Dans cet épisode de Chères Erreurs, je reçois Oriane Giniès, multi-entrepreneuse, cofondatrice de Houjo, la plateforme juridique pour les coachs et les professions de l'accompagnement, coach professionnelle spécialisée dans l'accompagnement des avocates et juristes en crise identitaire, et professeure de yoga. Son super-pouvoir : une énergie débordante, et une capacité à lire le potentiel des gens qu'elle accompagne avant même qu'ils le voient eux-mêmes.
Le point de départ : la chronique numéro 4 de Chères Erreurs, J'ai accepté trop vite de travailler gratuitement. J'y raconte l'histoire de Chloé, que j'ai coachée gratuitement alors qu'elle avait plus que les moyens de se payer un coaching. Elle m'a appris une leçon définitive : ce qui ne coûte rien n'a pas de valeur.
Oriane, elle, a transformé sa relation à l'argent quand elle est devenue coach. Ce qu'elle en dit est précieux et souvent inconfortable.
- Ce qui ne coûte rien n'a pas de valeur : ni pour le client, ni pour le coach.
Oriane l'a vécu comme moi : ne pas facturer ses premiers clients, ou les facturer très peu, peut fonctionner quand la personne est engagée. Dans d'autres cas, c'est se brader en pensant que ça ouvrira des opportunités... et ça ne les ouvre pas. Et quand on a tout donné sans contrepartie, la frustration et la colère contre soi-même ne tardent pas.
- Prix et valeur sont intimement liés.
Quand le prix est trop bas, ça envoie un signal de valeur basse : au client, mais aussi à soi-même. Un client fortuné à qui on propose un tarif trop bas peut soit douter de la qualité de l'accompagnement, soit trouver le prix élevé quand même et demander un paiement en plusieurs fois. Dans les deux cas, ce n'est bon ni pour le client ni pour le coach.
- Se brader, c'est souvent une question d'identité.
Fixer ses prix trop bas quand on débute vient souvent d'un manque de légitimité : on se voit comme un "baby coach" et on oublie que toute l'expérience professionnelle passée est amenée sur un plateau au client. Travailler son prix, c'est aussi travailler sa posture et sa croyance dans la qualité de ce qu'on apporte.
- Sortir de la cage dorée, c'est d'abord perdre un statut.
Oriane est passée d'un poste de conseillère juridique ministérielle au Moyen-Orient à 15 k€ par mois à indépendante vivant au-dessus de chez ses parents avec 1250€ / mois. Avant de gagner un nouveau statut, il y a une phase longue et souvent douloureuse de reconstruction identitaire et financière. Ce chemin prend du temps, et il faut l'accepter.
- Réunifier ses deux identités professionnelles est le meilleur levier d'acquisition.
Cesser de cloisonner la vie professionnelle passée et la nouvelle vie de coach, faire la paix avec ce qu'on a quitté, et en faire un levier dans sa nouvelle pratique : c'est ce qu'Oriane identifie comme la deuxième bascule décisive de son parcours. Quand on a réunifié ces deux identités, on sait qui on est, pour qui on travaille et ce qu'on vaut.
- Se rémunérer correctement pour ne pas dévaluer le métier.
Se rémunérer de façon juste, même si on ne facture pas tout de suite, c'est aussi une façon de ne pas dévaluer le métier de coaching dans son ensemble.
Pour clore cette conversation sur le rapport des coachs à l'argent, Oriane chante un mantra dédié à Ganesha, le dieu à tête d'éléphant qui prône la sagesse et la prospérité, et qui aide à traverser les transitions de vie en douceur. Un moment rare dans le podcast.
Un épisode pour tous les coachs qui ont du mal à (se) parler d'argent.
Retrouvez Oriane Giniès sur LinkedIn :https://www.linkedin.com/in/oriane-ginies-ph-d-87a65451/
Visitez le site de Coach Origin, le site de coaching d'Oriane : https://www.coachorigin.com
Visitez Houjo, la plateforme juridique des coachs et pros du bien-être : https://houjo.fr