En se rendant en Sologne, on s’imagine trouver l’artiste peintre Bernard LAFONT, à l’affût d’un clair nocturne aux abords d’un étang quand vient minuit ou encore plus tard, quand sonne midi à l’orée des bois, surprenant quelques silhouettes rieuses. Ses aquarelles sont poétiques, délicates, elles recouvrent le grain d’un voile de sensibilité ; des couleurs en demi-teintes se jouant de la lumière et de ses contrastes. On pense saisir l’artiste dans son essence puis la gouache, l’acrylique ou le crayon de bois invalident le truisme sur les murs de sa maison-atelier ; Une huile aux éclats chatoyants, un pinceau qui danse la samba, un voyage où se mêle le vert tropical, le jaune d’un Sud-ouest d’antan ou encore un bleu nuit d’Arles ! Puis, l’artiste lâche ses pinceaux, change de tablier, pour un tour de table où se déploie coupe-verre, pince, marteau et feuille de verre. L’espace est dédié au vitrail. Tous les supports sont prétextes pour ce chercheur de fragments de vérité, une traque jusque dans l’inconscient ; Sa démarche picturale ne se contente pas de rester en surface, il plonge vers l’autre soi, cet autre qui se dérobe. Il exploite alors les symboles, un moyen comme ce sablier au centre d’une toile grand format logée sur un chevalet, où un corps siphonné résiste à l’inévitable destin de l’Homme. Il cherche derrière l’image, la force de la justesse et la part d’universel. Le temps qui s’écoule apparaît évidant mais à bien y regarder, son art et sa pensée sont plus complexes, plus subtiles, une peinture presque métaphysique ; elle intrigue, questionne, offre à l’esprit matière à vagabonder.
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