Frappez à la porte de jacques Bardet, c’est la promesse d’une délicieuse rencontre. Une voix d’abord, flot d’une parole circulant avec emphase et poésie ; regard espiègle avide de curiosité ; écoute contemplative, l’œil sur le qui-vive quêtant la moindre beauté inspirante. Il a conservé des coulisses du théâtre, le goût et l’art de la mise en scène, la subtilité des mots, celle de son pinceau ainsi qu’une générosité contagieuse.
Résumer son art, c’est vulgariser une longévité artistique d’un demi-siècle et plus ; une gageure tant l’œuvre est prolifique. Jeune, il se délectait de croquer des portraits de son entourage, vint le temps du réalisme des paysages de sa Haute-Vienne et enfin la force épurée d’une abstraction lyrique. Il est bien difficile de contenir son langage dans un cadre convenu. Dès ses premiers pas, il a navigué entre réalisme et abstraction, trouvant dans cette oscillation féconde, le moyen de se réinventer, d’innover et de conserver intact sa passion.
Sa fragilité n’est qu’apparence ; à l’intérieur le créateur bouillonne, cherchant sans discontinu, une faille pour se déverser. L'artiste est un chercheur de lumière, il la révèle, elle le guide. Quel que soit la matière, l’harmonie et la flamboyance des couleurs sont au cœur de sa démarche. Le noir, écarté de sa palette, a fini par trouver sa place, profond, mystique, d’où jaillissent des éclats.
Il ne renie pas les maîtres qui ont façonné son geste et sa pensée à l’image d’Aimé Vallat; seulement il poursuit, déterminé, un chemin sans frontière. A qui sait lire derrière les évidences, une autre voie plus mystérieuse s’ouvre...
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