Sabaté, anarchiste avec de nombreuses années de lutte derrière lui, vit en exil en France, mais depuis la fin de la guerre civile, il n’a cessé de faire des incursions en Espagne pour tenter de renverser le régime de Franco en utilisant la seule méthode qu’il connaît et qu’il considère comme efficace : l’action directe armée. À Noël 1959, Sabaté a quarante-quatre ans et est malade, fatigué et déprimé. Ses camarades de combat sont presque tous morts, tout comme ses frères, ce qui pèse lourdement sur sa conscience. Malgré tout, il ne peut pas abandonner la cause et, désobéissant à tous les conseils, il décide de descendre à Barcelone, en traversant la frontière à pied, comme il l’a toujours fait, en parcourant les forêts et les montagnes avec l’aide des paysans qui vivent dans fermes isolées et qui l’ont toujours accueilli, en s’associant à la lutte anti-franquiste.
Il voyage avec quatre compagnons rompus au combat (moins dans le cas de Martin, qui est débutant), qui acceptent la mission par fidélité au mythe de Quico Sabaté, qui a toujours été rusé et stratège, ce qui l’a fait survivre à vingt ans de poursuites policières incessantes. Mais il ne faut pas longtemps pour constater que les choses « à l’intérieur » ont changé, que les gens ne sont pas disposés à l’aider comme d’habitude et que la police a une longueur d’avance.