Culturellement l’été a été marqué par l’adaptation à l’écran de L’Odysée d’Homère par Christopher Nolan.
Le cinéaste a fait de l’hospitalité et de l’accueil de l’étranger - la loi de Zeus - le fondement d’une civilisation en bonne santé. C’est en rompant avec ces principes que les Grecs partis à Troie ont fragilisé la leur, et qu’en les détournant, les prétendants d’Ithaque mettent en danger leur propre patrie. Mais notre civilisation n’est pas seulement grecque, elle est gréco-abrahamique. Dans la Genèse -chapitre 18 - au chêne de Mambré, Abraham accueille spontanément trois inconnus de passage sous sa tente, leur lave les pieds - geste que Jésus refera avec les apôtres - et leur sert un repas.
L’ancien ambassadeur de la Palestine à l'Unesco Elias Sanbar et l’historien israélien Elie Barnavi, qui furent tous deux négociateurs des accords de paix d’Oslo, et qui coprésident le week-end prochain la 48ème édition du Livre sur la Place, s’exprime à ce sujet dans les termes suivants : « La Bible, l’Évangile et le Coran sont des textes littéraires. Le nom hébraïque de la Bible et le Coran ont la même racine, qui veut dire « lire ». Enlevez cette racine-là, et plus rien n’y existe, plus rien n’y a de sens. On se bat ailleurs pour du territoire, des ressources ou des mythes ; il n’y a que là-bas, en Terre sainte, qu’on se batte pour la signification et la véracité de textes littéraires. Mais la guerre des livres n’est pas une fatalité. Ces mêmes textes enseignent aussi la tolérance, l’humanité partagée, la vertu suprême de la paix. Il faut apprendre à les lire. L’Écriture, a proclamé un pamphlet du temps des guerres de religion françaises, est couteau de fripière, qui tranche des deux côtés. À nous d’apprendre à lui faire trancher du bon côté. »
Vous pourrez aussi rencontrer Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Éloi qui, forts de leurs vécus et expériences, se remémorent les temps d'avant, qui d'une Palestine génocidée à une Haïti faillie, se racontent la tyrannie des puissants, le racisme, la prédation, l'ère de la techno-finance et des milliardaires, la crise climatique, la cartographie des guerres et des catastrophes.
Mais dans Les fascistes n'ont jamais compté les étoiles, ils invitent aussi à revenir aux mythes qui ont façonné le monde, afin de réimaginer ensemble l'amitié, la solidarité, la créativité, et redonner place à l'hospitalité. Une lecture nécessaire à quelques mois d’une élection présidentielle probablement confisquée par les extrêmes fascisants.
Figure incontournable de la scène musicale internationale, l’artiste israélienne Yael Naim est l’invité idéal pour clore cette 48ème édition du Livre sur la Place, qui s’annonce d'ores et déjà exceptionnelle. Dans ses mémoires, qu’elle vient d’écrire, elle relate avant tout le parcours d’une femme libre et engagée, notamment auprès des Guerrières de la paix. Depuis 2022, sous l’impulsion d’Hanna Assouline, les Guerrières de la Paix luttent contre toutes les formes de haine qui traversent la société française, et notamment le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie, la haine anti-LGBT et tous les ostracismes.
Au-delà de nos frontières, elles sont mobilisées partout où les droits des femmes sont menacés et les droits humains bafoués. Ukrainiennes, Ouighours, Iraniennes, Palestiniennes, Israéliennes, Russes, Rwandaises
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