L'industrie du cinéma se porte plutôt bien. Les recettes tirées de la vente des billets ont augmenté l'an dernier et frôlent les 39 milliards de dollars. Mais le marché chinois est en recul.
C’est un nouveau record, après une année 2015 déjà historique. Les recettes ont encore progressé de +1 % en 2016. Les amateurs du 7e art se sont précipités pour voir Captain America : Civil War, Le Monde de Dory, Batman vs Superman : l’aube de la justice, Zootopie, le dernier film d’animation de Disney ou bien encore le premier film dérivé de la saga Star Wars.
À eux seuls, les États-Unis et le Canada génèrent d’un tiers des recettes du cinéma. Des recettes qui ont augmenté de 2 % en 2016, à cause de l’augmentation du prix des billets et non pas d’une hausse du nombre de spectateurs. Mais les professionnels du secteur ne sont pas vraiment inquiets, car les jeunes Canadiens et Américains vont de plus en plus au cinéma. Ils sont attirés par les nouveaux écrans et systèmes de son et par les salles plus confortables. Il y a donc une marge de progression à exploiter.
Recul des recettes générées par les ventes de billets hors Amérique du Nord
La baisse est très légère (100 000 euros de moins) et s’explique en grande partie par le dollar fort. C’est donc une histoire de taux de change. L’industrie est toutefois inquiète d’abord parce que ce recul est le premier depuis 2005, et surtout qu’il est dû à un repli brutal du marché chinois.
La Chine, un énorme marché
C’est le pays au monde où il y a le plus de salles de cinéma. En termes de revenus, le marché chinois devrait supplanter l’américain en 2019, d’après des estimations. Les studios hollywoodiens misent sur ce pays ainsi que sur les émergents. Ce sont eux qui font croître l’industrie du cinéma depuis une dizaine d’années. Les producteurs américains comptent sur eux pour rentabiliser leurs films aux budgets de plus en plus gigantesques (250 millions de dollars pour Captain America pour vous donner un exemple).
L’an dernier, plusieurs grands studios hollywoodiens se sont associés à des entreprises chinoises. Les coproductions qui naîtront de ces mariages seront plus facilement diffusées en Chine, car elles n’entreront pas dans le quota des 34 films étrangers autorisés chaque année, dans le pays.
Comment expliquer le repli chinois ?
Le gouvernement a mis un terme aux fraudes au box-office. Auparavant, certains distributeurs ou réseaux de cinémas gonflaient les recettes d’un film, notamment en achetant eux-mêmes des tickets. Ensuite, les cinéphiles n’ont pas été convaincus par les longs-métrages à l’affiche. Enfin, il y a eu moins de promotions, de réductions sur la vente de certains billets.
Une baisse des recettes dans plusieurs pays
C’est le cas en Argentine, au Mexique, au Royaume-Uni et en Allemagne notamment. En revanche, les recettes liées à la vente de billets ont augmenté au Japon et en Inde et, dans une moindre mesure, en France et en Italie.