L’échappée

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L’échappée episodes

  • Les combats de Giovanna Rincon, héroïne trans

    Activiste de la santé publique, Giovanna Rincon se bat pour les droits des personnes trans mais aussi des personnes séropositives et travailleuses du sexe. Elle nous raconte son chemin de vie et de liberté.

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    1 hr 10 min
  • Orwell, c’est aujourd’hui, par Raoul Peck

    Et si la vérité disparaissait, assassinée sous nos yeux ? C’est le propos de « Orwell : 2 + 2 = 5 », le nouveau film de Raoul Peck, qui dit l’actualité brûlante de l’auteur de « 1984 ». Son réalisateur est notre invité.

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    1 hr 9 min
  • L’optimisme combatif de Christiane Taubira

    Il y a vingt-cinq ans, la loi affirmant que la traite et l’esclavage constituent un crime contre l’humanité était votée à l’unanimité. Christiane Taubira, son initiatrice, est l’invitée de « L’échappée ».

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    1 hr 17 min
  • L’histoire serviable de Patrick Boucheron

    Avec « Peste noire », le professeur au Collège de France enquête sur la pandémie qui, au XIVe siècle, tua en cinq années plus de 60 % de la population européenne. Un monument d’histoire totale qui nous parle au présent.

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    1 hr 18 min
  • L’aventure lumineuse de Felwine Sarr

    Figure intellectuelle du continent africain, l’universitaire et écrivain sénégalais refuse que les ombres gagnent. Depuis la Cité internationale des arts à Paris, voici son message d’espérance.

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    1 hr 10 min
  • L’enquête libératrice d’Adèle Yon

    Premier livre d’Adèle Yon, « Mon vrai nom est Élisabeth » est le phénomène littéraire de 2025. Aussi maîtrisée que bouleversante, cette enquête sur un secret de famille nous concerne toutes et tous. Rencontre avec son autrice.

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    1 hr 1 min
  • Pierre Charbonnier : « Faire coalition pour le climat »

    Alors que s’ouvre la COP30 au Brésil et dix ans après l’accord de Paris, le philosophe Pierre Charbonnier imagine une stratégie pour former une coalition majoritaire face à la « coalition fossile ».

    « Au XXIe siècle, toute politique est une politique climatique car l’ordre économique, géopolitique et démocratique tient à la réponse qui sera apportée à l’épuisement du modèle de développement fossile encore largement prédominant » : ainsi s’ouvre le nouveau livre de Pierre Charbonnier, La Coalition climat (Seuil).

    Après Abondance et liberté, histoire environnementale des idées politiques, et Vers l’écologie de guerre, histoire environnementale de la paix, tous deux aux éditions La Découverte, le philosophe s’est attaché à proposer une stratégie pragmatique et réaliste qui puisse renverser un rapport de force toujours défavorable face à ce qu’il nomme la « coalition fossile ». Une alliance qu’incarnent aussi bien Donald Trump que Vladimir Poutine.

    « Il manque à l’âge climatique, écrit Pierre Charbonnier, une théorie du changement suffisamment englobante ainsi qu’une désignation sociologique des moteurs de ce changement, et ce livre voudrait contribuer à sa formation. »

    Prolongé par quatre rebonds, aussi bien d’activistes écologistes que de hauts fonctionnaires, cet essai, ainsi soumis à la discussion collective, tente de « combler l’écart gigantesque qui persiste entre l’ampleur de l’enjeu objectif que représentent les politiques climatiques et la relative étroitesse de la niche politique dans laquelle sont confinés ces acteurs ». 

    Cette démarche s’inscrit dans le sillage de l’œuvre pionnière de Bruno Latour (1947-2022), dont Pierre Charbonnier revendique l’héritage. Dans Où atterrir ?, paru en 2017 et sous-titré « Comment s’orienter en politique », le sociologue faisait ce constat aussi lucide qu’alarmant : « Depuis les années 1980, les classes dirigeantes ne prétendent plus diriger mais se mettre à l’abri hors du monde. De cette fuite, dont Donald Trump n’est que le symbole parmi d’autres, nous subissons tous les conséquences, rendus fous par l’absence d’un monde commun à partager. L’hypothèse est que l’on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l’on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. »

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    1 hr 9 min
  • Olivier Mannoni : « Le fascisme commence par le langage »

    Traducteur de l’allemand, Olivier Mannoni interroge, à partir du laboratoire nazi, la brutalisation de la langue qui accompagne les fascismes. Il nous explique comment Trump parle comme Hitler, et Poutine comme un gangster.

    Olivier Mannoni a vécu près de dix ans avec les mots d’Adolf Hitler, en étant chargé d’une retraduction de Mein Kampf dans le cadre d’une édition critique, Historiciser le mal, dirigée par l’historien Florent Brayard, parue en 2021. Traducteur réputé, fondateur de l’École de traduction littéraire, il n’est pas sorti indemne de cette fréquentation, alors même qu’il avait déjà souvent traduit des textes sur le IIIe Reich. C’est que ces mots d’hier, il les entendait aujourd’hui.

