Dans ce quatrième et dernier épisode, Léone explore la dimension sensible des outils, c’est-à-dire leur manière de mettre en forme des connaissances écologiques par la quantification, la modélisation et la visualisation. La prédominance du recours aux nombres et de leurs visualisations (indicateurs chiffrés, calculs, diagrammes, cartographies) est ici questionnée au prisme de la sonification. Cette approche sonore vise à proposer des expériences alternatives capables de donner à entendre d’autres vivants dans les projets. Menée avec des chercheurs du laboratoire CRESSON (ENSA Grenoble), un écoacousticien et des musicien·nes, une expérimentation de recherche-création prolonge l’hypothèse centrale de la thèse : les outils de biodiversité agissent comme des opérateurs sensibles qui orientent les pratiques de projet en travaillant la perception et les affects de celles et ceux qui les mobilisent.
Composer avec la diversité : Les opérateurs de sensibilité au vivant autre qu’humain dans les projets urbains et architecturaux
Dans cette série de quatre podcasts, nous vous proposons d’entrer dans les travaux de Léone, chercheuse au sein de l’agence, qui a récemment soutenu une thèse CIFRE en Science and Technology studies, dirigée par Jérôme Denis au Centre de Sociologie de l’Innovation (École des Mines, Université PSL). Sa recherche interroge les outils conçus depuis les années 2010 pour intégrer la biodiversité aux projets urbains et architecturaux. Indicateurs, labels, modèles : ces instruments traduisent des savoirs écologiques et orientent les manières de concevoir la ville. Entre observations de terrain, analyse réflexive et expérimentation sonore, la thèse explore comment ces outils façonnent notre rapport au vivant et participent à construire des mondes urbains multi-espèces.
Cette diversité révèle la capacité de la biodiversité à porter des ambitions variées selon que les outils privilégient la traduction fidèle de l’écologie scientifique ou la valorisation des usages et des paysages dans les projets.
Une série proposée par Léone-Alix Mazaud et Jasmine Léonardon. Montage : Théa Lingrand et Louise André