Sans déconner ?!

Les Nazis avaient une navette spatiale ?


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Le 11 décembre 1941, trois jours après l’attaque de Pearl Harbor, l’Allemagne nazie déclare la guerre aux États-Unis. Une décision lourde de conséquences. Car en entrant dans le conflit, Hitler affronte désormais la plus grande puissance industrielle du monde — un pays protégé par deux océans, pratiquement inaccessible. Sur mer, les sous-marins allemands, les célèbres U-Boote, infligent d’abord des pertes importantes aux navires alliés. Mais à partir de 1943, l’équilibre bascule. Les États-Unis produisent des cargos à un rythme effréné, tandis que les progrès en détection sonar et en lutte anti-sous-marine réduisent l’efficacité allemande. L’Atlantique devient progressivement un espace dominé par les Alliés.


Pour l’Allemagne, il ne reste qu’une option théorique : frapper l’Amérique… par les airs. Mais aucun avion existant n’a l’autonomie nécessaire pour parcourir les 6 000 kilomètres séparant l’Europe de New York. Alors les ingénieurs allemands imaginent l’impossible. Parmi leurs projets, l’un se distingue. Un appareil si avancé qu’il faudra attendre près de quarante ans pour voir un engin comparable voler réellement. Son nom : Silbervogel, “l’Oiseau d’argent”.

 

Son concepteur s’appelle Eugen Sänger, un ingénieur né en 1905 dans l’actuelle République tchèque. Étudiant en Autriche, il découvre un livre fondamental : By Rocket to Planetary Space, écrit par le pionnier de la fusée Hermann Oberth. Cette lecture change sa vie. Sänger abandonne l’ingénierie civile pour se consacrer à l’aéronautique. Il rejoint même une société consacrée aux voyages spatiaux, où l’on trouve un autre jeune passionné : Wernher von Braun, futur créateur de la fusée Saturn V qui emmènera les astronautes sur la Lune.


En 1936, Sänger publie un ouvrage visionnaire. Il y décrit un appareil révolutionnaire : un avion-fusée capable de quitter l’atmosphère, puis de “rebondir” sur ses couches supérieures, comme une pierre ricochant sur l’eau. Ce mode de vol, aujourd’hui appelé boost-glide — ou vol plané propulsé — permettrait théoriquement de parcourir des distances intercontinentales à des vitesses hypersoniques, c’est-à-dire supérieures à cinq fois la vitesse du son. Ces idées attirent rapidement l’attention de l’armée allemande.

 

En 1941, Sänger présente son projet au ministère de l’Air allemand. Le Silbervogel ressemble à un appareil de science-fiction. Il mesure 28 mètres de long, pèse environ 10 tonnes, possède des ailes courtes et un fuselage plat conçu pour interagir avec l’atmosphère. Son lancement est spectaculaire : il doit décoller depuis une piste de 3 kilomètres, propulsé par un traîneau-fusée équipé de six moteurs. En 10 secondes, il atteindrait 2 000 km/h.


Une fois en l’air, son moteur principal fonctionnerait pendant 168 secondes, accélérant l’appareil jusqu’à 21 800 km/h, soit près de 18 fois la vitesse du son. Il atteindrait une altitude de 145 kilomètres — bien au-delà de la limite généralement considérée comme le début de l’espace. Ensuite, le Silbervogel planerait vers l’Atlantique, rebondissant sur les couches supérieures de l’atmosphère. Arrivé au-dessus de New York, le pilote larguerait une bombe de 4 tonnes. À cette vitesse et à cette altitude, aucun avion ennemi ne pourrait l’intercepter. Mais le plan ne s’arrêtait pas là. Le Silbervogel ne pouvait pas revenir en Europe. Sänger proposait qu’il continue son vol jusqu’au Pacifique, pour atterrir sur un territoire contrôlé par le Japon, allié de l’Allemagne. Un trajet total de 24 000 kilomètres.

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Sans déconner ?!By Sans déconner