Chères Erreurs

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Chères Erreurs episodes

  • Savoir dire "Je ne sais pas"

    Frédéric Carbonne est journaliste à Radio France depuis 35 ans. Il est passé par France Culture, France Musique et France Inter, puis par France Info depuis une vingtaine d’années, avec une parenthèse comme correspondant permanent aux États-Unis de 2013 à 2017. Il présente aujourd’hui la tranche d’information 14-17h du week-end sur France Info, où il tient aussi un rendez-vous culturel consacré aux livres.

    Dans cet épisode, il partage trois erreurs qui ont fait de lui le professionnel chevronné qu’il est aujourd’hui, plus une quatrième, offerte en bonus.

    1. L’erreur fondatrice
      Janvier 1991, premier contrat à France Culture, premier matin de la guerre du Golfe… et le réveil qui ne sonne pas. Son directeur de rédaction lui fait passer le pire quart d’heure de sa vie, puis ne lui en reparle plus jamais. Une leçon de management qu’il a gardée : faire prendre conscience, puis faire confiance à l’intelligence de l’autre.
    2. Arrêter de penser que l'impossible est impossible
      Correspondant aux États-Unis en 2016, il voit les meetings de Trump déborder d’énergie, mais le bruit ambiant répète que son élection est impossible. Les signaux faibles clignotaient pourtant très fort. Sa leçon : savoir lever la tête, se mettre en retrait, parfois « jeûner d’information ».
    3.  Préparer, c’est bien. Écouter, c’est mieux.
      Le piège du bon élève : vouloir être adoubé par l’expert qu’on interroge. Or la légitimité ne vient pas du savoir, elle vient de la fonction d’intermédiaire. Et c’est l’écoute qui permet de sortir du prévu.
    4. Ne jamais prendre les gens de haut
      Avec les Gilets jaunes, comme dans tous les mouvements sociaux : Frédéric distingue empathie et sympathie. Comprendre n’est pas approuver. Le défi quotidien consiste à parler aux puissants comme aux plus fragiles à la même hauteur.

    La leçon commune de toutes ces réflexion : savoir dire « je ne sais pas » est une grande qualité.
    Quand on est censé faire partie des « sachants », avouer qu’on ne sait pas donne l’impression d’être pris en faute. Pourtant, le métier consiste d’abord à poser les bonnes questions, pas à détenir toutes les réponses.
     

    Référence culturelle
    C’était ça ou mourir, Thélyson Orélien, Grasset, 2026 : le roman de la rentrée dont Frédéric a parlé à l’antenne, depuis visé par des soupçons d’écriture par IA que l’auteur conteste. Pour Frédéric, c’est l’occasion de réfléchir au contrat de confiance avec le lecteur, sans tomber dans la paranoïa.

     

    Retrouvez Frédéric Carbonne le samedi et le dimanche de 14 à 17h sur France Info.
     

    32 min
  • Créativité et résilience : sculpter ce qui se brise

    Julie Espiau est artiste plasticienne, installée dans les Landes, entre forêt et océan. Elle sculpte des corps de femme semi-abstraits dans l'argile, grave sur papier végétal fabriqué à la main, peint et écrit de la poésie. Après un grave accident en 2006 qui l'a immobilisée pendant plus d'une décennie, elle a fait de la création un outil de résilience avant de se lancer professionnellement comme artiste en 2018. Elle anime aujourd'hui des retraites et ateliers immersifs dans la nature, pensés pour libérer la créativité de celles et ceux qui pensent n'en avoir aucune.

    Pour ce deuxième épisode de la saison 2 de Chères Erreurs, Julie partage trois erreurs de matière, de geste et de conception qui ont façonné son travail.

    1) La matière ne fait pas ce qu'on veut, mais elle ouvre d'autres portes
    Un test de linogravure mal nettoyé produit accidentellement une mosaïque de bleus qu'elle n'a jamais réussi à reproduire. Leçon retenue : ne pas chercher à recréer l'accident, mais exploiter l'idée qu'il ouvre.

