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Or
C'est à l'Est que sont les parages de Michel Louyot. Il naît à Pont-à-Mousson le 28 septembre 1938. Les déchirements de l'Histoire vont le marquer profondément. Son enfance est pleine de caches et de chambres obscures hantées de perquisitions car son père se livre à des activités clandestines dans ce pays de marches et de marges submergées par la marée hitlérienne. Vol de vautours aux serres acérées sur la Lorraine, d'est en ouest, entre La Lobe et Pont-à-Mousson sur cette frontière des invasions, entre Moselle annexée et Meurthe-et-Moselle occupée. La paix revenue, les fantômes sont enfouis mais dis-moi qui te hante et je te dirai qui tu es.
Il mène alors au sein des Trente glorieuses des études de Lettres classiques à l’Université de Strasbourg puis de russe à l’Institut des Langues orientales à Paris. L'appel de l'Est se fait plus lointain. De 1967 à 1989, il occupe divers postes aux Relations culturelles extérieures en Europe centrale et orientale ainsi qu’en Union soviétique. Attaché culturel à Moscou, chargé des échanges artistiques , avant et pendant la perestroïka puis Conseiller culturel à Prague dans les trois dernières années du régime. Il écrit depuis l’Est de son être et semble à l'Orient de toute chose. Pour comprendre l'identité profonde de sa Lorraine déchirée, de sa Lorraine au tragique destin. Elle est peuplée des spectres des Malgré-Nous jamais rentrés, de ces Vermisst dont les familles turent le deuil impossible, de ces déportés, de ces évacués, de ces expulsés et de ces transplantés, de toutes ces communautés de la souffrance aux destinées indéchiffrables et incompréhensibles les unes pour les autres. Nul n'est prophète en son pays, en son Heimat. En Lorraine encore moins qu'ailleurs, car on y parle sa langue natale comme une langue étrangère et elle n'est jamais la même, comme un espéranto de la douleur. Le poids d'un passé qui ne passe pas y est comme un passeport scellé et un leg incompréhensibles. En étrange pays dans son pays même, Michel Louyot a sans doute éprouvé le besoin de se désorienter pour se réorienter. Toujours menacé par le venin de la mélancolie, il cherche son salut toujours davantage vers l'Orient extrême pour se dépayser et faire face à cette vérité de l'identité ouverte, le véritable enracinement est de nature spirituel et le sang, la terre et les morts ne sont là que pour nous éprouver dans notre attachement le plus intime. Distance et détachements sont le destin de l'Homme spirituel qui rend grâce à sa communauté parce qu'elle est l'expression de la diversité de l'humaine condition mais pas plus ni moins. Nationalisme et cosmopolitisme mondialisé d'une littérature-monde insubstantielle sont les deux faces d'une même impasse.
De 1989 à 1998, après avoir dirigé l’Institut franco-japonais de Fukuoka, il a enseigné la littérature française à l’Université de Kurumé au sud du Japon. Retiré à Strasbourg depuis 1998, il consacre son temps à l’écriture.
Deux de ses romans , «Lorraine» et «La main aux algues» ont été nominés par le jury de l’Académie Goncourt, un récit «L’ange de Bucovine» s’est vu décerner en Allemagne le Prix «Grenzen Fliessen», sa «Lettre de Corée» fut distinguée par la Ville de Colmar et, plus récemment, le Prix littéraire Erckmann-Chatrian a récompensé mon ouvrage «Un chouan lorrain». «Le Voyage en Prusse», «La chambre de Prague» (rencontre dans la capitale de l’ancienne Tchécoslovaquie avec François Nourissier), «Le pommier de Sakhaline» (mon voyage à Moscou à travers l’Allemagne sur les traces de Jakob Lenz en 1983) et «Si je vous dis Jitomir» (entre Lorraine et Ukraine) sont ses derniers livres.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
C'est à l'Est que sont les parages de Michel Louyot. Il naît à Pont-à-Mousson le 28 septembre 1938. Les déchirements de l'Histoire vont le marquer profondément. Son enfance est pleine de caches et de chambres obscures hantées de perquisitions car son père se livre à des activités clandestines dans ce pays de marches et de marges submergées par la marée hitlérienne. Vol de vautours aux serres acérées sur la Lorraine, d'est en ouest, entre La Lobe et Pont-à-Mousson sur cette frontière des invasions, entre Moselle annexée et Meurthe-et-Moselle occupée. La paix revenue, les fantômes sont enfouis mais dis-moi qui te hante et je te dirai qui tu es.
Il mène alors au sein des Trente glorieuses des études de Lettres classiques à l’Université de Strasbourg puis de russe à l’Institut des Langues orientales à Paris. L'appel de l'Est se fait plus lointain. De 1967 à 1989, il occupe divers postes aux Relations culturelles extérieures en Europe centrale et orientale ainsi qu’en Union soviétique. Attaché culturel à Moscou, chargé des échanges artistiques , avant et pendant la perestroïka puis Conseiller culturel à Prague dans les trois dernières années du régime. Il écrit depuis l’Est de son être et semble à l'Orient de toute chose. Pour comprendre l'identité profonde de sa Lorraine déchirée, de sa Lorraine au tragique destin. Elle est peuplée des spectres des Malgré-Nous jamais rentrés, de ces Vermisst dont les familles turent le deuil impossible, de ces déportés, de ces évacués, de ces expulsés et de ces transplantés, de toutes ces communautés de la souffrance aux destinées indéchiffrables et incompréhensibles les unes pour les autres. Nul n'est prophète en son pays, en son Heimat. En Lorraine encore moins qu'ailleurs, car on y parle sa langue natale comme une langue étrangère et elle n'est jamais la même, comme un espéranto de la douleur. Le poids d'un passé qui ne passe pas y est comme un passeport scellé et un leg incompréhensibles. En étrange pays dans son pays même, Michel Louyot a sans doute éprouvé le besoin de se désorienter pour se réorienter. Toujours menacé par le venin de la mélancolie, il cherche son salut toujours davantage vers l'Orient extrême pour se dépayser et faire face à cette vérité de l'identité ouverte, le véritable enracinement est de nature spirituel et le sang, la terre et les morts ne sont là que pour nous éprouver dans notre attachement le plus intime. Distance et détachements sont le destin de l'Homme spirituel qui rend grâce à sa communauté parce qu'elle est l'expression de la diversité de l'humaine condition mais pas plus ni moins. Nationalisme et cosmopolitisme mondialisé d'une littérature-monde insubstantielle sont les deux faces d'une même impasse.
De 1989 à 1998, après avoir dirigé l’Institut franco-japonais de Fukuoka, il a enseigné la littérature française à l’Université de Kurumé au sud du Japon. Retiré à Strasbourg depuis 1998, il consacre son temps à l’écriture.
Deux de ses romans , «Lorraine» et «La main aux algues» ont été nominés par le jury de l’Académie Goncourt, un récit «L’ange de Bucovine» s’est vu décerner en Allemagne le Prix «Grenzen Fliessen», sa «Lettre de Corée» fut distinguée par la Ville de Colmar et, plus récemment, le Prix littéraire Erckmann-Chatrian a récompensé mon ouvrage «Un chouan lorrain». «Le Voyage en Prusse», «La chambre de Prague» (rencontre dans la capitale de l’ancienne Tchécoslovaquie avec François Nourissier), «Le pommier de Sakhaline» (mon voyage à Moscou à travers l’Allemagne sur les traces de Jakob Lenz en 1983) et «Si je vous dis Jitomir» (entre Lorraine et Ukraine) sont ses derniers livres.
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