
Sign up to save your podcasts
Or


Cette année marque les 100 ans de la mort d’Erik Satie. Personnalité tourmentée et complexe, Satie, à l’image de sa musique, n’en finit pas d’intriguer. Découvrez l’extravagance d’Erik Satie à travers ses 4 titres les plus étranges.
Erik Satie a connu une amitié au parfum doux-amer avec Claude Debussy. Leur entente, excellente au début, empire avec le temps et va jusqu’à se transformer en sorte de rivalité. C’est cette concurrence qui a fait germer l’idée du titre Trois morceaux en forme de poire chez Erik Satie.
Voici ce qu’ils se seraient dit :
Claude Debussy qui inspectait cette partition demanda à son ami :
«J’aime profondément Ravel, mais son art me laisse froid.» Erik Satie et Maurice Ravel se sont fréquentés avant que leur chemin ne se sépare pour raison de différence d’adhésion de mouvement.
Lors du concert spécial présenté par la SMI (Société Musicale indépendante), Ravel interprète Les Valses nobles et sentimentales. Erik Satie ayant assisté à la prestation de son camarade va avoir envie de lui répliquer de manière humoristique. Ainsi pour le taquiner sur sa prestation lors du concert de la SMI, Erik Satie crée Les Trois Valses distinguées du précieux dégoûté.
Cependant deux autres théories existent. L’une serait que ce morceau est une parodie de Ravel lui-même connu pour son élégance vestimentaire et ses bonnes manières qui amusaient beaucoup Satie. On dit même que Ravel aurait emporté avec lui plus de 50 chemises lors de sa tournée en Amérique en 1927.
Une autre possibilité subsiste et concerne Satie directement. Le « dégoûté » du titre ferait référence à un moment précis de sa vie. À la suite d’un héritage il est devenu propriétaire d’une douzaine d’habits de velours alors qu’il déteste le faste. Cette anecdote lui valut le surnom d’« homme de velours ».
Ce morceau est le rare aperçu de l’histoire d’amour d’Erik Satie avec la peintre Suzanne Valadon. « Biqui » était le surnom qu’il lui donnait.
Ce qui était initialement un cadeau pour les fêtes de Pâques pour sa chère et tendre, s’est transformé en un record ! Avec seulement 4 mesures, moins d’une minute d’interprétation et un tempo lent, c’est la plus courte des compostions complètes de Satie.
Le 8 mars 1920, une expérience musicale inédite se déroule au Théâtre du Colisée à Paris. À l’entracte de Ruffian toujours, truand jamais, pièce de Max Jacob, les deux compositeurs, Erik Satie et Darius Milhaud, présentent une série de courtes œuvres instrumentales : Chez un « Bistrot » et Un Salon, écrites pour deux pianos, trois clarinettes et un trombone.
A lire aussi
Le pianiste Alain Planès publie un album dédié à Erik Satie, mort il y a un siècle
Au moment de l’entracte le public est surpris par une annonce : « Nous vous présenterons aussi pour la première fois, par les soins de Messieurs Erik Satie et Darius Milhaud et sous la direction de Monsieur Delgrange, la musique d’ameublement, pendant les entr’actes de la pièce. Nous vous prions instamment de ne pas lui attacher d’importance et d’agir pendant l’entracte comme si elle n’existait pas. »
Le concept est clair : une musique de fond, conçue pour accompagner les conversations, et non pour être écoutée. Pourtant, lorsque les musiciens, placés aux quatre coins de la salle, commencent à jouer, le public s’interrompt, se tait, et écoute. Contre toute attente, la musique d’ameublement devient un véritable concert.
Alessandra Wyak
Retrouvez plus d’articles sur Erik Satie
Quiz Erik Satie : 5 questions sur le plus original des compositeurs
Vexations, une oeuvre d’Erik Satie : Les pianistes doivent se relayer pour l’interpréter !
La Mer, de Debussy : quand Erik Satie s’en amusait
Les Gymnopédies d’Erik Satie, l’insondable mystère de la simplicité
Cet article Musique classique : Les 4 titres les plus étranges d’Erik Satie est apparu en premier sur Radio Classique.
By Cette année marque les 100 ans de la mort d’Erik Satie. Personnalité tourmentée et complexe, Satie, à l’image de sa musique, n’en finit pas d’intriguer. Découvrez l’extravagance d’Erik Satie à travers ses 4 titres les plus étranges.
Erik Satie a connu une amitié au parfum doux-amer avec Claude Debussy. Leur entente, excellente au début, empire avec le temps et va jusqu’à se transformer en sorte de rivalité. C’est cette concurrence qui a fait germer l’idée du titre Trois morceaux en forme de poire chez Erik Satie.
Voici ce qu’ils se seraient dit :
Claude Debussy qui inspectait cette partition demanda à son ami :
«J’aime profondément Ravel, mais son art me laisse froid.» Erik Satie et Maurice Ravel se sont fréquentés avant que leur chemin ne se sépare pour raison de différence d’adhésion de mouvement.
Lors du concert spécial présenté par la SMI (Société Musicale indépendante), Ravel interprète Les Valses nobles et sentimentales. Erik Satie ayant assisté à la prestation de son camarade va avoir envie de lui répliquer de manière humoristique. Ainsi pour le taquiner sur sa prestation lors du concert de la SMI, Erik Satie crée Les Trois Valses distinguées du précieux dégoûté.
Cependant deux autres théories existent. L’une serait que ce morceau est une parodie de Ravel lui-même connu pour son élégance vestimentaire et ses bonnes manières qui amusaient beaucoup Satie. On dit même que Ravel aurait emporté avec lui plus de 50 chemises lors de sa tournée en Amérique en 1927.
Une autre possibilité subsiste et concerne Satie directement. Le « dégoûté » du titre ferait référence à un moment précis de sa vie. À la suite d’un héritage il est devenu propriétaire d’une douzaine d’habits de velours alors qu’il déteste le faste. Cette anecdote lui valut le surnom d’« homme de velours ».
Ce morceau est le rare aperçu de l’histoire d’amour d’Erik Satie avec la peintre Suzanne Valadon. « Biqui » était le surnom qu’il lui donnait.
Ce qui était initialement un cadeau pour les fêtes de Pâques pour sa chère et tendre, s’est transformé en un record ! Avec seulement 4 mesures, moins d’une minute d’interprétation et un tempo lent, c’est la plus courte des compostions complètes de Satie.
Le 8 mars 1920, une expérience musicale inédite se déroule au Théâtre du Colisée à Paris. À l’entracte de Ruffian toujours, truand jamais, pièce de Max Jacob, les deux compositeurs, Erik Satie et Darius Milhaud, présentent une série de courtes œuvres instrumentales : Chez un « Bistrot » et Un Salon, écrites pour deux pianos, trois clarinettes et un trombone.
A lire aussi
Le pianiste Alain Planès publie un album dédié à Erik Satie, mort il y a un siècle
Au moment de l’entracte le public est surpris par une annonce : « Nous vous présenterons aussi pour la première fois, par les soins de Messieurs Erik Satie et Darius Milhaud et sous la direction de Monsieur Delgrange, la musique d’ameublement, pendant les entr’actes de la pièce. Nous vous prions instamment de ne pas lui attacher d’importance et d’agir pendant l’entracte comme si elle n’existait pas. »
Le concept est clair : une musique de fond, conçue pour accompagner les conversations, et non pour être écoutée. Pourtant, lorsque les musiciens, placés aux quatre coins de la salle, commencent à jouer, le public s’interrompt, se tait, et écoute. Contre toute attente, la musique d’ameublement devient un véritable concert.
Alessandra Wyak
Retrouvez plus d’articles sur Erik Satie
Quiz Erik Satie : 5 questions sur le plus original des compositeurs
Vexations, une oeuvre d’Erik Satie : Les pianistes doivent se relayer pour l’interpréter !
La Mer, de Debussy : quand Erik Satie s’en amusait
Les Gymnopédies d’Erik Satie, l’insondable mystère de la simplicité
Cet article Musique classique : Les 4 titres les plus étranges d’Erik Satie est apparu en premier sur Radio Classique.