Aujourd'hui l'économie

Matteo Renzi défie l’Europe


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La Commission européenne menace de retoquer le budget de l'Italie pour 2017 et Matteo Renzi menace lui de mettre son veto au budget européen. Pourquoi une telle passe d'arme entre Rome et Bruxelles?
 
Vu de Rome l’enjeu de ce bras de fer c’est le fardeau des migrants. Pour accueillir ceux qui déferlent sur les côtes italiennes, Matteo Renzi a fortement augmenté les dépenses publiques prévues en 2017. D’où un déficit qui explose : 2,3 % du produit intérieur brut, c’est un dépassement considérable par rapport à la trajectoire fixée à Bruxelles. Dans un courrier envoyé mercredi au gouvernement italien, la commission a prévenu : le budget italien risque d’être retoqué. On le saura lundi.
Quelques heures plus tard à la télévision italienne, Matteo Renzi a répondu à sa façon : puisque les pays de l’Est ferment leurs portes aux migrants, l’Italie, un contributeur net de l’union, mettra son veto au budget européen. Si le président du conseil fait autant de bruit, c’est parce qu’il est aujourd’hui en campagne électorale. Il a appelé les Italiens à se prononcer par référendum le 4 décembre prochain sur une réforme constitutionnelle et la victoire est loin d’être acquise d’après les derniers sondages.
 
Les Italiens pourraient exprimer leur déception sur l’économie dans les urnes
 
Ils s’intéressent peu à cette réforme du Sénat, censée mettre fin à l’instabilité gouvernementale. Leur souci numéro un est encore et toujours le chômage. Il y a aujourd’hui 11,4 % de sans-emploi. Malgré la baisse d’un point étalée sur un an, le niveau élevé du chômage demeure préoccupant. C’est le symptôme le plus douloureux du semi-échec des Renzinomics. Mercredi encore, la Monte dei Paschi di Siena, la plus vieille banque italienne, a annoncé la suppression de 2600 emplois.
D’autres plans sociaux pourraient suivre dans le secteur bancaire toujours plombé par des créances douteuses. La réforme du Code du travail, le Job act, l’une des mesures phares du programme de Matteo Renzi, a créé de l’emploi, mais la croissance n’a pas pris le relais pour soutenir les embauches. Au deuxième trimestre la croissance était nulle, on s’attend au mieux à 0,5 % de croissance pour cette année et à peine mieux en 2017.
 
Les freins à la croissance
 
Le nettoyage des banques n’a pas été achevé et il pèse sur les entreprises. Les canards boiteux n’ont toujours pas été repris en main ou absorbés dans des fusions. Autre explication donnée par le gouvernement italien : l’excès d’impôts étouffe l’activité. Depuis deux ans, il y remédie en allégeant la note et il a introduit de nouvelles baisses des taxes dans son budget 2017. Mais selon des observateurs, c’est un budget très électoral, il y a surtout encore trop de dépenses publiques, impossible de diminuer les rentrées d’argent sans faire baisser les sorties. C’est précisément ce qui indispose la commission de Bruxelles.
Enfin les dépenses publiques sont mal orientées : l’argent public va toujours vers les plus âgés. Les retraites absorbent 70 % des dépenses sociales. Ce n’est pas étonnant dans un pays de plus en plus vieux, mais c’est un vrai problème pour les jeunes toujours exclus du marché de l’emploi. 40 % des moins de trente ans sont toujours à la recherche d’un travail, la moyenne européenne est de 30 %.
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Aujourd'hui l'économieBy RFI