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Or


La guerre en Ukraine et l’inflation qui a suivi nous ont durement rappelé notre dépendance aux importations de matières premières alimentaires (blé, huile, soja…).
Pour assurer notre sécurité alimentaire, plusieurs dérogations sur les règles environnementales de la PAC ont été autorisées en Europe : il n’y a plus d’obligation de rotation des cultures pour l’année 2023, et la mise en culture des jachères sera tolérée. Ces règles sont destinées à préserver la qualité et l’enrichissement des sols et favoriser la biodiversité.
Cette mobilisation des jachères (qui représentent 1% de la surface agricole utile en France) permettra, en théorie, de renforcer la production céréalière et ainsi sécuriser les approvisionnements français et européens, mais également d’autres pays du monde dépendants des importations ukrainiennes ou russes.
Grâce à ces dérogations, les exportations européennes de protéagineux devraient augmenter de 19 % en 2022. Cela sera sans conséquence sur le calcul des critères d’éligibilité au paiement vert pour les agriculteurs français.
Certains estiment que ces dérogations sont nécessaires pour assurer la sécurité alimentaire de l’Europe, tandis que d’autres y voient un retour en arrière et une chute des ambitions environnementales de l’Europe et un risque pour le rendement à moyen terme. Alors, faut-il déroger aux exigences environnementales de la PAC en cas de crise alimentaire ? On en débat !
Bonne écoute.
L’usage des écrans est désormais ancré dans notre quotidien et nos interactions sociales. Être à l’aise avec différents outils numériques est indispensable pour évoluer dans le monde du travail. Néanmoins, la question se pose de savoir si l’usage des écrans dans les écoles est réellement nécessaire, voire ne serait pas contre productif.
S’il ne semble pas exister de consensus scientifique concernant l’impact des écrans sur notre santé (les usages sont variés et n’auraient pas tous le même impact), l’ANSES met en garde contre les dangers liés à la surexposition aux écrans et à la sédentarité des adolescents. Rajouter du temps d’écran dans les écoles soulève donc la question de la surexposition, même s’il s’agirait d’un usage éducatif afin de former les jeunes aux usages du numérique. Cela met également en lumière les inégalités de ressources entre les régions et les académies. Dans une étude, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) a par exemple montré que 15% seulement des élèves dans les Outre-mer ont accès à la fibre quand 85% des Parisiens en bénéficient.
Alors, l’école a-t-elle besoin de plus d’écrans ? On en débat !
Invité :
Isabelle FRENAY - Journaliste santé, sophrologue, auteure, spécialisée dans les troubles de surexpositions aux écrans et la prévention santé.
Yasmine BUONO - Spécialiste Education Numérique / Prévention cyberharcèlement et dangers en ligne
Qu'est-ce qu'une convention citoyenne ? Comment cela fonctionne-t-il ? Pourquoi une convention dédiée à la fin de vie ? Quel est l'objectif fixé aux 185 citoyens et citoyennes qui ont été tirés au sort ? Nos deux invités ont répondu à toutes les questions que vous vous posiez à ce sujet.
Invités :
Claire Thoury, Présidente du Comité de Gouvernance de la convention citoyenne sur la fin de vie
Thierry Baudet, Président du CESE
L’Union Européenne, qui compte 27 pays, comporte des situations économiques très contrastées d’un pays à l’autre. Au travers du continent, les jeunes européens n’ont pas les mêmes chances ni le même niveau de vie. Par exemple, en 2017, le taux de pauvreté en Espagne était de 14,6%, contre 6,8% au Danemark et 6,7% en France. Concernant le marché du travail, 50,6% des jeunes européens âgés de 20 à 24 ans avaient un emploi en 2021, ainsi que 74,3% des jeunes âgés de 25 à 29 ans. La crise de la Covid a contribué à creuser les inégalités dans la plupart des États-membres. Dans l’UE, les principaux enjeux sont les inégalités de résultats (revenus et richesse) et les inégalités des chances. Ces inégalités ont non seulement un impact sur la cohésion sociale, notamment en raison du manque d’équité, mais aussi sur la croissance.
Pour pallier les difficultés des jeunes, 2022 était l’année européenne de la jeunesse, avec l’objectif de mettre en lumière l’importance de la jeunesse européenne pour construire un meilleur avenir. De plus, de nombreuses politiques sont mises en œuvre pour réduire les inégalités.
Alors, l’Union Européenne peut-elle résorber les inégalités entre les jeunes européens ? On en débat !