    2) Un geste malheureux peut révéler l'œuvre qu'on cherchait
    En tapant involontairement sur une sculpture presque terminée, une partie se casse — et l'œuvre gagne en expressivité. Julie en tire une conviction : la colère est humaine, mais elle n'est jamais le point d'arrivée.

    3) Une erreur de conception ramène à ses fondamentaux
    Une composition en papier végétal s'effondre au séchage. En la repensant, Julie retrouve le principe qui structure toute sa pratique — le jeu entre les pleins (le mouvement) et les vides (les émotions contenues) — qu'elle avait perdu de vue en explorant une matière nouvelle.

    Au fil de la conversation, Julie relie sa pratique artistique à sa résidence de deux mois au centre international de céramique de Shigaraki, au Japon, où elle a découvert le wabi-sabi — la beauté de l'imperfection — et le kintsugi, cet art de réparer les céramiques brisées en sublimant les fissures à l'or plutôt qu'en les cachant. Une philosophie qu'elle résume par un mot japonais devenu son nouveau réflexe face à l'accident : shoganai, « c'est ainsi, j'accepte ».

    Elle referme l'épisode par une anecdote inattendue : le dessin d'enfance qui a scellé sa vocation d'artiste n'a pas été encadré par son père pour sa qualité, mais pour la faute d'orthographe qu'il contenait. Sa vocation artistique est donc née, elle aussi, d'une erreur.

    Un épisode lumineux sur le lien entre créativité et résilience, pour toutes celles et ceux qui pensent que l'erreur est un problème plutôt qu'une matière à exploiter.
     

    Retrouvez Julie Espiau sur son site : https://julieespiau.fr

    Suivez-la sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/julie-espiau/

    23 min
  • Ce qu'il faut rater pour devenir une coach aguerrie

    Belinda Brown est coach exécutive et superviseure de coachs franco-américaine, installée dans le sud-est de la France. Formée au coaching aux États-Unis, elle pratique depuis 2010 et détient la certification MCC (Master Certified Coach) de l'ICF — la plus haute distinction de la fédération, réservée à une infime minorité de coachs dans le monde. Elle est aussi responsable régionale de l'antenne ICF Côte d'Azur.

    Pour ce premier épisode de la saison 2 de Chères Erreurs, exit les chroniques du livre : Belinda raconte directement trois erreurs qui ont construit sa pratique, de sa reconversion jusqu'à aujourd'hui.

    1) La femme-orchestre
    En quittant le monde corporate, Belinda plaque sur son activité solo le modèle des grandes multinationales : marketing, communication, vente, reporting. Résultat : 90 % de son temps passé loin du coaching, et une perte de sens totale.

    2) La voiture-balai
    Pour se reconnecter à son métier, elle bascule dans l'excès inverse : accepter toutes les missions sans distinction — cadre dirigeant, étudiante en médecine, transition de carrière. Un positionnement aussi flou qu'une bouteille de shampoing qui promettrait tout à la fois.

    3) La lettre et l'esprit
    Neuf ans de métier, coach aguerrie : face à un système toxique, elle accompagne son coaché sans jamais interpeller le sponsor. En supervision, elle comprend qu'elle l'a peut-être privé de sa liberté de choisir de faire face plutôt que de partir. La lettre du code de déontologie ne suffit pas ; il faut aussi en habiter l'esprit.

    En creux de ces trois erreurs, une différence culturelle éclairante : Belinda investit depuis quinze ans environ 20 000 € par an dans sa propre pratique (coach personnel, thérapie, supervision), une évidence entrepreneuriale héritée de ses douze années aux États-Unis, à mille lieues de la « peur du manque » qu'elle observe souvent en France.

    Belinda file une image qui résume bien ce cheminement : certains livres se lisent différemment à 7, 20 ou 30 ans. Le code de déontologie de l'ICF, pour elle, c'est ce livre-là.

