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Mort d’Abdullah Ibrahim, immense pianiste de jazz sud-africain


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Le pianiste et compositeur de jazz sud-africain Abdullah Ibrahim, à la renommée internationale, est décédé ce lundi à l’âge de 91 ans en Allemagne. Le musicien à la longue silhouette a enregistré plus de 70 albums depuis ses débuts professionnels en 1949.

Il avait la silhouette de Nelson Mandela, géant efflanqué au visage grave, encadré par une chevelure touffue poivre et sel: l’élégant pianiste de jazz sud-africain Abdullah Ibrahim s’est éteint le 15 juin en Allemagne à 91 ans, laissant une musique singulière au parfum d’exil du temps de l’apartheid.

Cet immense pianiste de jazz se distinguait sur scène par la simplicité de son jeu épuré et ses lignes mélodiques nettes.

Métis, né au Cap en 1934, Adolph Johannes Brand, de son nom de baptême, prend des cours de piano dès l’âge de 7 ans, sous l’influence de sa mère, pianiste à l’église mais aussi lors de projections de films muets.

Il fait ses débuts professionnels à 15 ans, jouant avec de grands ensembles de swing, puis forme son premier groupe, le Dollar Brand Trio, à 24 ans. Il fuit l’Afrique du Sud en 1962, année où Nelson Mandela fut arrêté puis condamné à la prison à vie.. À l’époque, le jazz était devenu un symbole de la résistance à l’apartheid en raison de la mixité de ses groupes et de son public, mal vue du gouvernement.

Abdullah Ibrahim repéré par Duke Ellington en Suisse

Après un séjour en Suisse, où il est repéré par Duke Ellington, le jeune pianiste s’installe à New York et se produit, toujours sous le nom de Dollar Brand, avec l’orchestre du « Duke », étudie la composition à la prestigieuse Juilliard School of Music, côtoie d’autres jazzmen.

En 1971, lors d’un bref séjour au Cap, il se convertit à l’islam, prenant le nom d’Abdullah Ibrahim mais ne revint s’installer durablement dans son pays natal qu’en 1990 après la libération de Nelson Mandela pour lequel il joua lors de son investiture en 1994.

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Ayant enregistré plus de 70 albums, il affirmait en 2024 que devenir célèbre n’avait jamais été un objectif. Ses compositions parlent de ce qu’il « connaît le mieux », comme le lui avait recommandé un professeur de lycée : « Ma famille, mes amis, là où j’ai grandi ». Sa musique veut être « sincère, communier », confiait-il en 2021. « Il n’y pas de passé, d’avenir, juste le moment présent auquel on convie l’auditeur ».

Le 27 mars dernier, Abdullah Ibrahim s’est produit une dernière fois devant le public sud-africain lors de la 23e édition du festival international de jazz du Cap. À cette occasion, il avait confié : « C’est seulement aujourd’hui, après quatre-vingt-dix ans, que je commence à comprendre ce que signifie être un artiste ». Les obsèques de cette légende du jazz auront lieu à Aschau en Bavière où il résidait depuis 2012.

Philippe Gault (avec AFP)

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