Dans ce premier épisode, Léone revient sur la genèse de son objet de recherche et retrace l’évolution de sa méthode. Elle adopte une approche « sémiotique matérielle », centrée sur la manière dont les outils de biodiversité traduisent et rendent perceptibles des connaissances écologiques. Ces outils sont analysés comme des « cosmogrammes », selon le concept de John Tresch : des objets conçus pour résumer l’ordre du monde en organisant matériellement les relations entre humains et non humains. Mais rapidement, l’examen de la diversité des outils révèle la difficulté à produire des représentations partagées de la biodiversité. Cette hétérogénéité ouvre une enquête sur les façons, souvent implicites, dont les outils orientent les manières de penser et de concevoir la ville multi-espèces.
Composer avec la diversité : Les opérateurs de sensibilité au vivant autre qu’humain dans les projets urbains et architecturaux
Dans cette série de quatre podcasts, nous vous proposons d’entrer dans les travaux de Léone, chercheuse au sein de l’agence, qui a récemment soutenu une thèse CIFRE en Science and Technology studies, dirigée par Jérôme Denis au Centre de Sociologie de l’Innovation (École des Mines, Université PSL). Sa recherche interroge les outils conçus depuis les années 2010 pour intégrer la biodiversité aux projets urbains et architecturaux. Indicateurs, labels, modèles : ces instruments traduisent des savoirs écologiques et orientent les manières de concevoir la ville. Entre observations de terrain, analyse réflexive et expérimentation sonore, la thèse explore comment ces outils façonnent notre rapport au vivant et participent à construire des mondes urbains multi-espèces.
Cette diversité révèle la capacité de la biodiversité à porter des ambitions variées selon que les outils privilégient la traduction fidèle de l’écologie scientifique ou la valorisation des usages et des paysages dans les projets.
Une série proposée par Léone-Alix Mazaud et Jasmine Léonardon. Montage : Théa Lingrand.