Bonjour et bonne rentrée à tous les auditeurs de RCF !
L’actualité de l’été n’a pas été particulièrement réjouissante et la complexité des enjeux nationaux ou internationaux peut décourager les commentateurs. J’ai choisi de revenir sur l’homélie qu’a donnée le Cardinal Robert Sarah le 26 juillet dernier à l’occasion du Grand Pardon de Sainte-Anne-d’Auray pour lequel il était l’envoyé extraordinaire de Léon XIV.
J’ai bien conscience que les paroles fortes et intransigeantes qu’il a prononcées n’ont pas plu à tout le monde et que certains y voient avant tout un discours antimoderniste et d’une morale insupportable. Je vois bien aussi ce qui peut être récupéré par des chrétiens dits « identitaires », c’est-à-dire plus attachés à la défense de l’idée qu’ils se font de la civilisation occidentale qu’au message d’amour du Christ, et je ne m’en réjouis pas. Je pense cependant qu’il faut bien considérer que, même s’il est à Rome depuis longtemps, le Cardinal Sarah vient d’un pays, la Guinée, où les musulmans sont la grande majorité et où il est difficile d’être catholique. Comme d’autres Africains, il considère que la France est une terre bénie de Dieu, qui a d’ailleurs évangélisé de larges parties du monde, et n’est pas suffisamment fidèle à sa vocation. Ainsi nous dit-il : « Ne profanez pas la France avec vos lois barbares et inhumaines qui prônent la mort alors que Dieu veut la vie. Ne profanez pas la France car c'est une terre sainte, une terre réservée à Dieu. (…) Dieu doit y avoir la première place. Et notre première activité est d'adorer, de glorifier Dieu. » Oui, il nous parle avec des accents auxquels nous ne sommes pas habitués, sauf parfois dans les homélies de certains prêtres africains… mais qui peuvent être bons à entendre si nous acceptons de nous laisser secouer, d’autant que le Cardinal Sarah a quand même démontré son amour de la France et que l’on peut considérer qu’il pratique à notre égard une forme de correction fraternelle.
D’ailleurs, il ne s’agit pas que de la France. On peut comprendre dans le message du Cardinal que la Création n’a pas été voulue par Dieu comme un ensemble de ressources à exploiter pour le profit, dans une logique consumériste au service des désirs individuels, mais que, au contraire la Terre, chaque Terre, est sacrée, tout comme le cœur de chacun, et que tous les peuples, comme tous les croyants, ont une vocation spirituelle à accomplir pour la Gloire de Dieu et le Salut du Monde. Mais j’ai bien peur que ce ne soit pas la préoccupation de ceux qui ont donné le ton de l’actualité de cet été sur cette planète.
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