Aujourd'hui l'économie

L’Europe à 27 dans le «smog» post-Brexit


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Le Brexit sera clair et net. C'est la ligne défendue hier par le Premier ministre britannique. La balle est maintenant dans le camp de l'Europe continentale.
La ligne dure définie par Theresa May a mis en évidence les faiblesses du discours européen face au départ des Britanniques. Depuis le référendum britannique, on rêve à voix haute à Paris ou à Luxembourg, ou encore à Francfort de récupérer des pans entiers de la City.
En clair, les Européens se déchirent publiquement les bijoux du sortant, mais ils sont muets sur l’avenir de l’Europe à 27. C’est ce qu’a dit crûment ce matin à Davos le ministre italien de l’Économie. « Les partisans du Brexit ont une vision, que l’on soit d’accord ou pas avec elle », s’est exclamé Pier Carlo Padoan, or en Europe on n’en a pas ! a-t-il déploré. 
Les Européens disent attendre que le gouvernement britannique déclenche l’article 50 pour entrer dans le vif du sujet
 
Les négociations promettent d’être musclées, car Theresa May souhaite sortir du marché unique et de l’union douanière tout en négociant un accord de libre-échange favorable avec l’Union européenne. Elle veut préserver l’industrie automobile britannique, qui dépend beaucoup des pièces fabriquées dans l’Union européenne, et le secteur de l’aéronautique qui dépend des débouchés situés dans l’Union européenne.
Obtenir un accord aussi large cela veut dire en gros avoir les mêmes droits qu’en restant dans ces deux espaces régissant le commerce interne et externe, sans ses obligations. Impensable de ce côté-ci de la Manche. 
 
Le Brexit, c’est aussi une affaire de gros sous. L’Europe a-t-elle anticipé la perte de la contribution britannique à son budget ?
 
L’équipe de Michel Barnier a déjà fait les calculs, avant de partir le Royaume-Uni devra passer à la caisse en réglant les impayés et compensations diverses, notamment pour le régime de retraite des fonctionnaires européens de nationalité britannique, cela représente 50 à 60 milliards d’euros.
En revanche, pas un mot pour le moment entre les 27 sur la future répartition du budget européen. Le départ des Britanniques représente une perte sèche d’environ 10 milliards d’euros par an, qu’il faudra compenser en augmentant les contributions des autres États membres. Au moment où les dépenses de l’Union européenne liées à Frontex, à la crise des migrants s’alourdissent de jour en jour, cette perte tombe au plus mal.
 
Comment l’Europe peut-elle y faire face ?
 
Le Brexit pourrait être l’occasion d’augmenter le budget européen et de l’abonder par un nouvel impôt, pourquoi pas européen, des projets de taxe sur le carbone ou sur les transactions financières sont dans les cartons. Mais dans le contexte politique actuel, le sujet est tabou.
Trois grands pays fondateurs de la construction européenne ont cette année des élections. Les pays bas, la France et l’Allemagne. Pas question de parler d’une taxe européenne au moment où l’Europe suscite une défiance qui se manifeste dans les bons scores prêtés aux partis extrémistes anti-européens.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI