Quand un navire de croisière arrive au port de Marseille, c’est tout un monde qui se met en marche. Regard à 360° et rencontre avec tous les acteurs du secteur et ses opposants.
Le Navire MSC Orchestra arrive au port de Marseille. Pilotes, lamaneurs, dockers sont là pour l’accueillir. Chaque année, plus de 2 millions de croisiéristes sont accueillis à Marseille, un chiffre en constante augmentation depuis 2013, date à laquelle la ville de Marseille a été élue Capitale européenne de la culture. Thibaud Teillard, journaliste pour Le Marin, explique : "La ville voulait changer l’image de Marseille, devenir une ville touristique. On n’imagine pas aujourd'hui le Marseille d’il y a seulement 20 ans. Ce qui est paradoxal, c’est que c’est au moment où les bateaux polluent le moins qu’on ne s’est jamais autant préoccupé de leur impact et qu’on n'a jamais autant dit que le port était source de pollution."
Depuis la victoire des listes de gauche du Printemps marseillais, menées par Michèle Rubirola, aux élections municipales de 2020, les bateaux de croisière n’ont pas bonne presse à Marseille. Le collectif Stop Croisières représente une grande partie de cette contestation citoyenne. Guillaume Picard, ancien chef mécanicien de la marine marchande, confie : "Ce ne sont pas les bateaux qui me gênent, ce sont les gens qui les gèrent, qui les exploitent et qui nous empoisonnent et nous mentent. Ce que je reproche aux armateurs, c'est que leur seul but, c'est d’enrichir les actionnaires et que pour ça, ils sont prêts à tout."
Les navires de croisière cristallisent une bataille idéologique entre les intérêts de la ville et ceux du port. Michel Peraldi, anthropologue : "Le port se referme petit à petit avec la mise en place de polices et de règlements de plus en plus stricts et surtout la mise en place d’une barrière physique achevée dans les années 1920-30 qui coupe le port complètement de la ville."
Avec
Guillaume Kabassakalian, directeur d’exploitation de la société MPMM, manutention portuaire multivrac multiservices.
Guillaume Picard, ancien chef mécanicien de la marine marchande et membre du collectif Stop Croisière
Thibaud Teillard, journaliste pour Le Marin.
Michel Peraldi, anthropologue et sociologue
Marcel Cavagnaro, gérant des Porteurs de bagage de Marseille
Jean-François Suhas, pilote du port de Marseille et élu de la CCI Marseille Provence
Lukas Vollmy, vignerons et gérant de la société Microcosmos
Gaëlle Manca, créatrice et gérante à l’Atelier du Corail
Rémy, du collectif Stop Croisières
Ruben Garcia, cuisinier embarqué
Marc Feuillebois, directeur de l’association Seamen’s Club
Vadim, élève officier de la marine marchande
Merci à Arthur du collectif Stop Croisières, Hélène Lebas et Marie Litique de l’Association Marseille Provence Croisière, Julien Massoni du Terminal de croisière et Florence Pelletier
Textes cités et lus par Marc Lamigeon : Banjo de Claude Mc Key, 1929
Bibliographie
Michel Peraldi, Claire Duport et Michel Samson, Sociologie de Marseille, éditions La Découverte