Les recherches d'Émilie Biland, professeure des universités, portent sur le droit, la famille et les inégalités. Dans cet épisode, elle retrace ses premiers travaux, menés entre New York et Gennevilliers au début des années 2000. Des foyers pour sans-abri aux comités de quartier, elle y étudiait comment la politique municipale, l'action associative et les politiques sociales impactent les classes populaires, dans ses fractions stables comme dans ses composantes précarisées.
Après sa thèse, consacrée aux concours de la fonction publique territoriale (2008), Emilie Biland conduit avec d'autres jeunes chercheur·es une enquête collective sur le traitement judiciaire des séparations conjugales (Au tribunal des couples par Le Collectif Onze, 2013). A ce moment-là, elle travaille durant 4 ans à l'Université Laval, au Québec, où elle mène une recherche comparative sur le "gouvernement de la vie privée". Publié en 2019, cet ouvrage montre que l'action publique visant les séparations conjugales est prise en tension entre libéralisme et normalisation, et participe ainsi aux recompositions, après la rupture, des inégalités de classe, de genre et de race.
L'épisode se termine par la présentation de son dernier livre Parents en quête de droits, qui vient de paraître. A partir d'enquêtes en France, au Canada et au Chili, Emilie Biland y montre que les droits nouvellement reconnus aux parents LGBT+ réduisent leurs expériences de l’injustice et sécurisent leur avenir. Cependant, la vie quotidienne de ces familles reste fragilisée par les attentes hétéronormées de leur entourage et des institutions, qui valorisent le couple et la maternité procréative.
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