Les Etats-Unis sont aujourd'hui en situation de quasi plein emploi, c'est l'un des aspects les plus positifs du bilan économique de Barack Obama.
Cela fait maintenant plus de six ans que l'économie américaine crée chaque mois plus d'emplois qu'elle n'en détruit. C'est le plus long cycle de création d'emplois de l'histoire du pays, souligne la Maison Blanche dans son dernier commentaire des chiffres du chômage. A 4,7 %, c'est le plus bas niveau depuis 9 ans. Le président Obama peut à juste titre s'en féliciter. Après son élection le taux de chômage a grimpé jusqu'à 10 % sous l'effet de la débâcle financière.
Grâce à la relance qu'il a mené et à la restructuration simultanée de pans entiers de l'industrie, il a réussi à ramener le plein emploi. Mais cette prouesse n'impressionne pas beaucoup les Américains, car leur pouvoir d'achat a globalement reculé et les nouveaux emplois créés ne sont pas nécessairement allés vers ceux qui ont perdu le leur après 2008.
Les nouveaux jobs sont apparus surtout dans le secteur des services
Et donc dans les endroits où il y a une forte demande, c'est-à-dire dans les villes. A l'écart des centres urbains, les usines qui ont mis la clé sous la porte n'ont pas été remplacées par ces nouveaux pourvoyeurs d'emplois que sont les services à la personne en matière de santé ou d'éducation. Dans les zones rurales de l'Amérique profonde, le niveau de l'emploi est encore inférieur à celui d'avant 2008. Une enquête sur la répartition ethnique des nouveaux postes est encore plus édifiante : les Hispaniques, qui représentent 15 % de la force de travail, ont décroché la moitié des nouveaux jobs. Les Asiatiques et les Noirs ont aussi profité de cette manne.
En revanche, la communauté blanche, qui représente 78 % de la force de travail, a perdu 700 000 emplois en 9 ans. Les postes dans l'industrie, ceux qui procuraient de bons salaires, des avantages sociaux et qui faisaient croire au rêve américain, semblent avoir définitivement disparus. Le corollaire a été la baisse des revenus dans les campagnes. Les analystes politiques y voient une explication au vote Trump : il s'est enraciné là où les bons emplois se sont évanouis.
L'autre bémol de ce bilan positif en matière d'emplois, c'est la faible progression des salaires
Le revenu médian des Américains est encore inférieur à son niveau de 2008. L'explosion des inégalités explique en partie cette panne des salaires. Les plus riches enregistrent des profits record en bourse, tandis que les plus pauvres doivent multiplier les petits boulots pour survivre.
L'autre facteur d'explication, c'est la faiblesse de la croissance. Les Etats-Unis vivent une période d'expansion, mais bien trop molle. Cela débouche sur une crise de la productivité. La production de richesse par heure travaillée stagne voire recule, d'où les salaires anémiques, notamment pour les emplois les moins qualifiés. La révolution technologique ne s'est pas encore traduite par un bond de la productivité. Le phénomène intrigue les économistes et il a rendu la Fed très prudente dans sa politique monétaire. Avec la reprise en cours dans le secteur de l'industrie, les salaires américains commencent enfin à se redresser, en 2016 ils ont augmenté de 2,9 %. Les Américains vont peut-être goûter aux fruits de la croissance retrouvée sous les deux mandats de Barack Obama, pendant le mandat de Donald Trump.
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