Le verbe résister ne se conjugue qu’au passé. Il est impossible de se déclarer résistant au regard des institutions en place. Au mieux, cette déclaration ne serait que pure forfanterie, ou ironie, dérision ; au pire, on serait rapproché des terroristes avec toutes les conséquences négatives de la stigmatisation (“mauvais patriote”, “traître à sa nation”, “propagandiste ou complice des forces ennemies...).
À partir de là, nos existences entières se limitent à tenter d’échapper aux hégémonies, aux convenances sociales, à la conformation aux standards, à la désobéissance aux autorités, civile et civique, au contournement des lois, interdits et obligations injustes et illégitimes.
Dans ce cadre, que peut donc une maison d’édition littéraire qui publie à 300 exemplaires une demi-douzaine de titres par an, avec un chiffre d’affaire de quatre chiffres à peine ?
Appeler à la mutualisation de la diffusion-distribution ?...
Porter des textes de “sans-voix” ?...
Utiliser des papiers et des encres écolos ?...
Refuser la concentration médiatique des milliardaires réactionnaires ?
Oui, au moins.
Et autre chose aussi.
chez ABC’éditions Ah Bienvenue Clandestin·es !