Un mois après la nomination de Michel Barnier à Matignon, le projet de loi de finances (PLF) 2025, qui prévoit 60 milliards d'euros d'économies et de hausses d'impôts, est présenté ce jeudi en conseil des ministres dans un climat politique incertain. "Ce n'est pas un budget d'austérité", répètent en choeur les ministres de l'Economie, Antoine Armand, et des Comptes Publics, Laurent Saint-Martin, à propos d'un texte conçu pour taxer les Français les plus fortunés et les grandes entreprises. Une rupture avec la ligne suivie depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Elysée qui fait grincer le camp présidentiel, fragile partenaire au sein d'un gouvernement dirigé par un Premier ministre issu des rangs des Républicains. Entre la pression des marchés, qui surveillent une France surendettée dont le déficit public atteindra 6,1% du produit intérieur brut (PIB) cette année, et celle du Rassemblement national en mesure de la faire tomber, l'équipe au pouvoir a une marge de manoeuvre très étroite. "Ce sera un budget difficile, sérieux et responsable", répète Michel Barnier, qui a survécu mardi à une première motion de censure des députés de gauche, que le RN n'a pas votée. Objectif du PLF : ramener à 5% le déficit public en 2025, puis à 3% d'ici 2029 conformément aux exigences de Bruxelles. Sur les 60 milliards à trouver, 40 milliards proviendraient de réductions des dépenses publiques et 20 milliards de hausses d'impôts. Un effort conséquent qui s'ajoute aux 10 milliards d'économies décidées par le gouvernement précédent. Parmi les pistes figurent le report de janvier à juillet 2025 de l'indexation des retraites, source d'environ quatre milliards d'économies, la fusion de certains services publics et une baisse du nombre de fonctionnaires. L'idée d'augmenter les taxes sur l'électricité - en partie compensée par un recul des prix de l'énergie sur les marchés - est aussi sur la table. Côté fiscalité, 65.000 foyers aisés seraient imposés à hauteur de deux milliards d'euros supplémentaires, a précisé Michel Barnier, qui a aussi évoqué quelque 300 entreprises mises à contribution pendant un an ou deux. "PAS ASSEZ DE RÉFORMES ET TROP D'IMPÔTS", JUGE ATTAL. Opposée à toute hausse d'impôt, l'ancienne majorité a lancé d'autres idées à l'instar de l'ex-Premier ministre Gabriel Attal, qui a suggéré à son successeur de signer le décret réformant l'assurance chômage préparé par ses soins. "Le gouvernement pourra compter évidemment sur notre soutien dans la tempête", a déclaré mercredi devant la presse celui qui dirige désormais le groupe Ensemble pour la République au Palais-Bourbon. "Nous avons en revanche des divergences sur quelques moyens. La crainte, c'est que le budget n'intègre pas assez de réformes et trop d'impôts".
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