Un regard chrétien sur le monde

Un regard chrétien sur le monde

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Un regard chrétien sur le monde episodes

  • Y'a l'feu !
    Feux de forêts, feux médiatiques, feux dans les lycées, feu de l'injustice...

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    5 min
  • Concilier spiritualité et progressisme
    Lundi, il y a 15 jours, après avoir enregistré ma précédente chronique, je suis allé au Caméo pour regarder Fini de rire ! L’humour politique au garde-à-vous ?, un documentaire qui, des années Sarkozy à l’ère Macron, de la mort des Guignols à la terreur Bolloré, dénonce le grand ménage de l’impertinence. De fait les Guignols de l'info occupent une place centrale dans le récit car leur déclin illustre les effets du rachat de Canal+ par Bolloré. Le spectateur y apprend aussi que « tous les films de François Ozon avaient été produits par Canal+ sauf un qui concernait la pédocriminalité dans l’Église catholique ». Je précise à mes auditeurs qu’il s’agit de Grâce à Dieu.
    J’ai complété la vision de ce documentaire par la lecture de La droite de Dieu - Vincent Bolloré, un milliardaire en mission, paru aux éditions Les Arènes début septembre. Les deux auteurs, grands reporters au Nouvel Obs, ont enquêté pendant des mois au cœur de l’empire Bolloré. Ils ont mené plus 250 entretiens avec des témoins, intimes ou collaborateurs, spectateurs de sa radicalisation, politique et religieuse, à propos de laquelle je cite les lignes suivantes : « Les invités des médias de Vincent, Bolloré sont à l’image de son propre virage identitaire, souvent représentants des branches traditionnelles, voir traditionalistes, et en rupture avec l’institution de l’Église catholique. Ainsi, à Noël 2025, c’est la paroisse de Saint-Éloi, à Bordeaux, qui est choisie pour la messe diffusée sur CNews. Un lieu connu pour être la maison, mère de l’institut du Bon-Pasteur, fondé par l’abbé traditionaliste Philippe, Laguérie, qui a, entre autres, marié, Jean-Marie Le Pen et lui a donné l’extrême-onction, a défendu le négationniste, Robert Faurisson ou a célébré les obsèques du milicien, Paul Touvier dans le fief intégriste parisien de Saint-Nicolas, du Chardonnet. »
    Cela illustre bien ce que les deux auteurs constatent quelques lignes plus loin : « La liturgie est devenue un combat politique, depuis que la frange de l’Église catholique opposée à la modernité, au dialogue religieux, a fait de la défense du latin, son étendard. »
    Dans l’épilogue de l’ouvrage, les auteurs disent de Bolloré que « Lui ne se projette que dans son « chemin céleste », évoque sans pudeur, le Jugement dernier et réserve au Tout-Puissant son examen de conscience, persuadé, sans doute, de servir Dieu en prônant le rejet de l’immigration et en distillant la peur du musulman sur ses antennes. Un combat qu’il entend poursuivre et amplifier, de toutes ses forces, pour le temps qui lui reste à vivre sur terre. »
    Citant ces lignes, j’espère, humblement, faire prendre conscience à mes auditeurs, qui sont aussi des citoyens et des électeurs, que la bascule à l’extrême droite, que souhaite Bolloré n’est pas compatible avec les valeurs évangéliques.
    OUI, ON PEUT ÊTRE CATHO, CHRÉTIEN, SANS ÊTRE RÉAC
    À l’appui de ma conviction, je vous cite Maya Boulos. À l’occasion de la parution de son livre De bonne famille, aux éditions Grasset, récit autobiographique de son enfance, au Caire, jusqu’à son ascension, au sommet du pouvoir à Paris, où elle dirige actuellement l’agence Havas, qui fait partie de la galaxie Bolloré, elle a donné une interview à l’hebdomadaire Le Point. Elle y explique :
    « Des croyants progressistes gagneraient peut-être à se faire entendre pour montrer qu’on a la possibilité d’allier foi et progressisme. Dans un monde qui manque de repères transcendantaux, que reste-t-il pour combler le vide intérieur ? Le brouhaha et charlatanisme. La spiritualité peut se trouver de différentes manières, mais elle reste essentielle. (…) Je suis favorable au mariage pour tous, au droit à mourir, à la PMA, et même à la GPA si elle est encadrée, éthique, non rémunérée et « à la française ». On peut parfaitement concilier spiritualité et progressisme. »

