
Sign up to save your podcasts
Or


En ce 11 septembre, la Parole de ce matin est particulièrement incisive : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous maudissent…
L’ennemi, au cœur de nos vies, se présente sous mille et un visages, pas toujours humains : violence familiale, maladie dégénérative, injustice grave, addiction, terrorisme, abus spirituel, intelligence artificielle perverse. J’en étais à cette réflexion lorsque les images du 11 septembre se croisaient avec celle de Ani, l’intelligence artificielle personnifiée et pornographique, issue du délire de Elon Musk. Un personnage animé aux allures pornographiques destinée à répondre aux questions du grand public, visant surtout les jeunes. Les images des enfants meurtris de Gaza et les ruines de la jadis resplendissante Kyev ont pris le triste relais.
Les tours se sont effondrées, les guerres s’acharnent, Ani la soubrette répond lascivement. Il fut un temps où l’ennemi, le monstrueux, était connu, identifié. Il pouvait alors être réhumanisé à coups de pardons et à grand renfort de prières. Il fut un temps où l’humanité de l’ennemi dépassait du jupon du monstrueux. Mais qu’est-ce que l’ennemi aujourd’hui ? Lorsqu’il est haine idéologique collectivement partagée, lorsqu’il est l’inouï d’une violence technologique socialement banalisée ? Aimer ? Comment et quoi puis-je aimer ?
L’image messianique de l’enfant emmailloté dans la mangeoire persiste, avec sa pauvreté, sa vulnérabilité et son impuissance. La naissance de l’Amour, le pas-encore et le déjà-là. L’ennemi n’existe que dans le regard que l’on porte. La Miséricorde, elle, provient du regard de l’autre qui se donne, nous donne à vivre, nous sauve. Se laisser regarder, se laisser contempler dans sa pauvreté, sa vulnérabilité et son impuissance. Le regard miséricordieux de l’(A)autre, c’est celui du Christ qui dépose au plus intime de notre être le rêve de Dieu. Notre mangeoire intérieure berce le désir et la soif de Dieu, porte ses entrailles à partir desquelles nous re-suscitons l’amour jour après jour, dans chacune de nos relations. Vivre à partir de mon identité filiale, à partir du don de Dieu que j’incarne dans son regard amoureux, transforme mon propre regard. Mes yeux écoutent, mes yeux touchent et fouillent, avec l’assurance d’une espérance qui ne m’appartient pas, les espaces infinis en cet autre. Cet autre qui me violente en couple, crache la haine armée, pervertit derrière un avatar. Mes yeux ne jugent plus, ils espèrent. Ils espèrent voir, caché quelque part en cet autre, l’enfant endormi dans son dénuement. Cet enfant qui daignerait ouvrir les yeux, me regarder, sourire comme Dieu, et me sauver. Dans cette re-co-naissance mutuelle de notre fonds d’humanité partagée, derrière les écrans, les idées et le construit, c’est ce regard d’espérance et de miséricorde qui opère le miracle, où le tragique cède le pas à la bénédiction, où l’amour est le seul regard reçu et posé sur les enfants et les mangeoires.
Dans ce regard, l’inconnu et la peur se présentent avec une belle part à offrir. Les promesses fleurissent en plein désert, ainsi va la mécanique mystérieuse du Royaume. La paix ne sera enfantée qu’à travers nos regards et non pas dans les traités et les applications. L’immensité du rêve de Dieu ne peut être contenue dans nos seules aspirations et Sa guérison est trop grande pour ne répondre qu’aux appétits des enfants malades. Dieu rêve de l’éveil de l’humanité dans sa splendeur toute divine, seul son regard de tendresse et de miséricorde nous réveillera, resuscitera son Amour. Ainsi, lorsque nous nous laisserons contempler par lui, nous nous regarderons enfin comme frères et sœurs.
By Centre Le PèlerinEn ce 11 septembre, la Parole de ce matin est particulièrement incisive : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous maudissent…
L’ennemi, au cœur de nos vies, se présente sous mille et un visages, pas toujours humains : violence familiale, maladie dégénérative, injustice grave, addiction, terrorisme, abus spirituel, intelligence artificielle perverse. J’en étais à cette réflexion lorsque les images du 11 septembre se croisaient avec celle de Ani, l’intelligence artificielle personnifiée et pornographique, issue du délire de Elon Musk. Un personnage animé aux allures pornographiques destinée à répondre aux questions du grand public, visant surtout les jeunes. Les images des enfants meurtris de Gaza et les ruines de la jadis resplendissante Kyev ont pris le triste relais.
Les tours se sont effondrées, les guerres s’acharnent, Ani la soubrette répond lascivement. Il fut un temps où l’ennemi, le monstrueux, était connu, identifié. Il pouvait alors être réhumanisé à coups de pardons et à grand renfort de prières. Il fut un temps où l’humanité de l’ennemi dépassait du jupon du monstrueux. Mais qu’est-ce que l’ennemi aujourd’hui ? Lorsqu’il est haine idéologique collectivement partagée, lorsqu’il est l’inouï d’une violence technologique socialement banalisée ? Aimer ? Comment et quoi puis-je aimer ?
L’image messianique de l’enfant emmailloté dans la mangeoire persiste, avec sa pauvreté, sa vulnérabilité et son impuissance. La naissance de l’Amour, le pas-encore et le déjà-là. L’ennemi n’existe que dans le regard que l’on porte. La Miséricorde, elle, provient du regard de l’autre qui se donne, nous donne à vivre, nous sauve. Se laisser regarder, se laisser contempler dans sa pauvreté, sa vulnérabilité et son impuissance. Le regard miséricordieux de l’(A)autre, c’est celui du Christ qui dépose au plus intime de notre être le rêve de Dieu. Notre mangeoire intérieure berce le désir et la soif de Dieu, porte ses entrailles à partir desquelles nous re-suscitons l’amour jour après jour, dans chacune de nos relations. Vivre à partir de mon identité filiale, à partir du don de Dieu que j’incarne dans son regard amoureux, transforme mon propre regard. Mes yeux écoutent, mes yeux touchent et fouillent, avec l’assurance d’une espérance qui ne m’appartient pas, les espaces infinis en cet autre. Cet autre qui me violente en couple, crache la haine armée, pervertit derrière un avatar. Mes yeux ne jugent plus, ils espèrent. Ils espèrent voir, caché quelque part en cet autre, l’enfant endormi dans son dénuement. Cet enfant qui daignerait ouvrir les yeux, me regarder, sourire comme Dieu, et me sauver. Dans cette re-co-naissance mutuelle de notre fonds d’humanité partagée, derrière les écrans, les idées et le construit, c’est ce regard d’espérance et de miséricorde qui opère le miracle, où le tragique cède le pas à la bénédiction, où l’amour est le seul regard reçu et posé sur les enfants et les mangeoires.
Dans ce regard, l’inconnu et la peur se présentent avec une belle part à offrir. Les promesses fleurissent en plein désert, ainsi va la mécanique mystérieuse du Royaume. La paix ne sera enfantée qu’à travers nos regards et non pas dans les traités et les applications. L’immensité du rêve de Dieu ne peut être contenue dans nos seules aspirations et Sa guérison est trop grande pour ne répondre qu’aux appétits des enfants malades. Dieu rêve de l’éveil de l’humanité dans sa splendeur toute divine, seul son regard de tendresse et de miséricorde nous réveillera, resuscitera son Amour. Ainsi, lorsque nous nous laisserons contempler par lui, nous nous regarderons enfin comme frères et sœurs.