Évangile du Mardi 4 juin - 9e semaine du Temps ordinaire (tiré du Prions en Église et pour les personnes qui voudraient s’abonner au Prions)
« Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » Mc 12, 13-17
En ce temps-là, on envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode pour lui tendre un piège en le faisant parler, et ceux-ci vinrent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? » Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. » Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? – De César », répondent-ils. Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.
Ce matin, cet Évangile nous questionne sur notre propre parole. Nous savons que nous pouvons mentir mais le texte d’aujourd’hui nous place devant une réalité plus terrible à l’égard de la Parole de Dieu : l’hypocrisie. Par celle-ci, la Parole devient instrumentalisée pour piéger les personnes, pour les soumettre, pour les prendre à partie et même pour les dominer. C’est probablement ce que Jésus détestait le plus si on se fie à la virulence avec laquelle Il parlait aux pharisiens, car cette hypocrisie l’attaque de plein fouet, Lui la Parole Unique du Père.
Par la réaction de Jésus et par sa parole finale, « ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », ne sommes-nous pas invités à laisser à Dieu, en sa Parole, sa pleine liberté en nous. La Parole de Dieu ne peut jamais être assujettie ou mise au service de notre profit, de notre ambition, de notre suffisance, de notre orgueil, etc. La Parole doit toujours demeurer libre en nous et, pour ce faire, nous devons demeurer devant Elle comme celui qui la reçoit dans une profonde gratitude. Car la Parole nous précède toujours, car Elle est à l’origine de tout, de l’univers comme de notre être.
L’essence de la Parole, à ce titre, est d’être commencement, naissance éternelle. L’instrumentaliser, c’est automatiquement la faire taire, la pervertir et l’empêcher d’avoir sa puissance créatrice et salvatrice. C’est pourquoi Elle perd en nous sa force miraculeuse, celle qui guérit, qui chasse les démons, qui ressuscite… C’est pourquoi nous ne pouvons jurer par Elle, car Elle porte, par Elle-même, sa propre attestation. Elle porte en Elle-même le témoignage du Père, qui assure qu’Elle est véridique.
Les César de ce monde qui se servent de la parole comme d’une propagande, d’une désinformation, d’une continuelle manipulation, d’un instrument de profit, etc. portent en mascarade la parole, coupée est-elle alors de la véritable source de la parole, Dieu. Nous devons réellement apprendre à discerner entre les paroles vides du monde et la Parole de Dieu qui est source de tout. Cette Dernière est vraie, libre, gratuite, porteuse de Vie, libératrice, créatrice, salvatrice… tandis que l’autre tue, enchaîne, manipule, domine, exige rétribution,…