    Une conversation passionnante sur les excès qui jalonnent une carrière de coach indépendant, et sur ce que la maturité professionnelle exige vraiment : pas de la performance, mais une humilité sans cesse renouvelée.

    Retrouvez Belinda Brown sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/belindamjbrown/
    Visitez son site internet :https://belindamjbrown.com/

    33 min
  • Chères Erreurs Saison 2 | bande annonce

    Dans cette bande-annonce, Cécile Guinnebault ouvre la saison 2 de Chères Erreurs, le podcast qui explore ce que nos erreurs professionnelles ont à nous apprendre.

    Pendant la première saison, chaque épisode partait d'une chronique du livre Chères Erreurs : 40 chroniques pour transformer les boulettes en pépites, que l'invité·e venait faire résonner avec sa propre expérience. Une formule qui a fait ses preuves mais qu'un invité a fini par bousculer en disant : « j'ai fait des erreurs, mais pas celles de ton livre. »

    D'où le changement annoncé dans cette saison 2 : on ne part plus des chroniques du livre. Chaque invité·e vient directement partager 3 erreurs qui l'ont construit·e professionnellement : boulette de débutant·e ou de professionnel·le confirmé·e, à elles et eux de décider.

    Le format, lui, ne change pas : des échanges à deux voix d'une trentaine de minutes, sans notes ni filtre marketing, à la recherche de moments inconfortables plutôt que de success stories bien emballées.

    Ce podcast reste pensé en priorité pour les coachs, dont la formation ne s'arrête jamais à la sortie de l'école, mais s'adresse aussi à tout·e professionnel·le convaincu·e qu'on progresse grâce à ses erreurs et non malgré elles.

    Pour paraphraser Catherine Ringer qui a assumé son parcours comme personne : "je préfère la liberté à la facilité."

    3 min
  • Publier un livre professionnel : ce que personne ne vous dit avant

    Dans cet épisode de Chères Erreurs — le dernier de la saison 1 — je reçois Justine Abécassis, entrepreneuse, ancienne mentore chez Live Mentor et autrice de J'ai testé pour vous l'échec entrepreneurial, publié aux éditions Prochain Chapitre. Son super-pouvoir : la débrouillardise, conscientisée en prépa et rodée dans l'adversité entrepreneuriale.

    Le point de départ : la chronique numéro 8 de Chères Erreurs, J'ai écrit un livre sans stratégie marketing. J'y raconte comment, forte du succès de mon premier livre en 1994,  j'ai publié un deuxième livre vingt ans plus tard en croyant que la recette fonctionnerait à l'identique. Résultat : un flop retentissant.

    Justine a vécu les mêmes illusions, par un chemin différent. Et ce qu'elle en dit est précieux pour quiconque rêve de publier un livre professionnel.

    • Finir le manuscrit n'est pas la fin du travail. C'est le début.
      C'est la première croyance que Justine a vue s'effondrer. Les corrections, qu'elle n'avait pas anticipées, l'ont plongée dans des insomnies et des nuits entières à réécrire. Puis le moment où le fichier part à l'imprimeur, et où l'on continue à vouloir tout changer alors que c'est trop tard.
    • Les lecteurs existent vraiment. Et ça fait peur.
      Justine n'avait pas vraiment intégré qu'il y aurait de vraies personnes pour lire son livre. Quand c'est devenu réel, le syndrome de l'imposteur est arrivé à pleine puissance : est-ce que c'est bien ce que j'ai fait ? Est-ce que plus personne ne voudra travailler avec moi après avoir lu ça ? Les retours positifs sont venus... et l'ont fait pleurer. Mais pas toutes les trois minutes.
    • La promotion d'un livre, c'est un métier à part entière — et ça coûte de l'argent.
      Achat de stock, envois aux influenceurs et aux témoins du livre, sponsorisation sur les réseaux sociaux, photographe et vidéaste pour la soirée de lancement, relations presse : Justine détaille son budget de 3000 euros, ses arbitrages, ses erreurs. Et la réalité que les réseaux sociaux ne font pas vendre un livre à eux seuls.
    • Un livre, c'est du temps long.
      Les articles, les podcasts, les interviews : rien ne se fait dans la première semaine. Et l'attente entre les actions de promotion est particulièrement difficile à vivre quand on a tout misé sur ce projet.
    • Ce que l'analyse de ses erreurs passées change à l'action présente.
      Justine a appris en prépa à tenir des fiches d'erreurs et a découvert, catastrophée, qu'elle faisait exactement les mêmes fautes d'une copie à l'autre. Cette méthode, appliquée à son parcours entrepreneurial, est devenue le fil conducteur de son livre. Et elle lui a permis d'aborder la promotion de ce livre avec beaucoup plus de lucidité qu'elle n'aurait pu en avoir autrement.