Invités :
Anne Bucher - Non-residential fellow à Bruegel, ancienne Directrice Générale à la Commission européenne
Marie Caillaud - Présidente du Conseil d’Orientation des politiques de Jeunesses, ancienne présidente des Jeunes Européens - France
Bonne écoute.
L’agriculture biologique représente un nouvel enjeu de taille pour lutter contre le réchauffement climatique. En effet, d’après l’INSEE, en 2021, le secteur agricole était responsable de l’émission d’environ 81,2 millions de tonnes de CO2 en France (sur un total de 418,2 tonnes, soit 19.41% des émissions), ce qui classe ce secteur parmi les plus polluants.
Face aux enjeux climatiques, certains estiment que passer à une agriculture bio, plus respectueuse de l’environnement, représenterait une partie de la solution. Les champs bio abriteraient des niveaux de biodiversité 30% plus élevés que dans l’agriculture conventionnelle. Néanmoins, des débats persistent quant aux rendements de l’agriculture biologique en comparaison avec l’agriculture conventionnelle. De plus, en 2022, la consommation de bio a diminué en France, notamment en raison de l’inflation et du pouvoir d’achat des ménages. Cela pose donc la question de l’écoulement de la production à l’heure où le bio reste en moyenne 40% à 50% plus cher que les aliments issus de l’agriculture conventionnelle. Enfin, certains agriculteurs et militants écologistes estiment que les aides de la PAC pour passer au bio ne sont pas suffisantes pour mener une réelle transition.
Alors, pourrait-on vraiment avoir une agriculture 100% bio ? On en débat !
Bonne écoute.
Invité :
Eric Andrieu - Député européen
Philippe Stoop - Directeur Recherche & Innovation d’ITK, Membre Correspondant de l’Académie d’Agriculture de France
En 2019, le gouvernement met en place la loi Egalim qui rend un menu végétarien hebdomadaire obligatoire dans les cantines scolaires. Après deux ans, les résultats montrent que 30% des élèves trouvent cette expérience positive ou très positive. Pourtant, quand la mairie de Lyon a mis en place en 2021 une option végétarienne dans ses cantines, de nombreuses oppositions se sont fait entendre. Pour le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, cette initiative était une “insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français” et venait d’une « idéologie scandaleuse”.
Si certains pensent qu’une alimentation végétale encadrée n’est pas dangereuse, d’autres trouvent cette alternative inacceptable. En effet, des chercheurs de l’université de Toronto ont publié des recherches démontrant qu’il n’existait pas de preuve de différence de croissance ou de carences entre les enfants végétariens et les autres. D’autres professionnels mettent néanmoins en doute ces résultats et alertent sur des risques potentiels pour la santé des plus jeunes.
Et vous qu'en pensez-vous ? Les enfants peuvent-ils avoir un régime végétarien ? On en débat !
Bonne écoute.
Contributeurs :
Marie Gabrielle DOMIZI - Diététicienne. Membre du conseil scientifique de l’ONAV
Patrick TOUNIAN - Chef du service de nutrition pédiatrique, Hôpital Trousseau, Professeur de Pédiatrie, Sorbonne Université, Paris
Le ministère de l’Agriculture parle d’une troisième révolution agricole, dont le numérique est un pilier, notamment avec la robotique, la sélection variétale et le biocontrôle. L'usage du numérique doit permettre aux agriculteurs de mieux gérer leurs exploitations, de réduire la pénibilité de leur travail, de réduire l'usage de pesticides ou encore de mieux partager leurs connaissances. Cette connectivité pourrait également apporter une meilleure information aux consommateurs sur la provenance de leur nourriture. Enfin, les outils numériques sont censés aider les agriculteurs à gérer leurs ressources et leurs stocks.
La nouvelle politique agricole commune (PAC) laisse une place importante à la digitalisation. La PAC soutient les agriculteurs dans la modernisation des zones rurales en stimulant et en diffusant la transition numérique.
Mais certains estiment que le numérique apporte un danger supplémentaire à notre modèle agricole. Des inquiétudes persistent quant au manque de remise en question de notre modèle agricole productiviste. En effet, cette nouvelle révolution agricole s’appuie toujours sur la maximisation des rendements et l’agriculture intensive, ce que les partisans d’une agriculture raisonnée dénoncent. La France est particulièrement engagée dans le processus de transition numérique : l’initiative French AgriTech rassemble des start-ups qui lèvent des millions d’euros et sont soutenues par l’État. Des agriculteurs dénoncent le risque de dépendance aux fournisseurs de ces solutions numériques et craignent de devenir encore plus dépendants d’entreprises de l’agrochimie et du numérique. Notre alimentation serait alors tributaire de ces multinationales. L’utilisation des données agricoles pose également la question de la cybersécurité.
