Quelle est l'origine du gros bloc présent devant le lycée Descartes de Saint-Genis-Laval ? Pour répondre à notre problématique, nous avons tout d'abord analysé une carte géologique de la région. La roche principale étant des moraines, nous sommes allés sur le terrain pour en vérifier la composition. Ces dernières présentaient de nombreux blocs anguleux non classés caractéristiques des moraines et les roches observées dans les fondations du lycée étaient similaires. Nous avons cassé quelques fragments du bloc erratique situé devant notre lycée que nous avons envoyé à Gweltaz Mahéo, un chercheur en géologie, pour la réalisation d’une lame mince observable au microscope polarisant et pour analyse chimique. Nous souhaitions également avoir une datation isotopique mais elle ne pouvait être faite sur place et les coûts devenaient alors trop importants. L’observation à la loupe des différents minéraux de ce bloc erratique a montré qu’il devait s'agir d’un granite. Après deux mois d’attente, nous sommes allés récupérer notre lame mince à l'université Lyon 1. L’observation de la précieuse lame mince en LPA et LPNA confirmant qu’il s’agissait bien d’un granite. Nous avons également pu déterminer la composition chimique du granite à l’aide d’une analyse aux rayons X d’un fragment de notre échantillon réduit en poudre. En la comparant à celles des granites alpins trouvées dans un article du «Journal of Petrology » publié en 1999 par François Debon et Marie Lemmet, nous avons pu identifier son origine et retracer le chemin qu’il a parcouru. Nous en avons déduit que ce bloc erratique est vieux de 335 +/- 13 Ma et est probablement issu de l'orogenèse hercynienne (Paléozoïque). Il proviendrait de la chaîne de Belledonne et plus particulièrement de la zone des « Sept-Laux ». Il a été transporté par un glacier alpin lors de l’avant-dernière glaciation du Riss (de -300 000 à -120 000 ans). Puis a été déposé au niveau de notre lycée lors de la période interglaciaire qui a suivi (-120 000 ans). Il ne sera pas mobilisé par la glaciation suivante puisque les glaciers du Würm se sont arrêtés plus à l’est de Lyon. C’est ainsi que nous avons, par l’histoire géologique de notre bloc allant du Paléozoïque jusqu’au Quaternaire, compris une partie de l’histoire géologique de notre rue.