Aujourd'hui l'économie

Le Brexit, un parfum de «drôle de guerre»


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Le Brexit et ses conséquences pour les entreprises françaises a été l’un des sujets largement abordés au Mondial des conseillers du commerce extérieur de la France qui s’est tenu jeudi et vendredi à Deauville.
Pour le moment les 3 000 entreprises françaises installées sur le sol britannique se portent plutôt bien. Si Eurostar a vu le trafic transmanche affecté par le choix des Britanniques, en revanche la maison de luxe Cartier se frotte les mains : l’été a été formidable. Jamais elle n’a vendu autant de montres, et cela grâce à la chute de la livre sterling.
A priori tout va bien, note Olivier Morel qui a mené l’enquête pour le compte du gouvernement français. Cet avocat d’affaires s’appuie sur le comité local des 70 conseillers français du commerce extérieur dont il est le président. Son rapport s’intitule « la drôle de guerre ». Une référence au début de la Seconde Guerre mondiale qui caractérise bien d’après lui cette insouciance apparente et surtout temporaire. Les affaires continuent, mais ça n’empêche pas les Français de s’interroger sur leur avenir au Royaume-Uni.
Ils sont préoccupés par le sort de leurs salariés
C’est une question centrale. La libre circulation des hommes les préoccupe beaucoup plus que celles des marchandises. Les chefs d’entreprise craignent de voir écorner la liberté de recruter des talents en provenance du monde entier comme ils le font aujourd’hui. C’est un souci majeur pour les entreprises technologiques venues à Londres pour attirer les meilleurs. Le référendum a déjà fait des ravages avec les attaques racistes qui se banalisent.
Ce climat hostile pourrait dissuader les jeunes d’Europe de l’Est de traverser la Manche. Et puis le pire est peut-être à venir. En suggérant aux entreprises d’établir des listes mentionnant la nationalité de leurs employés, la ministre du Travail a donné un avant-goût de la chasse aux sorcières qui pourraient avoir lieu dans les prochains mois. Les négociations sur la sortie du Royaume-Uni vont durer deux ans, elles devraient commencer début 201, a annoncé le Premier ministre Theresa May.
Un calendrier qui rassure les milieux d’affaires ?
Pas vraiment parce que les négociations portent sur la sortie du Royaume-Uni et non sur les relations futures avec l’Europe, fait remarquer Olivier Morel. Au total, les pourparlers pourraient durer non pas deux ans, mais 4 ou 5. Une période d’incertitude beaucoup trop longue pour les entreprises. Elles devront prendre des décisions assez rapidement, estime Olivier Morel, peut-être avant la fin de l’année, avec ou sans les informations précises sur le sort du Royaume-Uni.
L’état d’esprit des dirigeants : on espère le meilleur en se préparant au pire ! Et puis il y a un effet opportuniste : certaines entreprises françaises ou non, notamment dans le secteur bancaire pourraient prendre le prétexte du Brexit pour annoncer des restructurations dans les tiroirs depuis déjà plusieurs mois.
Paris déroule le tapis rouge pour séduire les financiers qui envisagent de quitter La City. Comment cette campagne est-elle perçue à Londres ?
 
Les conseillers du commerce extérieur sont circonspects. Attention, disent-ils, à ne pas se montrer trop agressifs, trop arrogants, car les Britanniques ont bien d’autres options, Dublin est volontiers cité, mais aussi Amsterdam, Luxembourg et bien sûr Francfort.
Dans la recomposition que va entraîner le Brexit à moyen terme, la France a une autre carte à jouer, celle de futur hub de l’industrie, grâce à son vivier d’ingénieurs bien formés et réputés, des profils qui font déjà défaut au Royaume-Uni.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI