Au coeur de cette tragique pandémie, particulièrement pour les médecins généralistes, le Gouvernement nous aura habitués aux revirements les plus loufoques et à toutes les bouffonneries. Une mascarade (le jeu de mots est facile) que ne manqueront certainement pas de questionner les futures commissions d'enquête.
La stratégie de déconfinement enfin dévoilée
Le Premier ministre Édouard Philippe a présenté mardi dernier à l’Assemblée nationale le plan de déconfinement qui sera mis en oeuvre après le 11 mai. Il a souhaité "revenir précisément sur [le] sujet [des masques]."
On est passé du déni ("il y a suffisamment de masques") à l'aveu qu'il n'y en a plus depuis Bachelot, en passant par la pénurie masquée... Édouard Philippe fait dans le comique de répétition en en remettant une couche. "Masques : un fiasco et des mensonges" titrent Pauline Moullot et Ismaël Halissat dans un article au vitriol paru le 27 avril dans Libé.
Lire : Coronavirus : les masques vont tomber
"Cette question des masques a suscité l’incompréhension et la colère de nombreux Français. Pourquoi n’y en avait-il pas pour tout le monde ? Fallait-il en porter ? Où les trouver ? Lorsque la crise a commencé, nous disposions d’un stock important de masques chirurgicaux. Important au sens où il permettait de répondre à plus de 20 semaines de consommation normale des services hospitaliers. La production nationale était inférieure à la consommation normale, mais complétée par des importations régulières." Nous avons pris la décision de "réserver le stock existant aux soignants hospitaliers. Pour garantir la fourniture de ces masques à ceux qui, en première ligne, auraient à soigner les malades. Il est arrivé que nous doutions de notre capacité à garantir cet approvisionnement dans la durée. Réserver les masques aux soignants, c’était mécaniquement refuser de les distribuer à d’autres. C’est un choix difficile, un choix contesté, un choix que j’ai estimé nécessaire."
"Les pharmacies et la grande distribution seront invitées à vendre, dans des conditions que nous définirons avec eux pour éviter les phénomènes de pénurie, des masques jetables ou lavables. Les particuliers sont bien sûr invités à se confectionner eux-mêmes des masques" a ajouté Édouard Philippe. Le conseil scientifique Covid-19 préconise le port systématique d’un masque dans les lieux recevant du public, dans son avis du 20 avril.
Deux informations : la première, c'est que les masques ont été réservés aux soignants. À croire que les médecins généralistes ne sont pas des soignants; le Gouvernement ne jure que par l'hôpital. Deuxième information : les masques qui n'étaient pas disponibles (d'ailleurs ils n'étaient pas jugés utiles) vont devenir obligatoires dans certains endroits (comme les transports en commun). D'ailleurs, puisqu'ils sont obligatoires, ils deviennent disponibles. Ou vice-versa.
Loin d’assumer un changement de doctrine politique, la majorité estime que c’est en fait un revirement scientifique. C’est ce qu’a expliqué le député LREM Sylvain Maillard mardi dernier sur BFMTV. “Je comprends qu’on puisse s’étonner d’un changement de doctrine, c’est le cas. Mais le changement n’est pas politique, il est scientifique, a indiqué l’élu. Les mêmes scientifiques qui ne parlaient pas ou disaient que le masque ne devaient servir qu’aux soignants sont en train de nous dire l’inverse”. Pour une fois, le changement c'est maintenant !
Les masques vont être disponibles. Massivement disponibles. Tout d'un coup. Là où le pharmacien comptait à l'unité son maigre stock de masques, la grande distribution nous en vend des millions dans quelques jours. Zorro est arrivé... masqué !
Les masques sortent du chapeau ... de la grande distribution !
Dans un communiqué commun, les 7 ordres de professionnels de santé s'insurgent : "Comment s’expliquer que nos soignants n’aient pas pu être dotés de masques quand on ...