EDF a récemment publié son observatoire de l'opinion publique sur le climat, mené dans 30 pays sur tous les continents. Ce document fournit des informations et un baromètre intéressant à nos politiques publiques. Le sondage montre qu’il est plus important dans le monde de donner priorité à l’environnement que donner priorité à la croissance et aux emplois.
En Chine, le réchauffement climatique est le premier motif d'inquiétude, loin devant le pouvoir d’achat, qui arrive deuxième.
Dans un seul des 30 pays sondés, une nette majorité de la population pense que le changement climatique n'est pas d'origine humaine. C’est en Arabie Saoudite. Les rares pays européens producteurs d’énergies fossiles, comme la Norvège, la République Tchèque et la Pologne, sont plus climato-sceptiques que les Américains. La population Américaine donne aussi la priorité à l'environnement plutôt qu’à la croissance économique, quoique dise leur président.
Dans des pays froids comme la Norvège, presque la moitié de la population pense que le changement climatique sera surtout une bonne affaire, alors qu'au Japon, 77% de la population pense que ce sera une mauvaise affaire. Ces chiffres montrent que les populations voient surtout les conséquences pour leur propre pays et ne semblent pas tenir compte du milliard de réfugiés climatiques si la planète se réchauffe de 3°C.
Plus surprenants encore sont les réponses au sujet de l’énergie nucléaire. 60% des Chinois interrogés pensent que l’énergie nucléaire contribue au réchauffement climatique. En Amérique latine et en Inde, ils ont même 70 % à partager cette fausse conviction.
Une autre surprise concerne l’agriculture : Bien que l’agriculture soit responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et qu’elle réchauffe la planète 100 fois plus que l’énergie nucléaire, la moitié des personnes interrogées ignore les émissions de l'agriculture. Le numérique et l’internet émettent 40 fois plus que le nucléaire, mais la moitié de l’humanité pense que ces émissions sont négligeables !
Pour la production d'électricité, la priorité est donnée au solaire, ce qui est compréhensible pour les pays ensoleillés et sans hivers froids. Le sondage montre aussi que les gouvernements et les acteurs économiques sont bien sensibilisés par les risques du changement climatique.
Les Chinois sont les plus optimistes au monde, convaincus que les technologies permettent de sauver le climat. Les Français au contraire font le moins confiance à la technologie et pensent majoritairement qu’il faudrait changer le mode de vie. Les Français font partie des peuples les plus pessimistes concernant une adaptation possible au réchauffement climatique.
Quasiment tous les pays ont un point en commun : Ils sont favorables à plus de réglementation des secteurs responsables du réchauffement de la planète. Logiquement, une large majorité souhaite l'électrification des activités économiques, avec une seule exception : La moitié des européens ne semblent pas encore convaincus par de l’utilité de la voiture électrique.
Ce sondage d’EDF nous montre donc deux choses :
Premièrement, toute une série de faits techniques évidents ne s'imposent pas d'eux-mêmes.
Deuxièmement, il est généralement souhaité que les gouvernements changent la réglementation, mais une majorité des personnes sondées ne souhaite pas changer de mode de vie, alors que le but de la réglementation est de changer presque toutes les activités économiques et donc les modes de vie.
L’effort pédagogique nécessaire possède donc un volet technique et un volet moral. Le volet technique concerne le nucléaire et l’agriculture, le volet moral concerne la contradiction humaine à vouloir changer les lois sans vouloir changer le comportement. Jésus n’a cessé de mettre cette contradiction humaine à la lumière, avec beaucoup de bienveillance et en offrant sa grâce à ceux qui se repentent de leurs contradictions.
Chronique signée Peter Strack.
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