Aujourd'hui l'économie

Le retour du protectionnisme en 2017?


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L’élection de Donald Trump aux Etats-Unis pourrait marquer le retour en force du protectionnisme.
Tout au long de sa campagne, le candidat républicain a promis de protéger les Américains de la mondialisation. Une volonté qu'il a résumée par un slogan : « America First ». C'est pour cela qu'il s'est engagé à limiter les importations chinoises et mexicaines, en rétablissant, entre autres, des droits de douane allant jusqu'à 45%. Une promesse à l'intention de la classe moyenne et des catégories populaires qui s'estiment victimes du libre-échange. Ces importations ont détruit des emplois aux Etats-Unis mais elles ont aussi fait baisser les prix et ont, donc, augmenté le pouvoir d'achat des Américains.
Quitter l’OMC ?
Pour pouvoir taxer les produits en provenance de Chine ou du Mexique, les Etats-Unis devront quitter l'Organisation mondiale du commerce. « C'est un désastre », a déclaré Donald Trump à propos de l'OMC, en juillet dernier, sur NBC. Il a expliqué vouloir renégocier les règles, voire carrément quitter l'organisation. Idem pour l'ALENA, l'Accord de libre-échange nord-américain, le TPP, l'accord Trans-Pacifique, et le TTIP, le Traité de libre-échange Transatlantique qu'il ne signera pas.
Des déclarations fracassantes difficiles à mettre en œuvre
Donald Trump devrait être confronté au principe de réalité assez vite. L'économie américaine est interdépendante. Par exemple, les iPhone sont fabriqués en Chine. Déclencher une guerre commerciale avec ce pays serait donc très risqué. De plus, certains secteurs de l'économie américaine, comme l'agriculture ou les exportations, bénéficient des règles de l'OMC. La Chine est le deuxième marché des Etats-Unis, et le Mexique, le troisième. A eux deux, ils absorbent près d'un quart des exportations américaines. Or si les Etats-Unis ferment leurs frontières, ces pays ne manqueront pas de prendre des mesures de rétorsion.
Autre problème pour Donald Trump, toute renégociation d'accords commerciaux doit être approuvée par le Congrès. Celui-ci est républicain, certes, mais tous les républicains ne sont pas des protectionnistes convaincus.
En attendant, la rhétorique isolationniste de Donald Trump suscite de véritables inquiétudes. Si les Etats-Unis adoptent des mesures protectionnistes, même limitées, le commerce mondial, déjà plutôt faible, pourrait continuer à s'effondrer, a mis en garde Vitor Constancio, l'un des six membres du directoire de la Banque centrale européenne, après l'élection américaine.
La tentation protectionniste progresse en Europe
Hillary Clinton aussi a tenu des discours teintés de protectionnisme durant la campagne. Le Brexit traduit également un retour en grâce du nationalisme économique. Au-delà, le scepticisme face aux bienfaits du libre-échange a gagné toute l'Europe. L'idée qu'il faut défendre les intérêts nationaux progresse un peu partout.
On ne devrait toutefois pas assister à un véritable retour au protectionnisme en 2017. Tous ceux qui l'ont fait en sont revenus. Mais c'est sans doute la fin de l'âge d'or du libre-échange.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI