Un regard chrétien sur le monde

L'immigration est une question de survie économique


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La politique migratoire de la France est une politique à contretemps, à contresens même pourrait-on dire.
Les projections démographiques sont connues : Du fait de la baisse de la natalité, la population active française va se contracter de façon dramatique, en même temps que le nombre de retraités explosera. Ce n’est pas là affaire d’intuition. Ce sont des tendances parfaitement documentées par les économistes.
Du fait du chômage, nous avions crû que l’économie n’aurait pas besoin d’un apport de main d’œuvre étrangère. Mais la réalité est toute autre. Les étrangers occupent déjà -et par centaines de milliers- des postes que les français ne veulent plus ou pour lesquels nous n’avons pas les ressources humaines nécessaires.
Pour l’avenir, même le patronat alerte : Sans apport migratoire, ce seront au moins 150.000 postes qui, chaque année, ne pourront être pourvus. Les secteurs les plus touchés seront ceux où les recrutements sont déjà difficiles : les services à la personne, le soin aux personnes âgées, le BTP, l’hôtellerie/restauration. S’y ajouteront dans les années à venir les médecins, les infirmières, les métiers techniques et même la recherche ou l’informatique.
Certains veulent nous faire croire que l’immigration n’est qu’une question de frontières et de contrôles. En réalité, mais personne n’ose le dire haut et fort, l’immigration est d’abord une question de survie économique. Tous les pays ayant voulu mettre en œuvre des politiques populistes ou xénophobes se sont heurtés à cette réalité. En témoigne, par exemple, l’Italie de Giorgia Meloni, laquelle, à rebours de toutes ses promesses électorales, a décidé d’autoriser l’entrée sur son territoire de 500.000 travailleurs étrangers d’ici 2028.
Mais en France, nous mettons en œuvre des politiques ayant pour effet de raréfier encore une main d’œuvre déjà sous tension. Sous l’impulsion de Bruno Retailleau pour qui « l’immigration n’est pas une chance », les régularisations de travailleurs sans papiers ont, en 2025, chuté de 42%. Les admissions au séjour pour motifs économiques de 54%. L’Etat est devenu une fabrique de sans-papiers, puisque même les étrangers titulaires d’un emploi sont loin d’être assurés du renouvellement de leurs titres de séjour. Des vies alors basculent et des étrangers se retrouvent plongés dans une précarité, dont ils pensaient être sortis. Une telle politique n’a aucun sens ! Elle ne fait que broyer des hommes, désespérer les entreprises en peine de recrutements et priver nos systèmes de protection sociale de cotisations pourtant bien nécessaires.
De plus, en instillant l’idée que tous les étrangers en situation irrégulière sont des délinquants en puissance ou des extrémistes musulmans, nos politiques s’avèrent inefficaces et terriblement coûteuses. Le nombre de mesures d’éloignement prises par les préfectures sous pressions politiques grimpe d’année en année : 81.000 OQTF ont été notifiées en 2016, 123.000 en 2019, plus de 150.000 en 2025, alors qu’en Allemagne, par exemple, elles sont restées inférieures à 45.000. Il n’y a alors rien d’étonnant à ce que nous ne parvenions à éloigner que 10% des étrangers sous OQTF. Le résultat est connu : des préfectures au bord de l’implosion, des juridictions débordées, des procédures numériques de plus en plus complexes, qu’il est impossible à tout étranger de comprendre.
Les politiques d’exclusion et de haine ne produisent pourtant que des catastrophes. Il est donc temps d’ouvrir les yeux et de nous convaincre que, sans apport migratoire, c’est toute l’économie qui souffrira. Pour nos enfants et petits-enfants qui auront à en subir les conséquences, l’avenir alors sera pour le moins incertain.

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