La Gironde, territoire défiguré par un megafeu, en stress hydrique, lieu écologiquement fragile, dernier estuaire sauvage d'europe. Un lieu à protéger. Depuis 4 ans, une épée de damoclés est au dessus de ce territoire, l'installation d'une mega-usine à saumons.
L'État vient de valider : Sophie BROCAS, préfète de la Gironde, a signé le 4 août 2026 l’arrêté préfectoral d’autorisation environnementale du projet de la société Saumon du Médoc, implanté sur le site industrialo-portuaire du Verdon-sur-Mer.
Nous avions réalisé en août 2023 un entretien avec Jérôme Thomas de Estuaire 2050. L'alerte tient toujours. Soutenez le collectif en lutte !
Le projet Pure Salmon, en chiffres
- 14 hectares sur une friche portuaire au Verdon-sur-Mer
- 10 000 tonnes de saumon/an, environ 3 millions de poissons occupant l'équivalent de 250 piscines olympiques
- 275 à 280 millions d'euros investis, portés notamment par un fonds basé à Singapour
- Technologie RAS (circuit fermé) ; permis signé en mai, chantier prévu fin 2026, premiers saumons en 2030
Des densités hors normes
60 à 70 kg/m³ annoncés par Pure Salmon (jusqu'à 80-120 kg/m³ selon Seastemik), contre 15 à 25 kg/m³ en élevage en mer ouverte.
Un procédé qui a déjà craqué ailleurs
En circuit fermé, une panne emporte tout le cheptel d'un coup. Chez Atlantic Sapphire, la référence mondiale du RAS : 227 000 poissons morts en février 2020 au Danemark, 200 000 saumons abattus en urgence en juillet 2020 à Miami, 500 000 à 600 000 morts en mars 2021 pour un défaut de filtration. Au moins un épisode de mortalité massive par an depuis 2020 et d'autres cas recensés par L214 au Canada, au Japon, au Danemark et aux États-Unis.
L'eau, au cœur du problème
- Environ 2 400 m³/jour en fonctionnement, soit 10 fois la consommation actuelle de toute la commune du Verdon
- 200 000 m³ pour le seul remplissage initial des bassins
- Avis défavorable de la Commission Locale de l'Eau
- Site classé Natura 2000 et ZNIEFF, risque de submersion reconnu par l'État lui-même d'ici 2040
250 emplois promis, face à un territoire qui vit déjà de pêche, de conchyliculture et de tourisme et qui a bien d'autres atouts localement pour un développement durable
Une résistance qui ne faiblit pas
- 20 000+ contributions à l'enquête publique, très majoritairement défavorables
- 27 ONG, grand nombre de député·es, des scientifiques opposés et la ministre de la Transition écologique elle-même, défavorable à titre personnel
- Un projet quasi identique déjà abandonné à Boulogne-sur-Mer en 2021
- Une proposition de loi pour un moratoire de 10 ans en attente au Parlement
- Cinq associations (Seastemik, La Fraie sauvage, Estuaire 2050, Pays royannais environnement, Usines de Saumons Non merci) prêtes à saisir la Cour administrative d'appel de Bordeaux
Le saumon du Verdon n'existe pas encore. Tout ce qu'il faut pour qu'il n'existe jamais est déjà dans ce dossier.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.