« Je ne t’aime plus pour toi. Je t’aime pour l’usage que j’en fais. Tu es un meuble utile, mais le vernis a sauté. »
Pour son cinquante-huitième anniversaire, Sata a offert à son mari une vérité chirurgicale. En une phrase, elle vient de l’amputer de son humanité pour le reléguer au rang d’objet domestique. Entre le guéridon Louis XV et le pot de confiture de figues, trente ans de mariage se transforment soudain en un inventaire comptable où l’affection n’est plus qu’une pathologie encombrante.
Face à ce « meurtre symbolique », que reste-t-il ? La dignité, conseille un ami. Les anxiolytiques, suggère un psychiatre. Mais alors que le décor de leur vie sociale — le mariage des enfants, les dîners mondains — exige une perfection de façade, une métamorphose silencieuse s’opère dans l’ombre de la chambre séparée.
Puisque Sata veut un meuble, elle aura un monument. Un monument de silence et de poids, capable d’étouffer jusqu’à la dernière certitude.
Dans ce huis clos psychologique à l'ironie dévastatrice, l'auteur explore la mécanique de l'indifférence et la cruauté des bilans de vie. Un récit d'une précision clinique sur la chute des corps et la résistance des objets.
Régulièrement, je capture des instants inspirés de ma vie :
Une pensée brute, une réflexion attrapée au vol, servie chaude — souvent en mobilité, hic et nunc.
C’est du direct. C’est du vrai.
Embarque avec moi, on se retrouve sur https://piaille.fr/@RaoulVolfoni