A Paris se tient la 43e édition de la FIAC, la Foire internationale de l’art contemporain. C’est l’occasion de faire le point sur ce marché, qui enregistre un net recul.
Les enchères sur le marché de l’art contemporain s’essoufflent. Entre juillet 2015 et juin 2016, le chiffre d'affaires de ces transactions a fondu d'un quart. Le marché qui pesait 1 milliard 900 millions d’euros est tombé à 1 milliard 300 millions. Une baisse qui s’explique notamment par le recul des ventes en Chine.
Les collectionneurs chinois ont changé de comportement. Ils privilégient plus les œuvres historiques que les créateurs contemporains. Résultat : les ventes de ces œuvres ont été presque divisées par deux. La Chine a ainsi perdu sa place de leader au profit des Etats-Unis.
Est-ce que ce recul du marché est le signe d’une crise qui touche le secteur ?
Non, car il s’agit juste d’une correction du marché, d’une période d’ajustement nécessaire. Ces dernières années, le marché a connu un boom spectaculaire. Depuis l’an 2000, il a augmenté de plus de 1 370% et le nombre d'œuvres vendues a été multiplié par 4. Mais pas de panique pour ceux qui possèdent ou comptent acheter des œuvres contemporaines.
Malgré ce recul du marché, l'art contemporain reste un investissement performant sur le long terme. Selon Artprice, leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l'art, le secteur a assuré un rendement annuel de près de 5% depuis 16 ans.
Qu'est-ce qui explique cette euphorie du marché ?
Avant tout le nombre croissant de collectionneurs. Ils étaient 700 000 au lendemain de la guerre. Ils sont 70 millions aujourd'hui. A cela s’ajoute l’inflation des musées. Depuis 2000, 700 musées et fondations sont inaugurés chaque année dans le monde. Une tendance qui va se poursuivre. Il s’est construit plus de musées dans les 16 dernières années que durant le 19 et 20e siècle. Et donc pour les remplir, il faut produire des œuvres, ce qui explique la croissance du marché de l’art. Et évidemment l’art contemporain aura une place importante dans ces musées, parfois il y sera même sur-représenté. Enfin, il y a la mondialisation du marché avec l’arrivée des nouvelles fortunes des pays émergents.
Quelle est la place de la France sur ce marché ?
A l’échelle mondiale, la France est passée de la première place il y a 60 ans, à la quatrième aujourd’hui, avec à peine plus de 3% du marché. Bien derrière les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine.
Les artistes français sont aussi moins cotés. Cette faiblesse du marché français, les experts l’expliquent par le manque de visibilité des artistes. Les institutions d’abord qui ne jouent pas le jeu. Les musées, les galeries et les fondations préfèrent en effet exposer les artistes étrangers. Les collectionneurs privés aussi qui négligent souvent les artistes français et préfèrent investir dans des œuvres anglo-saxonnes dont la cote est plus élevée.