    « Nous assistons à la remontée des égouts de l’histoire. Et nous nous y accoutumons », écrit-il dans Traduire Hitler, paru en 2022, suivi en 2024 de Coulée brune, qui s’attache à montrer « comment le fascisme inonde notre langue ». « Parce qu’il permet le dialogue et la prise de décision commune, le langage est la force de la démocratie, écrit-il. Que ce langage soit perverti, et c’est la démocratie elle-même qui se distord, s’atrophie et perd sa raison d’être. »

    Durant cette « échappée », Olivier Mannoni nous explique ainsi comment Donald Trump et son entourage parlent comme Adolf Hitler et les propagandistes nazis. Cette « langue du même et de la racine » s’accompagne de mécanismes langagiers que partagent les médias de la haine : simplification outrancière de la réalité, petites phrases comme autant d’uppercuts, vérités alternatives dans une inversion systématique du sens.

    Cette brutalisation va de pair avec une transgression permanente dont le charlatanisme assumé et la grossièreté illimitée sont autant d’armes langagières pour faire taire les opposant·es, les paralyser et les stupéfier. Cette nouvelle langue des fascismes est aussi un « parler pègre » dont Vladimir Poutine est coutumier, évoqué par le récent essai de la philologue Barbara Cassin La Guerre des mots. 

    « On prend tout ça pour de la frime, on ne prend rien au sérieux et on sera bien étonnés le jour où ce théâtre sera devenu une sanglante réalité » : cette conversation avec Olivier Mannoni actualise l’ancienne mise en garde de Victor Klemperer, célèbre auteur de LTI, la langue du IIIe Reich. Lequel ajoutait ceci : « Les mots peuvent être comme de minuscules doses d’arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu’après quelque temps, l’effet toxique se fait sentir. »

    Face à cette extrême droite pour laquelle les mots sont des armes, nous devons mener cette bataille du langage. Telle est l’alerte d’Olivier Mannoni, qui écrit dans Coulée brune : « Nous sommes à ce carrefour. Si nous prenons le mauvais chemin, le pire est assuré et la novlangue d’Orwell ne sera qu’une plaisanterie par rapport à ce que nous devrons subir. »

    • Retrouvez tous les numéros de « L’échappée » sur Mediapart. 

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    1 hr 7 min
  • Dominique Garcia : « Les hommes n’ont pas besoin de racines mais de repères »

    A quoi sert l’archéologie ? Pourquoi dérange-t-elle nos politiques au point que l’actuelle ministre de la culture s’en est prise aux chantiers d’archéologie préventive ? Après Jean-Paul Demoule et Alain Schnapp, nos deux précédents invités, c’est au tour de Dominique Garcia de nous éclairer, au terme de cette série d’émissions spéciales de « L’échappée ». Historien et archéologue comme ses collègues, spécialiste de la Gaule et de l’Antiquité gréco-romaine, ce professeur à l’université d’Aix-Marseille préside depuis 2014 l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

    Détaillant les avancées récentes de cette discipline avec de nombreux exemples, il montre combien, loin d’être une activité uniquement d’érudition, elle est au cœur de la vie de la cité, aussi bien économique (l’aménagement du territoire) que politique (l’histoire dont le sol témoigne). « Je ne fais pas de l’archéologie pour donner des racines. On donne des racines à des légumes. Les hommes n’ont pas besoin de racines, ils ont besoin de repères », explique Dominique Garcia, en revenant sur son propre itinéraire de jeune Languedocien aux origines espagnoles, découvrant combien le présent est tissé d’héritages multiples, imbriqués, entremêlés et connectés.

    Dans cet entretien, il nous fait découvrir la vitalité de recherches archéologiques qui mettent au jour une France sans cesse en mouvement, brassée par les migrations, enrichie de multiples rencontres. Les « archives du sol » que fait émerger l’archéologie, ce « laboratoire à ciel ouvert », contredisent ainsi tout récit identitaire figé, imposé et raciné. Elles sont aussi riches d’enseignements sur des défis immédiats, comme le changement climatique ou les risques pandémiques.

    Ouvrage sans équivalent qu’il a coordonné avec Jean-Paul Demoule et Alain Schnapp, Une histoire des civilisations (2021) est le récit de cette histoire plurielle, avec soixante-et-onze contributions de spécialistes mondiaux qui racontent « comment l’archéologie bouleverse nos connaissances ». C’est aussi le cas, à l’échelle du seul territoire national, de deux autres sommes collectives que Dominique Garcia a dirigées, nourries des plus récentes découvertes : un Atlas archéologique de la France (2023) et La Fabrique de la France (2021), qui rend compte de vingt ans d’archéologie préventive. On lui doit aussi, avec le démographe Hervé Le Bras, la coordination d’une remarquable Archéologie des migrations (2017).

    N’hésitez pas à prolonger par ces lectures le visionnage de cette série. Et à soutenir les archéologues dans leur défense d’une discipline attaquée par le court-termisme de politiques dont l’immédiateté est une irresponsabilité, tant leur idéologie de rentabilité économique ouvre la voie à la destruction sans retour de richesses infinies.

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    1 hr 1 min

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