Chères Erreurs

L'empathie en coaching, c'est du maquillage


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Dans cet épisode de Chères Erreurs, je reçois Ferran Jover. Catalan de naissance, Ferran a traversé de nombreux univers professionnels, de la mode au coaching en passant par la facilitation, la formation et le conseil. Mais ce qui le définit avant tout, c'est une passion pour le détail, la nuance, la cohérence — et une exigence rare dans la façon de penser sa pratique. Une exigence qui l'a conduit, au fil des années, à remettre en cause à peu près tout ce que le coaching mainstream considère comme acquis.

 

Le point de départ de l'échange : la chronique numéro 23 de Chères Erreurs :  J'ai trop écouté mon client. J'y raconte l'histoire de Loïc, fonctionnaire pris en étau entre deux vies, deux villes, deux femmes — un homme incapable de choisir, que j'ai accompagné pendant des séances entières... sans jamais l'aider à avancer. Trop d'écoute, trop d'empathie, pas assez d'intervention. Un coaching objectivement raté, dont Ferran s'est emparé pour développer une réflexion qui dérange.

  • L'empathie en coaching ? Ça fait joli. Mais il ne faut pas l'utiliser.

C'est la thèse centrale de Ferran — et elle a de quoi faire bondir. Dans le monde du coaching, l'empathie c'est sacré. Ferran, lui, la considère comme un maquillage. Pas parce qu'il ne ressent rien — au contraire, il est une éponge. Mais précisément parce qu'il ressent, il choisit de tout mettre entre parenthèses pendant la séance : émotions, intuitions, interprétations, solutions. Les utiliser, ce serait orienter le client avec sa propre vision du monde. Ce serait parasiter le seul travail qui compte : que le client se comprenne lui-même. L'empathie mal utilisée, dit-il, est une forme d'intervention déguisée — confortable pour le coach, nuisible pour le processus.

  • Les questions ? La compétence la moins importante du coach.

Deuxième uppercut. Alors que les formations en coaching placent l'art de questionner au cœur de la pratique, Ferran le relègue en bas de la liste. Ce qui compte d'abord, c'est la restitution littérale des mots du client — pas de reformulation, pas d'interprétation. Chaque mot porte un vécu que le coach n'a pas le droit de remplacer par le sien. C'est ce qu'il appelle l'écoute phénoménologique — une approche qu'il a construite après des années à étudier des thèses doctorales sur le coaching, loin des sentiers battus.

  • Le cadre n'est pas un préalable administratif. C'est l'œuvre elle-même.

Il va encore plus loin : avant même de démarrer un coaching, il consacre deux séances entières à définir avec le client ce que le coaching peut — et ne peut pas — lui apporter.

 

Pour illustrer cette quête d'essence et de rigueur, Ferran évoque une exposition d'art minimaliste visitée à la Bourse du Travail à Paris. Pas de maquillage, pas de fioritures. Chercher la pureté des choses. C'est exactement ce qu'il tente de faire en coaching — et ce qui rend cet épisode aussi stimulant pour ceux qui partagent ses convictions que pour ceux qu'elles font tiquer.

 

Cet épisode est fait pour les coachs — et pour toutes celles et ceux qui se posent la question de la juste place de l'empathie dans leur vie professionnelle.

 

Retrouvez Ferran sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/ferran-jover/ 

Visitez son site Voilà voilà coaching : https://voilavoilacoaching.fr

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Chères ErreursBy Cécile Guinnebault