, ils doivent répondre de leurs échecs et de leurs paroles et la défense légitime d’Israël ne dispense ni de respecter les droits humains ni de faire preuve de compassion.
Ainsi, à propos de la situation en Cisjordanie, il estime que « fermer les yeux sur les violences des colons, voire parfois les encourager, constitue un grave manquement moral qui compromet l’avenir de l’État d’Israël en tant que démocratie légitime », ajoutant: « j’espère que nous verrons bientôt émerger des dirigeants dignes, des dirigeants qui comprennent que la compassion et l’humanité ne sont pas des signes de faiblesse et ne remettent pas en cause la légitimité de notre droit à nous défendre ».
Lahav Shani kritisiert die politische Führung seines Heimatlandes Israel. Er fordert Konsequenzen aus dem Versagen vom 7. Oktober und verurteilt die Gewalt israelischer Siedler. https://t.co/S6ACEPilI2
— Axel Brüggemann (@abmann71) October 22, 2026
C’est en tant que citoyen israélien mais avec son ressenti de musicien que Lahav Shani conclut cette tribune. Pour lui « la musique n’a jamais mis fin à une guerre, mais elle nous enseigne beaucoup sur l’humanité, car elle nous oblige à écouter, à réfléchir et à ressentir. J’espère que nous pourrons tous être guidés par des personnalités pour qui la compassion, l’humanité et l’exemplarité sont des principes directeurs ».
Philippe Gault
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Fin octobre, pendant une semaine, la maison Christie’s Paris mettra en vente en ligne une partition autographe des Douze Notations pour piano de Pierre Boulez. Le grand compositeur et chef d’orchestre français composa cette œuvre, considérée comme sa première grande création, alors qu’il n’avait que vingt ans.
Parmi les très nombreux ouvrages et documents proposés en ligne du 27 octobre au 5 novembre par la maison de vente aux enchères Christie’s dans le cadre d’une session consacrée à des livres et des manuscrits rares (Classic week), le lot n° 519 attirera certainement les plus mélomanes des collectionneurs. Il s’agit en effet d’une partition autographe – qui comprend deux signatures – des Douze Notations pour piano que Pierre Boulez composa en 1945.
Âgé de 20 ans, il était à l’époque étudiant au Conservatoire de Paris dans la classe d’harmonie avancée d’Olivier Messiaen, et cette composition est considérée comme l’une de ses premières œuvres significatives. Cette série de douze variations, composées chacune de douze mesures, était construite autour d’une même série de douze sons et dans laquelle on retrouve, selon le musicologue Claude Samuel, l’influence de grands compositeurs tels que Anton Webern, Claude Debussy et Olivier Messiaen.
L’œuvre fut créée le 12 février 1946 aux Concerts du Triptyque par la pianiste Yvette Grimaud, condisciple de Pierre Boulez au Conservatoire de Paris.
Si une autre version de ce manuscrit a été acquise en novembre 2017 par la Bibliothèque nationale de France (BnF), la partition mise en vente par Christie’s à la fin du mois, estimée entre 30.000 et 40.000 euros, avait été dédicacée en décembre 1945 au compositeur Serge Nigg, lui aussi élève dans la même classe du conservatoire et ami proche de Pierre Boulez.
Le manuscrit est noté à l’encre bleu nuit sur papier à 24 lignes, de la fine et minutieuse écriture du musicien français dont on célèbre cette année le dixième anniversaire de la disparition. Il est signé en fin au-dessous de la dédicace « À Serge Nigg ».
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Le manuscrit de trois pages, auxquelles s’ajoute une page de titre-dédicace, comprend les Douze Notations, avec de nombreuses notes et précisions d’interprétation (dynamique, intensité, nuances…). Selon la note qui accompagne la mise en vente de ce document, Pierre Boulez avait confié avoir orchestré, à l’époque de leur composition, plusieurs de ces Notations : « Ces orchestrations, à l’inverse de celles que j’effectue aujourd’hui, étaient toutes littérales et destinées à un petit orchestre. Aucune de ces orchestrations n’a été créée, la réalisation en était encore trop amateur », avait-il indiqué.
Pierre Boulez retira ensuite cette composition de son catalogue, et l’y réintroduira plus tard, alors qu’il avait entrepris de réaliser une version des Notations pour orchestre (1980 et 1999).
Philippe Gault
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A l’occasion de la publication de son nouvel album, Stella Almondo sera, ce jeudi 22 octobre à 20h, l’invitée du Journal du classique.
Elle fait partie de ces jeunes pianistes qui ont marqué la rentrée discographique. A seulement 20 ans, Stella Almondo nous offre un second album chez Naïve entièrement dédié à Franz Liszt. Intitulé Anges et démons, il souligne toute la dualité de l’œuvre du compositeur, dans ses aspects les plus terrifiants comme les plus poétiques, entre Méphisto valse, Danse macabre, Consolation ou Sonnet de Pétrarque.
Stella Almondo nous racontera ce soir ses liens avec Liszt et ce répertoire des extrêmes qui lui permet de déployer ses remarquables sens de la narration et des couleurs.
Laure Mézan
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Dans un contexte de durcissement du mouvement lycéen et étudiant, prévu dès la rentrée des vacances de la Toussaint, qui témoigne des inquiétudes qui pèsent sur l’avenir du système éducatif, Marc Bourreau recevait ce jeudi dans les studios de Radio Classique, Bruno Bouchard, président de l’université Paris-Dauphine PSL. Ce dernier saisit ce temps d’antenne pour sommer le gouvernement de faire des annonces quant à un plan d’investissement immédiat, en rappelant l’enjeu de compétitivité et de souveraineté technologique que représente l’éducation.
