14 journées nationales de mobilisation, une unité syndicale inédite, une population très majoritairement opposée au report de l'âge de départ à la retraite, jusqu'à 3,5 millions de personnes dans la rue, des casserolades à chaque sortie d'un ministre et même un genre d'interville du zbeul de bâtiments symboliques.
Et en face un macron isolé, qui n'autorise plus les prises de paroles que d'un petit noyau de ministres, qui perd le soutien de certains députés de droite, qui utilise la répression policière et judiciaire, et doit faire appel aux outils les moins démocratiques de la constitution pour faire adopter sa réforme et tenter de faire taire ses opposants.
Pourtant, l'âge l'égal de départ à la retraite va bien progressivement augmenter pour s'établir à 64 ans en 2030, et la durée de cotisation sera de 43 ans en 2027. Alors que faut-il garder de ces 5 mois ? La défaite, claire et nette sur le papier, ou bien les niveaux historiques de mobilisation qui ont été atteints, et la fragilité dans laquelle le gouvernement s'est retrouvé ?
Voilà les questions qu'on s'est posées avec nos invité.es :
- Grégory Gaudel, secrétaire général de la CFDT Nouvelle-Aquitaine
- Cécile Calmes, enseignante, collectif Bordeaux centre et FSU.
- Guillaume Irasque, CGT métallurgie de Gironde
- Marie Perrot, assemblée générale féministe de Gironde
- Willy Dhellemmes, Sud PTT 33
- et Anna, étudiante à l'Université Bordeaux Montaigne et syndicat étudiant FSE
"Pour nous ce qui a manqué c'est l'instauration d'un rapport de force beaucoup plus violente et rapide. On appelait de nos voeux une mobilisation reconductible jusqu'à ce qu'ils craquent. On comprend le souci des syndicats de ne pas épuiser les gens, mais on se serait beaucoup moins épuisés si on avait fait 15 jours de grève d'entrée de tout le monde."
Cécile Calmes
"On a gagné sur le débat d'idées, sur le côté unitaire au niveau des organisations syndicales. Maintenant c'est la question peut-être des salaires, en tout cas nous on estime qu'elle est centrale dans cette période."
Guillaume Irasque
Les gouvernements successifs "ont voulu cantonner les organisations syndicales à l'action dans les entreprises, et on a montré qu'on n'était pas que dans les entreprises. A la CFDT on a 45 000 nouveaux adhérents, la CGT est à peu près dans les mêmes chiffres. Maintenant c'est comment on capitalise là-dessus et comment on continue à ancrer le syndicalisme."
Grégory Gaudel
"Certaines personnes nous ont rejoint pour des mauvaises raisons, parce que y'avait la batucada, on chantait des slogans rigolos, on avait des paillettes. Mais ce qui est intéressant c'est de voir comment des personnes se sont "radicalisées" dans le cortège féministe."
Marie Perrot
"On a gagné des adhérents mais aussi des militants, et en tant que syndicat étudiant c'est important. Ce sont des militants qui sont déterminés à militer toute l'année sur plein d'autres sujets. Donc on en ressort grandis."
Anna
"Si on n'acte pas les défaites comme on acte les réussites, si on se voile la face pour ne pas se sentir humilié, alors on ne peut pas continuer d'avancer. En vérité on a perdu plus que ce qu'on a gagné. Maintenant, ça fait la démonstration qu'il y a nécessité de continuer de se battre, de s'organiser, d'aller plus loin."
Willy Dhellemmes