Sans déconner ?!

Le secret d'Abraham Lincoln au Mont Rushmore


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En 1923, au cœur des Grandes Plaines américaines, un homme se met à rêver de pierre et d’éternité. Doane Robinson, alors responsable de la Société historique du Dakota du Sud, imagine un monument colossal, sculpté à même la roche, capable d’attirer les visiteurs dans cet État encore largement ignoré des circuits touristiques. Son idée est simple et ambitieuse : inscrire l’histoire dans la montagne.


Il finit par convaincre le sénateur Peter Norbeck, qui se met en quête d’un artiste à la hauteur du projet. Cet artiste, c’est Gutzon Borglum. Un sculpteur reconnu, prolifique, mais aussi profondément controversé. Borglum accepte le chantier, à une condition majeure : il ne veut pas de héros locaux. À la place, il propose de graver dans la montagne les visages de présidents des États-Unis, censés incarner les grandes étapes de l’histoire nationale. Le tout sur des terres considérées comme sacrées par les peuples autochtones. La décision fait déjà débat.


Le choix des visages ne surprend guère Borglum. George Washington s’impose comme le père fondateur. Abraham Lincoln incarne l’unité préservée au prix de la guerre civile. Thomas Jefferson symbolise l’expansion du pays, tandis que Theodore Roosevelt représente son affirmation comme puissance moderne, notamment à travers le canal de Panama.


Le chantier débute le 4 octobre 1927. Il durera quatorze ans. Le projet, pourtant, ne cesse d’évoluer. Borglum avait d’abord prévu une immense inscription retraçant neuf événements majeurs de l’histoire américaine. L’idée est abandonnée : le texte serait illisible à distance et l’espace est finalement requis pour le visage de Lincoln. Le sculpteur imagine alors un autre symbole : une salle secrète creusée dans la montagne, dissimulée derrière la tête du président. Il l’appelle le Hall of Records.

Dans cette chambre monumentale, accessible par un escalier, Borglum rêve d’abriter les fondements de la nation : la Constitution, la Déclaration d’indépendance, et les grandes réalisations américaines en sciences et en arts. Les travaux commencent en 1938. Mais le Congrès refuse de financer ce projet jugé secondaire. Borglum est sommé de se concentrer sur les sculptures.


Il faut attendre 1998 pour que le Hall of Records reçoive enfin un contenu. Un coffre en teck, enfermé dans un écrin de titane et scellé sous une dalle de granit, est installé dans la cavité. À l’intérieur, des documents et un message laissé par Borglum lui-même, destiné à ceux qui, dans des milliers d’années, s’interrogeront sur ces visages gravés dans la roche du mont Mount Rushmore

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Sans déconner ?!By Sans déconner