Par problème de génération ou désintérêt, je ne connaissais pas le travail du commandant Cousteau, seulement son nom. Si vous demandez à mes parents par contre, il vous diront que c’était un homme passionné, un aventurier qui n’avait peur de rien et qui a révolutionné notre vision de l’océan à travers ses films et ses émissions.
J’étais vraiment impatiente de découvrir l’homme en lui-même et j’ai aimé son portrait nuancé dressé dans L’Odyssée. Dans des décors magnifiques qui m’ont fait voyager, j’ai suivi sans décrocher le destin de cette famille extraordinaire, ses hauts… et ses bas.
La face « business » et médiatique de Jacques-Yves Cousteau
Jacques-Yves Cousteau était un homme ordinaire, fait de contrastes et de contradictions. Au début du film, il passe pour le héros, le bon père de famille et le mari aimant. Mais il tombe progressivement de son piédestal et l’on désenchante en même temps que son fils Philippe, on tique et on est carrément choqué par les actions qui s’enchaînent les unes après les autres.
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La légende au bonnet rouge n’était pas un saint : il était cruellement humain.
S’associer avec des entreprises pétrolières pour subventionner son expédition, capturer des animaux pour les filmer et vendre les images à la télévision, les nombreux déchets de la Calypso, tromper sa femme qui a tout donné pour lui et j’en passe. La légende au bonnet rouge n’était pas un saint : il était cruellement humain.
Les associations douteuses, la starification… Le commandant Cousteau s’est donné les moyens d’atteindre son rêve, et il a effectivement ouvert des voies jusqu’ici inexplorées. Il était un génie de la communication, voilà ce qu’on peut déduire du film. Mais il était aussi prêt à tout, pragmatique et cynique à la Machiavel.
La tentation est forte de juger sa morale et son éthique depuis la perspective et le recul de notre temps, mais le film évite cet écueil trop facile, explorant au contraire toute la complexité des dilemmes posés, à travers la relation entre Jean-Yves Cousteau et son fils Philippe.
Une relation père-fils très complexe, au centre du film
En creusant un peu la vie du commandant et en rencontrant ses proches pour le film, Jérôme Salle s’est vite rendu compte d’une partie essentielle de son histoire qui devient même un des principaux points de L’Odyssée : sa relation avec ses fils, et surtout le cadet, Philippe.
Jean-Michel Cousteau est l’aîné, mais ne ressemble pas vraiment à son père. Il est moins aventureux et intrépide que Philippe Cousteau. Ce dernier est le fils prodige, le préféré.
Philippe admire Jean-Yves Cousteau, leur relation est passionnelle, ils se jalousent autant qu’ils s’aiment. Quand le fils commence à voir les actions et les choix de son père objectivement, la déception est dure, on la ressent à trav