Pendant qu’il en est encore temps, je souhaitais dénoncer ici l’entreprise macabre qui est à l’œuvre en ce moment dans une indifférence quasi-générale. La Commission des affaires sociales a travaillé ces derniers jours sur la « proposition de loi relative à l’aide à mourir » qui doit être débattue à l’assemblée nationale à partir de la semaine prochaine. Que l’on ne s’y trompe pas, il s’agit bien d’euthanasie, même si ses promoteurs hésitent à employer les termes exacts. Parmi les amendements adoptés (du moins pour le moment), il y a celui-ci : « Est réputée décédée de mort naturelle la personne dont la mort résulte d’une aide à mourir ». Comme si l’injection létale n’y était pour rien. C’est le règne de la contre-vérité.
En revanche, tous les amendements suivants ont été rejetés : pas d’exclusion des souffrances psychiques comme seul motif de recours à l’euthanasie ; pas d’exclusion des personnes atteintes d’une déficience intellectuelle ; pas de nécessaire prise en charge préalable par les soins palliatifs ; pas d’avis nécessaire d’un psychologue clinicien ou d’un psychiatre ; pas d’obligation de collégialité de la décision ; pas de clause de conscience pour les pharmaciens chargés de préparer le produit létal ; pas d’obligation de s’assurer que le demandeur ne fait l’objet d’aucune pression, qu’elle soit financière, sociale ou provenant de son entourage… Le délit d’incitation au suicide assisté ou à l’euthanasie est d’ailleurs rejeté, alors que le délit d’entrave serait maintenu, punissant d’amende ou de prison quiconque voudrait dissuader son prochain de vouloir mourir. Où est la protection des plus faibles ?
Le président de la MGEN, qui soutient la mort administrée, sait à quoi s’en tenir et a déclaré : « Le taux de suicide des personnes âgées en France montre que la demande est déjà là. » En voilà un qui se frotte les mains à l’avance des économies qu’il pourra réaliser ! Non seulement les critères retenus pour l'accès à l'euthanasie sont tout sauf stricts mais la stratégie assumée des militants de la mort, tel le professeur Jean-Louis Touraine, est de « mettre le pied dans la porte » et de « revenir tous les ans » pour les élargir.
C’est pourquoi cette porte doit rester fermée. Aucun rempart éthique ne tiendra face aux dérives. L’interdit de tuer, qui est fondateur de la société et de la confiance que les malades peuvent accorder aux soignants, doit être préservé. La mort ne peut pas être une option thérapeutique parmi d’autres. Cette soi-disant loi de liberté ou de dignité, en fait profondément violente et anti-sociale, préparerait l’exclusion physique des plus vulnérables. Soyons tous ensemble vigilants et espérons que nos députés reviendront à la raison.
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