    Pour clore cette conversation et cet épisode, Justine partage ses trois erreurs fondatrices : ne plus laisser la peur la paralyser, cultiver ses forces plutôt que compenser ses faiblesses, et comprendre que le bouche à oreille amplifie ce qui fonctionne mais ne donne pas l'impulsion de départ.

    Un épisode pour toutes celles et ceux qui rêvent de publier un livre professionnel... et qui veulent savoir ce qui les attend vraiment.

     

    Retrouvez Justine Abécassis sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/justine-abecassis/
    Découvrez son livre J'ai testé pour vous l'échec entrepreneurial aux éditions Prochain Chapitre : https://www.amazon.fr/dp/2488886092

    37 min
  • Confrontation en coaching : les coachs qui confrontent croient-ils vraiment en leur clients ?

    Dans cet épisode de Chères Erreurs, je reçois à nouveau Ferran Jover, coach catalan déjà invité à l'épisode 12 autour du thème de l'empathie. Cette fois, on pousse plus loin la comparaison de nos approches autour d'un sujet qui divise : la confrontation en coaching. Ferran et moi sommes rarement d'accord. C'est précisément pour ça que ces conversations valent la peine.

    Le point de départ : la chronique numéro 22 de Chères Erreurs, J'ai voulu faire le bien de ma cliente malgré elle. Erika vient de prendre la direction d'un hôpital suisse dans des conditions calamiteuses, après le décès brutal de son prédécesseur adoré. Elle est seule contre quinze. Je la vois foncer dans le mur. J'essaie de l'en empêcher. Plus j'insiste, plus elle se bute. Mon superviseur me dit : "écarte-toi, laisse-la contempler le mur qui se dresse devant elle." Je m'écarte. Et c'est là qu'Erika est devenue réceptive à un changement de logique et de façon de faire.

    Ferran, lui, aurait fait pareil dès le début. Et pour des raisons qui vont plus loin que la simple prudence relationnelle.

    • La confrontation, c'est une intervention sur le contenu du client.
      Pour Ferran, confronter en coaching, même avec bienveillance, c'est se positionner en disant implicitement : "je vois ce que tu ne vois pas". C'est infantiliser le client. C'est introduire des options qui viennent du coach, pas du coaché. Et une fois que ces options sont posées sur la table, la relation est déjà faussée, même si le client est libre de les prendre ou de les laisser.
    • La vraie confrontation, c'est celle du client avec sa propre réalité.
      Ferran n'est pas contre la confrontation. Il est contre la confrontation du coach vers le client. Celle qu'il pratique, c'est amener la personne à se confronter elle-même à ce qu'elle a fait et n'a pas fait, à ce qui a fonctionné et n'a pas fonctionné, par rapport à son propre objectif. Sans diagnostic extérieur. Sans hypothèses venues du coach.
    • L'impact émotionnel n'est pas un changement.
      C'est l'un des points les plus forts de Ferran dans cet épisode : générer un choc, une épiphanie, une surprise chez le client peut donner l'illusion d'un changement. Mais une connaissance qui vient de l'extérieur et qui est imposée, même avec douceur, n'est pas intégrée de la même façon qu'une idée que la personne a générée elle-même.
    • Deux pratiques différentes pour deux finalités différentes.
      C'est là où Ferran et moi nous rejoignons. Son coaching s'adresse à des personnes qui veulent réfléchir librement, sans aucune intervention sur leur contenu. Le mien s'adresse à des personnes qui ont tout essayé pour résoudre leur problème par leurs propres moyens, et qui ont besoin d'une aide extérieure pour accéder à des solutions qu'elles ne trouvent plus seules. Deux besoins différents, deux méthodes différentes, deux types de coachs différents. Et savoir lequel on est, c'est déjà une forme de confrontation avec soi-même.