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    5 min
  • Réserves stratégiques de pétrole contre le prix élevé du gasoil
    Il y a deux semaines, le Premier ministre a fait l'annonce que les pays du G7 vont libérer 100 millions de barils de leurs stocks de pétrole, ce qui correspond à trois jours de consommation. Vont-ils vraiment faire baisser le prix de 12 à 14 centimes par litre, comme l'annonce le gouvernement ? Les réserves stratégiques de pétrole étant déjà très basses, le réveil risque d'être difficile l'année prochaine si nous n'adoptons pas des solutions plus durables.

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    5 min
  • L'édentation comme symbole d'altérité
    "Tu aimeras ton prochain comme toi même."

    Une chronique d'Alain Westphal, chirurgien-dentiste à la retraite.

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    4 min
  • IA : progrès ou danger ?
    Elle est capable de rédiger un texte en deux secondes, de traduire une langue étrangère en direct ou de répondre à n'importe quelle question sur notre téléphone. L’intelligence artificielle s'est glissée dans notre quotidien sans qu’on prenne vraiment le temps d’y réfléchir. Elle impressionne, elle intrigue, et parfois elle inquiète. Mais au fond, la vraie question est toute simple : est-ce que cette technologie nous rapproche les uns des autres, ou est-ce qu’elle nous isole un peu plus derrière des écrans ?
    Soyons justes : l’intelligence artificielle apporte de vraies aides concrètes. Dans les hôpitaux, elle permet aux médecins de repérer des maladies plus rapidement et d’adapter de meilleurs traitements pour guérir des patients. Pour des personnes âgées, isolées ou en situation de handicap, certains outils intelligents facilitent le maintien à domicile et le quotidien. Au travail, elle peut aussi nous débarrasser de corvées répétitives pour nous laisser plus de temps pour l’écoute et l'échange. Quand la technique sert à soigner, à soulager la fatigue et à soutenir les plus fragiles, elle va dans le bon sens : celui du service du prochain et du respect de la vie.
    Mais il existe un revers beaucoup plus sombre, notamment dans l'économie et le monde du travail. Sur internet, de grandes plateformes utilisent ces programmes pour copier le travail des artisans, des petits créateurs ou des commerçants de quartier, créant une concurrence féroce et injuste. De nombreux salariés voient leur métier menacé ou se sentent surveillés et gérés comme de simples numéros par des logiciels sans âme.
    Et puis, la machine n’a aucun bon sens : elle commet de lourdes erreurs, invente des informations complètement fausses et propage des mensonges en quelques clics sans éprouver le moindre doute. Le danger devient encore plus effrayant lorsqu’on parle d'armes ou de robots militaires autonomes, programmés pour attaquer sans décision humaine directe. Confier la vie ou la mort à un programme informatique est une dérive inacceptable. Une machine n’a pas de conscience morale : elle ne connaîtra jamais la pitié, la honte, le scrupule ni le pardon.
    Face à ces bouleversements, il ne s’agit ni de tout rejeter en bloc, ni de tout accepter les yeux fermés. L’intelligence artificielle reste un outil très perfectionné : elle peut aider à bâtir comme elle peut détruire. Tout dépend de notre volonté et des limites que nous savons lui poser. Le message de l’Évangile nous rappelle sans cesse que la valeur d'une société ne se mesure pas à ses prouesses techniques, mais au soin qu'elle prend des personnes. Un robot saura toujours calculer plus vite que nous, mais il ne pourra jamais consoler une peine, aimer sincèrement son voisin ou tendre la main à celui qui tombe. La machine calcule, l’humain aime et pardonne. Ne laissons jamais la première prendre la place du second

