Ce lundi, nous étions encore dans la joie pascale quand l’annonce du décès du pape François nous a saisis. Les hommages venant de tout bord ont naturellement tout de suite afflué.
Et, dès lundi matin, des commentaires insistaient aussi sur ce qui relèveraient des paradoxes de notre défunt pape. Ainsi, François, progressiste à certains égards lorsqu’il met en avant l’écologie ou l’accueil des migrants, serait au contraire conservateur s’agissant des mœurs, de l’avortement, de l’euthanasie.
Mais ce qui apparaît pour beaucoup comme contradictoire me semble plutôt être le signe de la très grande cohérence de François qui s’est exprimée notamment dans ses encycliques. « Tout est lié » est l’une de ses expressions que je retiendrais.
Dans sa déclaration en tant que président de la Conférence des Evêques de France qu’il est encore pour peu de temps, Mgr Eric de Moulins-Beaufort a souligné l’opiniâtreté avec laquelle François a appelé l’humanité à croire en la fraternité.
Notre pape dénonçait ainsi dans Laudato Si’ une culture du déchet qui s’applique aussi aux personnes.
Dans Fratelli Tutti, il pointe encore une culture vide, obnubilée par des résultats immédiats et démunie de projet commun, au détriment notamment de l’environnement, au profit de certaines catégories d’hommes jugées dignes de vivre sans restriction, d’autres parties de l’humanité pouvant être sacrifiées, et il cite les enfants à naître, les personnes âgées, les migrants à qui on refuse de participer à la vie sociale.
On se demande bien en quoi l’écologie serait de gauche et la défense de la vie, c’est-à-dire l’écologie humaine, de droite. Ce sont les mêmes logiques individualistes et consuméristes qu’il faut, dans les deux cas, combattre (et le mot n’est à mon avis pas trop fort).
Le pape François appelait de ses vœux une société fondée sur le service des autres, ce qui devrait être l’objet de tout engagement en politique, vocation noble s’il en est, car pouvant devenir l’exercice suprême de la charité, disait-il.
Permettez-moi d’ajouter, car c’est malheureusement l’actualité de la proposition de loi actuellement en discussion à l’Assemblée Nationale, que l’instauration d’un soi-disant « droit à mourir » serait un nouveau manquement à la solidarité que l’on doit aux plus fragiles et à ce projet collectif basé sur la fraternité que, pourtant, j’en suis sûr, le plus grand nombre appellerait de ses vœux.
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