Avant de rejoindre les Jardins d’Hiver de la peintre Odile JACENKO, petit détour par un lieu de réflexion où trône l’une de ses œuvres ; souvenir de ses premiers pas consacrés à la peinture décorative et l’envie irrésistible de « pousser les murs ». Le trompe l’œil sur trois pans est bluffant, un travail de faussaire donnant l’illusion d’être entouré par un revêtement bois. Vouloir sentir le relief sous ses doigts est imparable ; il se produit une curieuse dissonance entre le toucher et la perception de l’œil. A bien y regarder, il ne s’agit du réalisme cloné d’un papier peint ou de la perfection d’une photographie. Il se glisse entre les veines du bois, la patte de l’artiste. Ses réalisations, que ce soit l’hommage rendu aux broderies de l’ethnie Miao ou encore ses grands panoramas de paysage romantique, ne sont pas des imitations. Ses gouaches, pastels ou aquarelles se démarquent du réel. Elle peint un entre-deux, une voie intermédiaire, qui offre à son identité picturale une résistance à la perfection du détail. Son art est tout en suggestion, il éveille l’intrigue, convoque la curiosité et instruit le regard ; comme ce mur, où des vêtements poussées par la brise sèchent sur un fil ; l’univers est joyeux, les couleurs sont profondes, ici de l’indigo, là du rouge garance ou du noir velouté ! L’œil peut être trompé mais ce qui émane des peintures d’Odile JACENKO, c’est l’expression vrai du cœur ; une peinture située au-delà des sens.
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