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Or


Comment passe-t-on de 10 % de vote pour le Rassemblement national à 33 % dans un département comme la Creuse en l’espace de huit ans ? C’est la question qui a travaillé Darel Bisset, de passage à Télé Millevaches en service civique. Il a interrogé politiques, militants, habitants et chercheurs – de la gauche à l’extrême droite – sur ce sujet.
Catherine Couturier, députée sortante battue par Bartolomé Lenoir en 2024, insiste sur le fait que les classes les plus précaires continuent de voter à gauche : « ce sont surtout les ouvriers et la classe moyenne, qui gagnent entre 1 200 et 1 900 euros par mois, qui votent RN par peur d’un déclassement. » Le sociologue Olivier Bouba-Olga confirme que les ouvriers sont la première catégorie sociale à voter pour le RN, surtout en ruralité, et assure qu’ils ont été crispés par certains discours de la gauche écologiste à l’égard de ceux qui font beaucoup de kilomètres en voiture, vivent en pavillonnaire et font des barbecues le dimanche. « Ces discours stigmatisants ont produit une véritable détestation envers le personnel politique. Je l’entends beaucoup sur le terrain. Ça fait peur, il y a vraiment de la haine ». La porte-parole du RN en Creuse, Camille dos Santos de Oliveira, exploite la faille : « Sandrine Rousseau a le métro à Paris, mais je la mets au défi de devenir infirmière ici et de rouler toute la journée en voiture électrique. Les élites qui vivent dans les métropoles sont déconnectées et ne réalisent pas que la France est en réalité essentiellement rurale. »
L’équipe de Darel se rend à Saint-Maurice-la-Souterraine, commune creusoise de 1 200 habitants qui a voté à près de 50 % pour le Rassemblement national. Dans le bourg, un café à vendre, des boutiques aux portes closes forment l’unique décor entourant la mairie. Après deux heures de porte-à-porte dans cette commune majoritairement composée de pavillons, il parvient à interroger un retraité dans son jardin qui explique avoir voté pour le RN par ras-le-bol et sentiment d’abandon. « Maintenant je suis dégoûté, je ne voterai plus pour personne, ça va jamais changer, on sera toujours des laissés pour compte » conclut-il, la voix tremblante.
Les militants de gauche auraient abandonné les campagnes, privilégiant la stratégie des villes et des quartiers populaires. « Alors que les militants du RN, eux, passent leur temps à aller les voir ! » insiste le sociologue Olivier Bouba-Olga.
By Comment passe-t-on de 10 % de vote pour le Rassemblement national à 33 % dans un département comme la Creuse en l’espace de huit ans ? C’est la question qui a travaillé Darel Bisset, de passage à Télé Millevaches en service civique. Il a interrogé politiques, militants, habitants et chercheurs – de la gauche à l’extrême droite – sur ce sujet.
Catherine Couturier, députée sortante battue par Bartolomé Lenoir en 2024, insiste sur le fait que les classes les plus précaires continuent de voter à gauche : « ce sont surtout les ouvriers et la classe moyenne, qui gagnent entre 1 200 et 1 900 euros par mois, qui votent RN par peur d’un déclassement. » Le sociologue Olivier Bouba-Olga confirme que les ouvriers sont la première catégorie sociale à voter pour le RN, surtout en ruralité, et assure qu’ils ont été crispés par certains discours de la gauche écologiste à l’égard de ceux qui font beaucoup de kilomètres en voiture, vivent en pavillonnaire et font des barbecues le dimanche. « Ces discours stigmatisants ont produit une véritable détestation envers le personnel politique. Je l’entends beaucoup sur le terrain. Ça fait peur, il y a vraiment de la haine ». La porte-parole du RN en Creuse, Camille dos Santos de Oliveira, exploite la faille : « Sandrine Rousseau a le métro à Paris, mais je la mets au défi de devenir infirmière ici et de rouler toute la journée en voiture électrique. Les élites qui vivent dans les métropoles sont déconnectées et ne réalisent pas que la France est en réalité essentiellement rurale. »
L’équipe de Darel se rend à Saint-Maurice-la-Souterraine, commune creusoise de 1 200 habitants qui a voté à près de 50 % pour le Rassemblement national. Dans le bourg, un café à vendre, des boutiques aux portes closes forment l’unique décor entourant la mairie. Après deux heures de porte-à-porte dans cette commune majoritairement composée de pavillons, il parvient à interroger un retraité dans son jardin qui explique avoir voté pour le RN par ras-le-bol et sentiment d’abandon. « Maintenant je suis dégoûté, je ne voterai plus pour personne, ça va jamais changer, on sera toujours des laissés pour compte » conclut-il, la voix tremblante.
Les militants de gauche auraient abandonné les campagnes, privilégiant la stratégie des villes et des quartiers populaires. « Alors que les militants du RN, eux, passent leur temps à aller les voir ! » insiste le sociologue Olivier Bouba-Olga.