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    3 min
  • Necessaire non-violence
    Construire la paix, résoudre les conflits, voire les gérer, sont des expressions bien connues. Elles résonnent gentiment et on leur prête le plus souvent une attention distraite, voire discrète… Mais on les oublie quand les flots de sentiments négatifs, de peur, de colère envahissent l’espace physique ou médiatique. Et c’est vraiment, vraiment , bien dommage ! Car quand la colère s’exprime de façon violente, quand elle prend le pouvoir, il est trop tard. Les mêmes scénarios se répètent, et nous sommes démunis.
    Alors souvent on répond par la violence, qui est un cercle vicieux, susceptible d’engendrer de nouvelles violences. Puis, lorsque l’orage est passé, nos énergies seront le plus souvent utilisées pour réparer ce qui peut l’être, et revenir peu ou prou à la situation de départ. Quel gâchis, quelle tristesse, quel scandale ! Il aurait été tellement plus utile et plus efficace d’anticiper, de prévenir, et de faire en sorte que des crises, presque toujours prévisibles,soient évitées. Gandhi insiste d’ailleurs souvent sur la recherche de vérité comme un principe fondamental de la non-violence. Ce qu’on pourrait traduire par « comment va le monde ? ». Quel diagnostic, quel remède avant que la situation devienne grave ?
    Aussi, quand j’entends tous ces manifestants, jeunes et moins jeunes, justifier l’action violente car ils estiment que c’est le seul moyen d’être entendus, je suis choqué. Comment en est-on arrivé là ? Est-il vrai que la violence serait dans notre société le seul moyen d’être entendu, sans même savoir si on a été écouté avec un peu de bienveillance ? Je ne peux pas accepter cette idée d’une violence nécessaire, même si elle peut sembler soutenir une revendication ou justifier certains actes , car la violence ne construit rien à long terme , elle n’est pas un outil de dialogue constructif. Au mieux elle permettra d’obtenir par la contrainte une réponse incomplète à des besoins qui ne seront pas satisfaits sur des bases durables. Et, lors la prochaine confrontation qui reviendra un jour ou l’autre, aussi légitime soit-elle, les confrontations risquent d’être encore plus violentes. L’histoire des 20 dernières années le confirme, et c’est très inquiétant !
    Alors, quand prendrons-nous au sérieux les outils de la non-violence ? Cette non-violence qui a pourtant bien souvent fait la preuve de sa puissance à éviter ou à résoudre les conflits, est une forme de résistance active contre les situations d’injustice, de pouvoir abusif, d’oppression . Elle a fait les preuves de son efficacité. Elle repose déjà sur la recherche de la vérité, pour dire clairement ce qui pose problème, elle repose sur des formes de dialogue constructif, de prise de parole juste, réfléchie, construite et respectueuse, puis sur des stratégies de résolution de conflit efficaces car adaptées , qui sont des stratégies qui refusent la violence et qui la désamorcent, au profit de moyens qui respectent chacun des protagonistes. Les problèmes sont posés, exprimés, la demande d’une solution est imposée mais sans violence, et c’est très souvent efficace. En ce sens, la non-violence est conforme au message que Jésus Christ nous donne, et à la mission qu’il nous confie : celle de devenir et d’être des artisans de paix. Il me semble d’ailleurs toujours utile de rappeler que la doctrine sociale de l’Église se réfère explicitement à la Déclaration des Droits de l’Homme. Les chrétiens, avant de soutenir tel ou tel courant politique, devraient toujours s’en souvenir, et pour cela s’informer sans céder, justement, à l’émotion, à la peur, à la colère.
    La non-violence s’apprend. Elle demande une certaine culture de la paix, il faut prendre le temps d’assimiler les idées qui la caractérisent, et la façon de les appliquer. Il faut du temps, mais ce n’est pas si difficile, et cela ne se fait pas de façon isolée. Mais cela en vaut la peine, car au lieu de détruire, l’action non-violente construit, et elle donne une belle image de l’humanité.

