Iñaki de Rezola est dirigeant dans l'industrie pharmaceutique où il a fait toute sa carrière. Après plus de 20 ans chez Novartis, il démarre une nouvelle aventure au sein du laboratoire Curium, où il dirige les équipe Marketing, Accès au marché et Médical.
La chronique n°39 de Chères Erreurs, J'ai réagi trop vite à une nouvelle, a fait écho à des échanges qu'Iñaki et moi avions eus et il a accepté avec sa gentillesse habituelle de venir témoigner à mon micro.
Le témoignage d'Iñaki est exceptionnel : un dirigeant français qui parle ouvertement d'une de ses erreurs et de ce qu'il en a appris, c'est rare. Très rare. Et un dirigeant qui met des comportements concrets derrière le mot "authenticité", c'est également très précieux tant ce mot est galvaudé.
À travers le récit d'un souvenir, Iñaki raconte une situation managériale délicate : un collaborateur en détresse, une réaction émotionnelle intense et challengée par un collègue… qui lui a fait prendre conscience qu’il n’avait qu’une version de l’histoire.
Cette expérience l’a profondément marqué et a amené Iñaki à s'interroger sur ce qu'il mettait concrètement derrière des mots comme authenticité, émotivité et transparence dans son rôle de leader.
1) L’émotion est un signal, pas une injonction à l'action.
Les émotions sont précieuses : elles alertent, orientent, révèlent nos valeurs.
Mais elles doivent être accueillies… puis mises à distance avant toute décision.
2) Chercher la “full picture”.
En leadership, il n’existe jamais une seule vérité.
Multiplier les points de vue, croiser les perceptions, investiguer avant d’agir : c’est une discipline essentielle.
3) Authenticité ≠ spontanéité débridée.
Être authentique ne signifie pas tout dire, tout de suite, sans filtre.
Cela suppose au contraire un travail de régulation émotionnelle et de discernement.
4) Authenticité ≠ transparence totale.
Un dirigeant doit parfois garder des informations confidentielles.
Le parti-pris d'Iñaki : nommer ce qui ne peut pas être partagé, pour préserver la confiance sans trahir ses responsabilités.
5) Le leadership est une recherche permanente d’équilibre, qui doit être ajustée à chaque nouveau contexte.
Entre sensibilité et rationalité.
Entre proximité humaine et responsabilité décisionnelle.
Entre alignement personnel et contraintes organisationnelles.
6) L’alignement avec soi-même est un levier de performance.
Quand un leader est clair sur ses valeurs et son identité, il crée du sens, de la confiance et de l’engagement durable.
Ces enseignements sont le fruit d'un travail d'introspection exigeant, et possèdent cette qualité de vécu qui ne se trouve dans aucun livre sur le leadership authentique.
À la fin de l’épisode, Iñaki évoque 4 tableaux de François Boucher (1703-1770), exposés à la Frick Collection à New York, qui lui évoquent la nécessité d'adapter son comportement quand le contexte change :
https://collections.frick.org/objects/56/the-four-seasons-spring?ctx=d206c4c8084c1a426c531fec944f619bcf2b218d&idx=8
https://collections.frick.org/objects/57/the-four-seasons-summer
https://collections.frick.org/objects/55/the-four-seasons-autumn
https://collections.frick.org/objects/58/the-four-seasons-winter
Retrouvez Iñaki de Rezola sur LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/iñaki-de-rezola/