     

    Un épisode pour les coachs qui se demandent jusqu'où ils ou elles ont le droit d'intervenir, et pour toutes les personnes qui ont déjà voulu faire le bien d'autrui malgré lui.

    Retrouvez Ferran Jover sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/ferran-jover/
    Visitez son site Voilà voilà coaching : https://voilavoilacoaching.fr

    32 min
  • Les coachs et l'argent : je t'aime, moi non plus

    Dans cet épisode de Chères Erreurs, je reçois Oriane Giniès, multi-entrepreneuse, cofondatrice de Houjo, la plateforme juridique pour les coachs et les professions de l'accompagnement, coach professionnelle spécialisée dans l'accompagnement des avocates et juristes en crise identitaire, et professeure de yoga. Son super-pouvoir : une énergie débordante, et une capacité à lire le potentiel des gens qu'elle accompagne avant même qu'ils le voient eux-mêmes.

    Le point de départ : la chronique numéro 4 de Chères Erreurs, J'ai accepté trop vite de travailler gratuitement. J'y raconte l'histoire de Chloé, que j'ai coachée gratuitement alors qu'elle avait plus que les moyens de se payer un coaching. Elle m'a appris une leçon définitive : ce qui ne coûte rien n'a pas de valeur. 

    Oriane, elle, a transformé sa relation à l'argent quand elle est devenue coach. Ce qu'elle en dit est précieux et souvent inconfortable.

    • Ce qui ne coûte rien n'a pas de valeur : ni pour le client, ni pour le coach.

    Oriane l'a vécu comme moi : ne pas facturer ses premiers clients, ou les facturer très peu, peut fonctionner quand la personne est engagée. Dans d'autres cas, c'est se brader en pensant que ça ouvrira des opportunités... et ça ne les ouvre pas. Et quand on a tout donné sans contrepartie, la frustration et la colère contre soi-même ne tardent pas.

    • Prix et valeur sont intimement liés.

    Quand le prix est trop bas, ça envoie un signal de valeur basse : au client, mais aussi à soi-même. Un client fortuné à qui on propose un tarif trop bas peut soit douter de la qualité de l'accompagnement, soit trouver le prix élevé quand même et demander un paiement en plusieurs fois. Dans les deux cas, ce n'est bon ni pour le client ni pour le coach.

    • Se brader, c'est souvent une question d'identité.

    Fixer ses prix trop bas quand on débute vient souvent d'un manque de légitimité : on se voit comme un "baby coach" et on oublie que toute l'expérience professionnelle passée est amenée sur un plateau au client. Travailler son prix, c'est aussi travailler sa posture et sa croyance dans la qualité de ce qu'on apporte.

    • Sortir de la cage dorée, c'est d'abord perdre un statut.

    Oriane est passée d'un poste de conseillère juridique ministérielle au Moyen-Orient à 15 k€ par mois à indépendante vivant au-dessus de chez ses parents avec 1250€ / mois. Avant de gagner un nouveau statut, il y a une phase longue et souvent douloureuse de reconstruction identitaire et financière. Ce chemin prend du temps, et il faut l'accepter.

    • Réunifier ses deux identités professionnelles est le meilleur levier d'acquisition.