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    5 min
  • Fonction humanisante
    Dans ma précédente chronique, j’ai cité les premières lignes de L’appel de Metz lancé par les représentants des différentes traditions religieuses, notamment les 3 monothéismes. Aujourd’hui, je vous parle de l’ouvrage Un juif, un chrétien, un musulman : fraternels ou fratricides ? publié aux éditions Albin Michel.
    Au printemps 2025, Pierre Assouline, Éric-Emmanuel Schmitt et Abdennour Bidar, entreprirent à l’invitation du festival de la correspondance de Grignan, d’échanger des lettres autour d’une question qu’ils n’auraient peut-être pas osé formuler de vive voix : un juif, un chrétien, musulman peuvent-ils encore être fraternel – où sont-ils condamnés, à mesure que le siècle se durcit, à devenir fratricide ?
    Pendant trois mois, de fin mars à juin, les lettres ont circulé entre Paris, la Drôme et la Belgique.
    Les trois écrivains ne représentent qu’eux-mêmes. Aucun ne parle au nom d’une institution, d’un clergé ou d’une communauté ; chacun s’exprime depuis sa propre tradition, qu’il assume, sans la confondre avec une orthodoxie.
    De cette dissymétrie volontaire naît un dialogue qui n’est ni un colloque interreligieux, ni un débat d’idée, mais plutôt l’entretien de trois lecteurs, de trois croyants à leur manière, que la curiosité, la bonne foi et un goût commun pour les textes ont rendus capables de s’écouter.
    Dans sa première lettre, qui ouvre l’échange, Éric-Emmanuel Schmitt confesse : « J’exècre l’Inquisition et ses bûchers. J’exècre l’antisémitisme chrétien qui a souillé des siècles entiers. J’exècre l’Église servante des puissants et pire encore, l’Église puissance en elle-même, négligeant Jésus, sa pauvreté, sa miséricorde, sa folle liberté. J’exècre le chrétien qui se confesse comme on se purge, pour mieux recommencer à se gaver. J’exècre le catholicisme régressif qui dresse des clôtures, brandit des certitudes et s’invente des ennemis. »
    Dans sa réponse Pierre Assouline avoue : « Inutile de préciser que je déteste notre époque. Malheureusement, on ne peut changer de contemporains. Aussi, je porte au plus haut les livres – à commencer par les Écritures – et les personnes qui me permettent de respirer un air moins vicié que celui de l’actualité. Celle-ci suscite trop de tristesse et de colère, pour que l’on ait envie de s’y attarder ; les textes des plus anciennes, sagesse, eux, nous embarquent dans un monde plus fécond, plus fréquentable, à hauteur d’humanisme. »
    Ces textes, que mentionne Pierre Assouline, nous rendent plus humain. Cette fonction humanisante Abdennour Bidar l’attribue à Marie, qui est cité plus souvent dans le Coran que dans les Évangiles et nous explique : « Elle figure ce que le christianisme nomme la capax Dei de l’être humain ; sa capacité à enfanter le divin en lui. À ce titre, Maryam est notre âme –l’âme de chacun, femme ou homme, dès lors qu’elle se sait porteuse d’une dimension transcendante. L’effort de notre âme, selon notre mystique soufie, est de se rendre vierge de tout désir, sauf celui d’accueillir le divin dans sa matrice. Alors, à cette condition seulement, elle devient féconde – elle tombe enceinte de Dieu. Comme Maryam. C’est pourquoi il s’agit, pour devenir pleinement humain, de devenir féminin, de devenir Marie. Tel est, à mon sens, l’enseignement fondamental du Coran. »
    L’humanisation m’apparaît comme le fil rouge de cet échange épistolaire. En témoigne aussi les propos suivants d’Éric-Emmanuel Schmitt : « Les religions sont civilisatrices, toutes, depuis l’origine. Elles dénoncent l’égoïsme, la dictature du profit, l’argent érigé en idole ; elles promeuvent l’altruisme, la générosité, la charité. Elles invitent à l’hospitalité, à la fraternité, elles cherchent à dessiner un homme meilleur, puis à le faire exister. Si elles ne sont pas toujours divinisantes, elles sont toujours humanisantes. »

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    5 min

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