Alors, l’agriculture européenne a-t-elle besoin de plus d’innovation numérique ? On en débat !
Invité :
Irène Tolleret - déput...
Aujourd’hui, ce qu’on appelle la « croissance économique » est mesurée par le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB). Autrement dit, c’est l’accroissement de la richesse produite dans un pays. D’après certains économistes, nos sociétés ne peuvent plus sortir du capitalisme, dont la croissance est une part intégrante. Cela signifie que nous devons adapter notre économie actuelle au changement climatique : la croissance verte serait la solution. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) explique que cette dernière favorise la croissance économique tout en veillant sur les « ressources et les services environnementaux sur lesquels repose notre bien-être ». Les experts en faveur de la croissance verte estiment qu’elle prend en compte les limites planétaires et l’environnement, et qu’elle sera source d’innovations et d’opportunités d’emplois nouvelles. Les dirigeants des pays industrialisés, comme Emmanuel Macron ou Joe Biden, défendent la croissance verte comme étant le futur de nos économies développées. La Commission européenne a par ailleurs adopté plusieurs mesures pour accompagner l’Europe vers une économie plus verte et circulaire.
Mais certains économistes estiment que la croissance verte est un mythe. Même si les investissements européens contribuent à concevoir de nouvelles technologies soutenables pour l’avenir, d’aucuns pensent que cela ne sera pas suffisant pour nous sortir de la crise climatique. Dans le paradigme capitaliste, la croissance économique semble être infinie. Or, les ressources naturelles ne le sont pas. De plus, le PIB ne prend pas en compte les inégalités et le coût des externalités négatives que la production de richesse entraîne. Par ailleurs, sur les neuf limites planétaires, six sont déjà dépassées. Ensuite, de nombreuses entreprises se servent du prétexte de la croissance verte pour vendre plus de produits « verts » qui ne sont pas en réa...
La nouvelle politique agricole commune (PAC) pour la période 2023-2027 incorpore des objectifs environnementaux plus ambitieux en suivant les recommandations du Pacte Vert Européen. Cela comprend des mesures sur les pesticides, avec l’objectif de réduire par 50% leur utilisation d’ici à 2030. Cependant, la majorité des agriculteurs sont dépendants des pesticides. La PAC accompagne donc les Etats au travers de solutions fondées sur la nature, comme la lutte intégrée ou le biocontrôle. Mais ces mesures sont-elles suffisantes pour révolutionner notre agriculture ? Pouvons-nous réellement nous passer des pesticides? On en débat!
Invité :
Béatrice Robrolle-Mary - Présidente de l’association TERRE D’ABEILLES
André Fougeroux - Membre de l’académie d’Agriculture de France
Bonne écoute.
Dans l’Union européenne, le taux de chômage des 15 – 24 ans (sur la population active) est de 14%. Mais ce chiffre varie grandement d’un pays à l’autre : en Allemagne, on compte 6% de chômeurs chez les jeunes, tandis que l’Espagne se situe plutôt autour des 27%. En France, 16,5% des jeunes actifs sont au chômage. Dans l’hexagone, la crise sanitaire et les confinements ont eu un impact important sur le chômage des jeunes en 2020.
Face à la détresse des jeunes, l’Union européenne a débloqué des fonds pour empêcher une crise économique de grande ampleur. Ainsi, la baisse du chômage des jeunes a partiellement été boostée par le plan France Relance et le programme 1 Jeune 1 Solution, financés par le plan européen NextGenerationEU.
Le programme 1 jeune, 1 solution qui avait débuté en juillet 2020 pour permettre aux jeunes de trouver un emploi, une formation ou un parcours d’insertion. À partir du 1 mars 2022, le Contrat Engagement Jeune (CEJ) s’inscrit dans la lignée de ce programme et remplace le dispositif Garanties jeunes, qui avait été instauré en 2017. La CEJ prévoit un accompagnement individuel personnalisé mis en place par les Missions Locales et Pôle Emploi sur 6 à 12 mois selon les profils. La personne accompagnée pourra bénéficier d’une allocation allant jusqu’à 500€ par mois, ainsi que d’un programme intensif de 15 à 20 heures par semaine composé de différents types d’activités.
Concrètement, le CEJ s’adresse aux jeunes de 18 à 25 ans qui ne sont pas étudiants, ne suivent pas une formation et présentent des difficultés d’accès à l’emploi durable. Cela concerne au moins 400 000 jeunes en 2022.
Alors, le CEJ sera-t-il un programme efficace pour lutter contre le chômage des jeunes ? On en débat !
Invité : Alexi...
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