    Cesser de cloisonner la vie professionnelle passée et la nouvelle vie de coach, faire la paix avec ce qu'on a quitté, et en faire un levier dans sa nouvelle pratique : c'est ce qu'Oriane identifie comme la deuxième bascule décisive de son parcours. Quand on a réunifié ces deux identités, on sait qui on est, pour qui on travaille et ce qu'on vaut.

    • Se rémunérer correctement pour ne pas dévaluer le métier.

    Se rémunérer de façon juste, même si on ne facture pas tout de suite, c'est aussi une façon de ne pas dévaluer le métier de coaching dans son ensemble.

     

    Pour clore cette conversation sur le rapport des coachs à l'argent, Oriane chante un mantra dédié à Ganesha, le dieu à tête d'éléphant qui prône la sagesse et la prospérité, et qui aide à traverser les transitions de vie en douceur. Un moment rare dans le podcast.

    Un épisode pour tous les coachs qui ont du mal à (se) parler d'argent.

     

    Retrouvez Oriane Giniès sur LinkedIn :https://www.linkedin.com/in/oriane-ginies-ph-d-87a65451/

    Visitez le site de Coach Origin, le site de coaching d'Oriane : https://www.coachorigin.com

    Visitez Houjo, la plateforme juridique des coachs et pros du bien-être : https://houjo.fr

    27 min
  • Culture de l'erreur en entreprise : et si on s'inspirait de l'aviation ?

    Dans cet épisode de Chères Erreurs, je reçois Didier Mariotti, dirigeant et instructeur de vol depuis un an, pilote depuis dix ans. Ingénieur agronome de formation, installé en Champagne où des chefs de cave l'ont incité à rester, il a fini par réaliser un rêve d'enfance contrarié par sa myopie : voler. Son super-pouvoir, la passion, qui selon lui abolit toutes les limites — sauf celles, bien réelles, qu'impose la sécurité aérienne.

    Le point de départ : la chronique numéro 36 de Chères Erreurs, J'ai présumé de mes forces. Je sors d'une opération chirurgicale lourde, je n'ai pas respecté mon mi-temps thérapeutique, et je pars sur des routes verglacées pour honorer un coaching d'équipe. Mon client fait tout pour m'accueillir dans les meilleures conditions possibles. Je m'endors quand même au volant sur le chemin du retour, et termine dans un fossé. Dix-huit mois d'arrêt de travail plus tard, j'en tire une leçon coûteuse sur les limites qu'on refuse de s'imposer.

     

    Didier, lui, vit dans un univers où dépasser ses limites peut coûter la vie — la sienne et celle des autres. Ce qu'il en a tiré sur la gestion de l'erreur et de la charge mentale est précieux pour quiconque dirige une équipe.

    • Une erreur n'est jamais le fruit d'une seule cause.

    C'est la théorie du gruyère suisse : chaque tranche a un trou, et l'erreur survient quand tous les trous s'alignent. Il suffit de tourner une seule tranche d'un quart de tour pour empêcher l'accident. Il n'y a jamais un seul fautif. C'est une accumulation de petites failles.

    • Le partage de l'erreur sauve des vies. Le jugement les met en danger.

    Dans l'aviation, on partage les erreurs au maximum, le plus rapidement possible, sans aucun jugement. Pas pour montrer que l'autre n'est pas bon, mais pour préserver la sécurité collective. En entreprise, on pointe l'erreur pour dénigrer, pour se positionner, pour se protéger — d'où les dix personnes en copie d'un mail. Ce n'est pas un manque de bonne volonté. C'est que les conséquences ne sont pas perçues comme vitales.

    • Être devant son avion, pas derrière.

    Anticiper, préparer ses briefings, mentaliser ses prochaines actions avant d'agir : c'est ce qui permet de rester serein face au danger, plutôt que de le subir. Dans l'entreprise, on fonctionne trop souvent avec un seul plan, et dès qu'il y a un accroc, tout s'arrête et on improvise dans l'urgence.

    • Ne jamais être tout le temps à fond.

