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Or
Comment s'enraciner dans la force des legs ancestraux sans s'enfermer dans la sclérose ou l'intégrisme, l'éternel dilemme de la tension et de l'équilibre entre traditions et modernités est posé par Michel Louyot. L'enjeu étant de mieux s'ouvrir aux autres sans se perdre dans le monde. C'est la question qu'il ne cesse de poser dans ses oeuvres lui qui a tant voyagé, en tant qu'attaché culturel, diplomate, enseignant, toujours pour représenter la Culture française à l'étranger. De quoi s'interroger sur les mystères insondables de sa propre identité, cette construction qui est le fruit d'un temps long et dont nous sommes les dépositaires mais aussi les vecteurs de transmission. "L'identité naît de l'échange et se renouvelle par lui". C'est la réponse qu'il donnait dans sa Lettre de Corée. Sans nier la nécessité des appartenances multiples à sa ville ou à son village, à sa région, à son "petit pays", à sa nation, à l'Europe et au monde. Mais il en a perçu les limites et il recherche au moyen de l'écriture, un enracinement sur un autre plan, dans ce que Simone Weil appelle "la partie muette", ce qu'il nomme aussi l'entre-deux ou la mitoyenneté, quand l'identité ouverte est vécue comme une valeur relationnelle forte, ancrée. Ce territoire intérieur et extensible à l'infini il le nomme "Lorraine", car le pays de nos Origines est également celui de l'âme, qui, elle, est cosmopolite par nature mais au degré le plus haut et le plus profond car son enracinement, de nature spirituel transcende l'identité matérielle et l'enracinement dans une terre sans pour autant, bien sûr, l'annuler ou l'invalider. Bien au contraire. Cette Lorraine intérieure est donc le véritable personnage de ses livres, sa source et sa Terre promise. Le passé se retourne vers nous avec le visage de l'avenir. La mélancolie identitaire se transmute en espérance et en promesse d'unité dans la diversité des formes, des paysages parcourus et des êtres rencontrés. L'autre est toujours une part de moi-même venue me compléter si je l'accueille en tant que tel. Il n'y a plus d'étrangers dans le monde quand il n'y a plus d'étranger en moi-même.
Michel Louyot commence sa carrière comme professeur de lettres en Moselle et la poursuit durant plus de trente années en Europe centrale et orientale puis en Extrême-Orient sur l'île de Ky?sh? en occupant diverses fonctions : lecteur, attaché et conseiller culturel. Il a reçu le 7 novembre 2016 le prix Erckmann-Chatrian, le « Goncourt lorrain ». Il est le petit-neveu du peintre Edmond Louyot auquel il a consacré une monographie. Le père de Michel Louyot, Lucien Louyot, a reçu à titre posthume le titre de Juste parmi les nations. Michel Louyot est le père du poète Alcide Mara. L'identité « austrasienne » revendiquée par l'auteur, n'en est pas moins ancrée dans l'histoire à laquelle cet « homme de l'Est » reste attaché. La mémoire imaginante est en effet la définition que donne Michel Louyot de la fonction créatrice et ce, dans le sillage de Sohravardî, le mystique persan. Prose poétique, brefs romans initiatiques et récits imprégnés d'un humour léger caractérisent une œuvre qui se poursuit, en marge des modes, en clair-obscur, vers une sorte de réalisme magique.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Comment s'enraciner dans la force des legs ancestraux sans s'enfermer dans la sclérose ou l'intégrisme, l'éternel dilemme de la tension et de l'équilibre entre traditions et modernités est posé par Michel Louyot. L'enjeu étant de mieux s'ouvrir aux autres sans se perdre dans le monde. C'est la question qu'il ne cesse de poser dans ses oeuvres lui qui a tant voyagé, en tant qu'attaché culturel, diplomate, enseignant, toujours pour représenter la Culture française à l'étranger. De quoi s'interroger sur les mystères insondables de sa propre identité, cette construction qui est le fruit d'un temps long et dont nous sommes les dépositaires mais aussi les vecteurs de transmission. "L'identité naît de l'échange et se renouvelle par lui". C'est la réponse qu'il donnait dans sa Lettre de Corée. Sans nier la nécessité des appartenances multiples à sa ville ou à son village, à sa région, à son "petit pays", à sa nation, à l'Europe et au monde. Mais il en a perçu les limites et il recherche au moyen de l'écriture, un enracinement sur un autre plan, dans ce que Simone Weil appelle "la partie muette", ce qu'il nomme aussi l'entre-deux ou la mitoyenneté, quand l'identité ouverte est vécue comme une valeur relationnelle forte, ancrée. Ce territoire intérieur et extensible à l'infini il le nomme "Lorraine", car le pays de nos Origines est également celui de l'âme, qui, elle, est cosmopolite par nature mais au degré le plus haut et le plus profond car son enracinement, de nature spirituel transcende l'identité matérielle et l'enracinement dans une terre sans pour autant, bien sûr, l'annuler ou l'invalider. Bien au contraire. Cette Lorraine intérieure est donc le véritable personnage de ses livres, sa source et sa Terre promise. Le passé se retourne vers nous avec le visage de l'avenir. La mélancolie identitaire se transmute en espérance et en promesse d'unité dans la diversité des formes, des paysages parcourus et des êtres rencontrés. L'autre est toujours une part de moi-même venue me compléter si je l'accueille en tant que tel. Il n'y a plus d'étrangers dans le monde quand il n'y a plus d'étranger en moi-même.
Michel Louyot commence sa carrière comme professeur de lettres en Moselle et la poursuit durant plus de trente années en Europe centrale et orientale puis en Extrême-Orient sur l'île de Ky?sh? en occupant diverses fonctions : lecteur, attaché et conseiller culturel. Il a reçu le 7 novembre 2016 le prix Erckmann-Chatrian, le « Goncourt lorrain ». Il est le petit-neveu du peintre Edmond Louyot auquel il a consacré une monographie. Le père de Michel Louyot, Lucien Louyot, a reçu à titre posthume le titre de Juste parmi les nations. Michel Louyot est le père du poète Alcide Mara. L'identité « austrasienne » revendiquée par l'auteur, n'en est pas moins ancrée dans l'histoire à laquelle cet « homme de l'Est » reste attaché. La mémoire imaginante est en effet la définition que donne Michel Louyot de la fonction créatrice et ce, dans le sillage de Sohravardî, le mystique persan. Prose poétique, brefs romans initiatiques et récits imprégnés d'un humour léger caractérisent une œuvre qui se poursuit, en marge des modes, en clair-obscur, vers une sorte de réalisme magique.
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