Au cœur du malaise chez les jeunes, il y a Parcoursup, la plateforme de mise en relation entre les lycéens et les établissements qui d’après le président de l’université Paris Dauphine, cristallise le débat. Bruno Bouchard tient à le rappeler : « il faut bien définir de quoi on parle : les lycéens candidatent, la plateforme envoie les candidatures aux établissements, et les sélections se font dans les établissements. Ensuite, l’allocation des places se fait par libération en fonction des choix obtenus ».
Un système efficient au regard de ce qui était d’usage à une autre époque : « On faisait la queue pendant deux heures pour déposer son dossier papier. Il y avait une seconde session, et parfois on n’était fixés qu’à la mi-septembre. C’était ça, la situation » se souvient Bruno Bouchard, attestant qu’aujourd’hui, l’algorithme d’allocation des places, une fois que les établissements ont fait leur choix, est ce qu’il se fait de mieux.
Le problème se trouve donc ailleurs, à commencer par les stratégies d’orientation dans le choix des options liées à la réforme Blanquer.
Bruno Bouchard l’explique : « Aujourd’hui, il faut faire son propre programme et anticiper ce que l’on va prendre en fonction de l’endroit où l’on voudra candidater plus tard. Ensuite, le stress énorme pour les jeunes, c’est de savoir s’ils auront une place derrière. » détaille-t-il. Or, la vague démographique dans l’enseignement supérieur étant ce qu’elle est, il n’est là plus question de jeter l’opprobre sur l’algorithme ; il s’agit purement d’une question de places : « Tout devient hyper compétitif : même les licences censées être non-sélectives ont une certaine capacité d’accueil. Il n’y a pas de place pour tous les étudiants » regrette Bruno Bouchard.
Un phénomène qui ne va pas aller en s’améliorant : « Dans les écoles, on parle de baisse démographique et on réduit le nombre d’enseignants, ce qui n’est vraiment pas une bonne idée. Mais dans les universités, nous allons rester sur un plateau jusqu’en 2034 environ, et ce n’est qu’après que nous commencerons à voir la baisse. Il ne s’agit donc pas de réduire le nombre de places pour nous ; en fait, nous n’en avons pas assez ».
Des hausses de charges massives et des transferts de charges de l’État vers les établissements ont conduit à un étranglement financier des établissements d’enseignement supérieur publics. « Tout le monde doit savoir que ce sont les établissements qui paient leurs fonctionnaires. Quand vous touchez aux cotisations patronales pour financer les retraites, passant de 74 % du brut il y a deux ans à 82 % aujourd’hui, le choc est immense. Une université, c’est 85 à 90 % de masse salariale. Si ce n’est pas compensé par l’État, c’est un étranglement financier » s’indigne Bruno Bouchard.
En parallèle, le ministre annonce cette année 500 millions de dotation supplémentaire mais Bruno Bouchard n’est pas dupe : « Si vous comparez à l’inflation, c’est en réalité une baisse en termes réels. La quasi-totalité des universités ont ouvert ou fini en déficit en 2024-2025, ce sera pareil en 2026. » c’est pourquoi il appelle à un investissement massif immédiat pour créer des places.
Lorsque l’exécutif rétorque que les caisses sont vides, Bruno Bouchard objecte que c’est une question de choix, et il n’est pas à court d’exemples : « Prenez le crédit impôt recherche, décrié depuis des années quant à son efficacité, c’est 8 milliards d’euros. Le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche universitaire, c’est 15 milliards. Il y a peut-être des choses à aller chercher de ce côté-là. Prenez le florilège de sociétés privées à but lucratif qui ont surfé sur les aides à l’apprentissage, qui n’ont d’école que le nom et laissent les étudiants sur le carreau avec des diplômes sans valeur : ce sont plusieurs milliards à récupérer. Prenez les deux dernières revalorisations inconditionnelles des retraites, c’est 10 milliards. Cela représente les deux tiers du budget total de l’enseignement supérieur. » énumère-t-il.
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Un comble sachant que l’éducation s’auto-finance sur le long terme avec un rendement supérieur à un. « Le problème, c’est que depuis les années 90, on a décidé de prendre une partie de cette richesse produite par l’éducation pour en faire autre chose. On a désamorcé la pompe, il faut la relancer » exhorte-t-il.
Pauline Adad
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La cuisine française a son vocabulaire propre, fait de termes techniques, d’expressions imagées et d’ustensiles dont le nom raconte parfois une histoire. Parmi eux, la maryse occupe une place à part.
Commençons par le roux. Il s’agit d’un mélange de farine et de matière grasse que l’on fait cuire pour épaissir une sauce. Au XIXe siècle, Auguste Escoffier rend systématique l’utilisation du roux dans son Guide culinaire. Il classe les sauces en fonction de leur base, comme la sauce béchamel ou le velouté, toutes dérivées du roux. C’est pourquoi tout apprenti cuisinier doit absolument le maîtriser.
Autre expression du lexique culinaire : peler un fruit à vif. La formule peut paraître assez cruelle, mais elle désigne un geste précis : retirer sa peau, mais aussi la membrane blanche qui recouvre les quartiers. Le fruit est ainsi mis à nu, ce qui a donné naissance à l’expression.
Quant à la maryse, c’est une spatule souple qui permet de racler un saladier ou de mélanger une préparation avec délicatesse.
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L’ustensile devrait son nom à une cuisinière qui travaillait pour la famille de Buyer, une grande entreprise française d’ustensiles de cuisine. On raconte que cette femme, nommée Maryse, excellait à racler les préparations de gâteaux sans rien gâcher.
Enfin, on peut aussi singer une préparation. Rien à voir avec l’idée d’imiter ici : il s’agit de saupoudrer de farine une viande ou des légumes revenus dans la matière grasse avant d’y ajouter un liquide, afin d’épaissir la sauce.
Karine Dijoud
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