    Garder 20 % de capacité cognitive disponible, c'est ce qui permet de réagir au bon moment. Sans cette marge, le cerveau tunnelise : il se focalise sur une seule solution et n'entend plus les signaux d'alerte, même les plus sonores. Didier raconte avoir manqué une alarme ayant sonné quinze fois, en plein vol, simplement parce que sa charge mentale était saturée.

    • S'acheter du temps : la première compétence de dirigeant.

    Créneaux bloqués dans l'agenda, apprentissage du non, gestion des priorités : ce sont les outils concrets de Didier pour préserver sa capacité de réflexion stratégique, plutôt que de se laisser déborder en permanence.

     

    Pour illustrer cette conversation, Didier choisit l'image de la boussole : un instrument qui permet de garder son cap tout en ayant l'agilité de le modifier face à un danger — un cumulonimbus qu'on contourne plutôt qu'on traverse, avant de reprendre sa trajectoire en sécurité.

    Un épisode pour tous les dirigeants et managers qui veulent installer une vraie culture de l'erreur en entreprise — et apprendre à ne jamais présumer de leurs propres forces.

     

    Retrouvez Didier Mariotti sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/didier-mariotti-911a7313/

    26 min
  • Relation DRH-coach : la condition de succès que trop de coachs négligent

    Dans cet épisode de Chères Erreurs, je reçois Mireille Perdigeon, DRH externalisée depuis cinq ans, après vingt ans passés en entreprise. Elle accompagne aujourd'hui quatre PME en parallèle, en temps partagé. Son super-pouvoir : une capacité d'écoute si développée qu'elle se retrouve parfois dépositaire de secrets qu'elle n'a pas sollicités. Son regard sur le coaching est celui d'une professionnelle des RH qui prescrit, observe et évalue, sans jamais confondre son rôle avec celui des coachs.

    Le point de départ : la chronique n° 29 de Chères Erreurs, Un client m'a remis des documents confidentiels qui ne lui appartenaient pas. Un jeune DRH, bien intentionné, me tend un dossier complet sur une cadre à coacher. Je prends le dossier sans oser le refuser. Je rentre chez moi. Je ne l'ouvre pas. Et je comprends en supervision que la déontologie des coachs n'est pas celle des consultants. Ces documents appartenaient à la salariée, pas à son entreprise. Ce n'était pas au DRH d'en disposer à sa place.

     

    Mireille, elle, est de l'autre côté de la table. Et ce qu'elle dit mérite d'être entendu par tous les coachs qui travaillent en entreprise.

    • Ce qu'une DRH partage avec le coach, et comment.
      Mireille ne fait travailler que des coachs qu'elle connaît. C'est cette confiance préalable qui lui permet d'être transparente sur le contexte, tout en restant vigilante : elle partage ses perceptions, elle nomme que c'est son regard, pas une vérité. Elle ne touche jamais au plan personnel. Et elle rappelle que le secret professionnel des coachs commence dans le bureau de la DRH.
    • Le coaching ne répond pas à tous les maux.
      C'est l'apprentissage central de Mireille. Un manager trop directif apprendra peut-être deux ou trois techniques pour laisser plus de place à ses collaborateurs. Mais dans les moments de stress, ses travers reviendront. On ne change pas fondamentalement quelqu'un avec un coaching. Et c'est précisément pourquoi les attentes des managers doivent être travaillées en amont, dès la tripartite, dans des termes opérationnels, pour que chacun sache exactement à quoi s'attendre.
    • Ce qui manque aux DRH : un retour de fin de coaching.
      Mireille l'exprime clairement : elle aimerait, à la clôture d'un coaching, un rendez-vous informel avec le coach. Pas pour connaître le contenu des séances, mais pour avoir une mise à jour de sa perception initiale et des éléments qui lui permettront de mieux prescrire la prochaine fois. Ce besoin existe. Il est rarement satisfait. Les coachs qui y pensent, avec l'accord explicite des coachés, font la différence.
    • DRH et coach : des métiers complémentaires, pas concurrents.
      Mireille est catégorique : le coach ne prend pas la meilleure partie du métier de DRH. Il fait un travail qu'elle serait incapable de faire. Et elle, elle fait un travail qu'un coach ne ferait pas. Chacun à sa place, sans marcher sur les pieds de l'autre.

