C’est une information de La Croix dans un article qui date de lundi et qui est titré ainsi : « Un évêque belge (en l’occurrence celui d’Anvers) compte ordonner des hommes mariés. » Il n’y a priori rien là de très innovant : depuis le concile Vatican II et le rétablissement du diaconat permanent, nombreux sont les hommes mariés qui ont reçu le sacrement de l’ordre ! Evidemment on comprend d’emblée qu’il s’agit, ces hommes mariés, de les ordonner non seulement diacres mais prêtres.
Mais tout de même, souvenons-nous que, il y a quelques années de cela, lors du Synode sur l’Amazonie, de nombreux évêques demandaient déjà la possibilité d’ordonner prêtres des viri probati, c’est-à-dire des hommes d'âge mûr qui ont fait leurs preuves pour être en mesure d'exercer le ministère de prêtres dans certaines situations. Le Cardinal Schönborn, observateur de ce synode pour le pape François, leur avait notamment suggéré de commencer par expérimenter le diaconat permanent, peu répandu en Amérique du Sud. Il faut d’ailleurs se souvenir que si les évêques sont ordonnés parmi les prêtres, les prêtres eux-mêmes sont ordonnés parmi les diacres. Dans l’article de La Croix, il n’est fait nulle mention de la situation des diacres dans le diocèse d’Anvers.
Mais au-delà de la question des hommes ordonnés, à l’issue du synode amazonien, le Cardinal Schönborn mettait aussi en garde contre la tentation du cléricalisme et invitait à mettre en valeur le sacerdoce commun de tous les baptisés. Il se situait en cela dans la lignée de Benoît XVI qui appelait en 2012 à un « changement de mentalité » car, disait-il, les laïcs doivent être « considérés non pas comme des collaborateurs du clergé, mais comme des personnes réellement coresponsables de l’être et de l’agir de l’Église ».
Il est vrai qu’il ne peut y avoir d’Eglise sans les pasteurs que sont les prêtres et, tout comme Mgr Bonny, évêque d’Anvers, il y a de quoi avoir le cœur serré quand, dans notre vieille Europe, je le cite : « le nombre d’hommes célibataires voulant devenir prêtres est tombé juste au-dessus de zéro ». Je ne sais pas si le moment est venu de changer la règle, mais je suppose que nous pouvons encore progresser dans le partage des responsabilités. Au sein de l’Eglise, les laïcs engagés, éventuellement salariés, sont encore parfois vus comme des prestataires mettant à disposition de l’Eglise leur temps et leurs compétences, et cela est déjà souvent pour eux source de joie. Mais ils sont plus que cela : ils sont des baptisés en action, appelés eux aussi à être prêtres, prophètes et rois pour faire vivre l’Eglise dans toutes ses dimensions.
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