     

    Pour illustrer cette conversation, Mireille évoque La Nuit étoilée de Van Gogh : un tourbillon d'informations, de mouvements, de voix qui clignotent dans tous les sens, qui ressemble à son quotidien de DRH multi-clients. Et en même temps, un tableau où rien n'est chaotique. Tout est organisé. C'est peut-être ça aussi, le travail : faire le tri dans ce mouvement permanent.

    Un épisode pour les coachs qui travaillent en entreprise, et pour toutes les DRH qui se demandent comment mieux collaborer avec eux.

    Retrouvez Mireille Perdigeon sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/mireilleperdigeon/

    26 min
  • Comment résister à la tentation d’aider quelqu’un qui n’a rien demandé

    Dans cet épisode de Chères Erreurs, je reçois Sandrine Donzel, psychopraticienne, conférencière, autrice du blog ScommC et du podcast Du côté des parents. Sandrine accompagne les parents dans les difficultés relationnelles que pose l'éducation de leurs enfants, avec une conviction forte : les parents ont de bonnes raisons de faire ce qu'ils font, et c'est de là qu'il faut partir. 

    Le point de départ : la chronique numéro 3 de Chères Erreurs, J'ai fait du coaching sauvage. J'y raconte comment j'ai perdu un bon copain en voulant faire son bien malgré lui. Guillaume traversait un divorce atroce. Moi, j'avais un bagage théorique tout neuf et une envie irrésistible de m'en servir. Sans lui demander s'il voulait de l'aide, je l'ai soumis à mes meilleures questions de coach. Ça s’est très mal fini.

    Sandrine, elle, a vécu des versions de cette erreur en tant que maman, en tant qu'amie, en tant que professionnelle. Les apprentissages qu'elle en a tiré sont précieux.

    • Ne pas confondre plainte et demande.
      Quand quelqu'un se plaint, il n'est pas forcément en train de demander de l'aide. Parfois, il veut juste être écouté. La question magique : qu'est-ce que tu attends de moi ? Elle évite des heures d'énergie dépensée à résoudre un problème pour lequel on ne vous a rien demandé et préserve la relation.
    • Ne pas sauter aux solutions avant d'avoir exploré le problème.
      Un conseil, c'est un pari sur la compréhension qu'on a d'une situation. Si on n'a pas vraiment exploré ce qui coince la personne, ce pari est presque toujours perdant. Comprendre d'abord. Proposer ensuite.
    • Rejoindre la personne dans sa logique avant de la confronter.
      Les gens ont toujours de bonnes raisons de faire ce qu'ils font. La confrontation ne fonctionne que dans le cadre d'une relation de confiance solide, où la personne est convaincue qu'on est de son côté. 
    • Laisser la responsabilité à l'autre, même quand c'est inconfortable.
      Résoudre les problèmes des autres à leur place, c'est souvent leur rendre un mauvais service  et s'épuiser pour rien.

     

    Pour illustrer cette conversation, Sandrine recommande En finir avec Eddy Bellegeule d'Édouard Louis. Le récit d'une enfance où des parents qui voulaient sincèrement aider leur fils ont produit exactement le contraire. Un livre sur ce que ça fait, du côté de l'enfant, d'être aidé malgré soi.

     

    Un épisode pour toutes celles et tous ceux qui éprouvent la tentation, tellement légitime, d’aider des gens.

    Retrouvez Sandrine Donzel sur LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/sandrinedonzeljuge/

    Visitez le site de ScommC : https://scommc.fr

    Découvrez son podcast « Du côté des parents » : https://blog.scommc.fr/le-podcast-du-cote-des-parents-pour-une-parentalite-realiste-et-deculpabilisante/

    31 min

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